Depuis hier, une vidéo tourne sur les réseaux sociaux. On y voit des rangées d’élèves à genoux, mains sur la tête, sous la surveillance de policiers casqués, armés de matraques. Cette scène s’est déroulée à Mantes-la-Jolie (78) entre le lycée Saint-Exupéry et le lycée Jean-Rostand, situés à 500 mètres l’un de l’autre.

Le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer a reconnu que la scène était « choquante ». Effectivement, depuis hier soir l’opinion publique est abasourdie par la violence de cette vidéo : « ça donne une image de peloton d’exécution sur des gamins, il manque plus que le sac sur la tête et on est à la guerre ».

C’est l’Observatoire des violences policières, un outil mis en place pour recenser les violences des policiers qui a récupéré la vidéo sur un autre compte twitter appartenant à un policier. Ce dernier aurait supprimé la vidéo peu après l’avoir partagé … Son authenticité ne fait toutefois aucun doute.

« Voilà une classe qui se tient sage »

Les images sont déjà violentes mais les commentaires rajoutent de l’animosité. Le policier qui filme ironise la situation : « voilà une classe qui se tient sage ». À côté de lui on entend son collègue continuer la blague : « on va montrer à leurs profs’, ils n’ont jamais vu ça de leur vie ». Tandis que plus loin un autre ordonne « on ne tourne pas la tête on regarde droit devant ».

Depuis une semaine, les lycéens protestent contre la réforme « Parcoursup’ » qui remplace le système de recrutement dans les universités.

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Depuis lundi matin, les lycéens bloquent les établissements partout en France. Mardi 4 décembre, des poubelles ont été incendiées et des pierres ont été jetées sur les forces de l’ordre à Mantes-la-Jolie près du lycée Saint-Exupéry. Mercredi, cinq jeunes ont été placés en garde à vue. Jeudi matin, des poubelles et deux voitures ont été brûlées sur un parking à 300 mètres du lycée.

Au total, le procureur de Versailles a annoncé la mise en garde à vue de 189 jeunes dont 153 à Mantes-la-Jolie.

« Comment 70 policiers maintiennent-ils au calme 150 jeunes ? »

C’est l’interrogation de Thierry Laurent, directeur de cabinet du préfet des Yvelines :

« Il leur fallait bien trouver des moyens pour les faire tenir tranquilles. Je ne connais pas d’autres méthodes. »

Des propos qui sont contredis par un témoin de la scène :

« Parmi les jeunes agenouillés, il y en avait qui passaient simplement par-là, des personnes qui ne faisaient même pas partie de la manifestation ou juste des spectateurs ».

Le préfet des Yvelines, Jean-Jacques Brot a tenté d’apaiser la situation :

« Ces images sont impressionnantes, mais aucun jeune n’a été blessé, ni maltraité, nous n’avons enregistré aucune plainte. Nous avons demandé aux policiers d’intervenir avec calme face à ce mélange de violences lycéennes et de violences urbaines. »

Malgré ces bonnes paroles, ces images ne sont pas en faveur de la police… Elles continuent à alimenter la haine des jeunes générations envers la police. Parmi les 153 interpellés, 17 vont être envoyés en justice pour des faits de violences et d’outrage.