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On regarde ou pas ? Orphan Black : Echoes

Dans le spin-off de Orphan Black, Krysten Ritter nous entraîne dans un monde mystérieux de conspirations, d’expériences scientifiques et de clones.

C’est quoi, Orphan Black : Echoes ? Lucy (Krysten Ritter) se réveille dans un salon inconnu, face au Dr Kira Manning (Keeley Hawes). Elle ne sait pas ce qu’elle fait là ni même qui elle est ; elle a oublié son passé et son nom. Lorsqu’elle parvient à s’échapper, Lucy découvre qu’elle est retenue dans une installation sécurisée et que si elle n’a aucun souvenir, c’est parce qu’elle a été « imprimée » à partir d’images en haute résolution. Elle prend la fuite et disparaît dans la nature. Mais des années plus tard, alors qu’elle a refait sa vie dans la clandestinité, une mystérieuse organisation retrouve sa trace. Traquée, la jeune femme va tenter de comprendre le secret de ses origines, et croiser sur sa route la jeune Jules (Amanda Fix) qui semble, elle aussi, liée d’une manière ou d’une autre à l’expérience.

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L’essentiel

Au milieu des années 2010, Orphan Black a fait le bonheur des amateurs de science-fiction (et des autres) en s’emparant du concept du clonage. Au cours des cinq saisons, nous avons suivi Sarah alors qu’elle découvrait  qu’elle était issue d’une expérience et qu’il existait  plusieurs versions d’elle-même. Intelligente et prenante, Orphan Black avait un atout majeur dans sa manche : l’actrice Tatiana Maslany, qui incarnait magnifiquement tous les avatars de Sarah. Une excellente série, que l’on vous recommande fortement.

Mais si vous n’avez pas vu Orphan Black, pas d’inquiétude : le spin-off sous-titré Echoes, disponible sur OCS, fonctionne indépendamment. Certes, l’univers est le même, c’est en quelque sorte une suite mais à une époque différente (on est en 2050), avec une autre héroïne, et si certains personnages de la série d’origine sont cités et que l’un d’eux fait même une apparition, tout cela reste anecdotique. 

On aime

Orphan Black : Echoes nous plonge directement dans l’histoire, sans circonvolution inutile: une jeune femme se réveille dans une espèce de salon très banal, mais elle ne se souvient de rien, pas même de son nom. Face à elle, un certain docteur Manning tente de la rassurer… mais celle qui s’appelle apparemment Lucy panique et doit être sédatée par deux infirmiers. On est immédiatement emporté dans cet univers, même si l’on devine assez rapidement de quoi il retourne (après tout, on est dans un spin-off de Orphan Black). 

Encore que. Au fil de la saison, la narration emprunte des chemins bien plus complexes qu’une « simple » histoire de clonage ou de « photocopie », avec des révélations surprenantes qui nous amènent subtilement ailleurs, vers une autre voie que celle que l’on avait imaginée. Et Echoes parvient à se démarquer de Orphan Black : on pense autant à la série dont elle est l’émanation qu’à Dark Angel. Les fans seront toutefois ravis de comprendre la connexion avec la série originale ; les autres découvriront une série rythmée et accrocheuse, où les personnages féminins forts jouent les premiers rôles. 

Tout au long des 10 épisodes que comporte cette saison, on suit Lucy, d’abord lorsqu’elle tente d’échapper à l’organisation qui l’a créée en essayant de refaire sa vie avec son nouveau compagnon, puis lorsque, traquée, elle décide d’affronter son passé et le mystère de ses origines. Elle se lance alors dans une quête dangereuse, pleine d’action et de rebondissements, au cours de laquelle elle croise notamment une adolescente, Jules, visiblement concernée par la même expérience.  

Si elle n’a qu’un seul rôle à jouer (contrairement à Tatiana Maslany qui en interprétait plus d’une quinzaine !), Krysten Ritter est très convaincante dans le rôle de Lucy et on n’a aucun mal à croire à son personnage. S’y ajoute la présence à ses côtés de la grande Keeley Hawes (Bodyguard, Line of duty), parfaite comme à son habitude. Et le choix de Amanda Fix et Rya Kihlstedt pour compléter le casting est inspiré… 

On aime moins

Tout comme Orphan Black, Echoes tente de nuancer son ton finalement assez sombre en distillant des petites touches d’humour ou des séquences plus légères. Mais ça ne fonctionne pas toujours, ces moments s’insérant mal dans l’ensemble et atténuant la tension et l’intensité. 

Si la réalisation est impeccable, on est tout de même décontenancé par le cadre : rappelons que l’histoire est sensée se dérouler dans le futur. Or, tout est étrangement familier. Exceptée la technologie de l’impression en 3D de Lucy, rien ou presque n’est futuriste, tout ressemble à notre quotidien de 2023 – au point qu’on finit par oublier que l’action se passe en 2050.

Surtout, la construction de la saison est parfois frustrante. Les révélations importantes arrivent un peu tard, soit parce qu’on a déjà anticipé un élément fondamental (autour de Jules, par exemple), soit parce que la série entretient un peu trop le mystère. Passée la fin du premier épisode, il faudra être patient pour comprendre les motivations du Dr Manning, celles du milliardaire Paul Darros (James Hiroyuki Liao) pourtant au cœur de l’histoire, le rôle joué par certains personnages secondaires… 

Enfin, même si la série est globalement réussie et qu’on se laisse vite prendre au jeu, elle n’atteint jamais la puissance narrative, la force visuelle ou la complexité de Orphan Black

A lire aussi : Orphan Black, de l’eugénisme à la démesure (vl-media.fr)

On regarde si… on a envie de retrouver un peu de l’univers de Orphan Black, on aime la science-fiction crédible et intelligente, on apprécie les séries qui mêlent efficacement mystère et action.

On ne regarde pas si… on s’attend à retrouver plusieurs personnages de Orphan Black ; on aimait la série originale pour la performance hallucinante de Tatiana Maslany ; on n’aime pas les séries qui prennent du temps pour dévoiler le fond du mystère.

Orphan Black : Echoes.
10 épisodes de 45′ environ.
Diffusée en France sur OCS.

About author

Traductrice et chroniqueuse, fille spirituelle de Tony Soprano et de Gemma Teller, Fanny Lombard Allegra a développé une addiction quasi-pathologique aux séries. Maîtrisant le maniement du glaive (grâce à Rome), capable de diagnostiquer un lupus (merci Dr House) et de combattre toutes les créatures surnaturelles (vive les frères Winchester), elle n'a toujours rien compris à la fin de Lost et souffre d'un syndrome de stress post-Breaking Bad
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