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Pourquoi faut-il craindre des phénomènes de météo extrêmes pendant le mondial ?

Le Mondial 2026 débute ce jeudi aux États-Unis, au Canada et au Mexique, sous une pression climatique sans précédent. Chaleur humide extrême, ouragans précoces, fumées de mégafeux : trois menaces naturelles planent sur la compétition. La FIFA joue, littéralement, avec le feu.

La nature, elle, n’a pas attendu le coup d’envoi pour envoyer un premier avertissement. Ce mercredi soir en Floride, à quelques heures du coup d’envoi final de la compétition, le match amical entre l’Angleterre et le Costa Rica, a été retardé d’une heure en raison d’un violent orage. La pelouse s’est retrouvée inondée, et les écrans géants du stade ont affiché des messages d’alerte enjoignant les supporters présents de se mettre à l’abri. Des chercheurs du World Weather Attribution ont analysé l’ensemble du calendrier selon le lieu, la date et l’heure de chaque rencontre, et leur conclusion est sans ambiguïté : environ 25 % des matchs se dérouleront dans des conditions physiologiquement difficiles à supporter.

La chaleur humide, l’ennemi invisible

Désormais, il n’est plus question d’une simple vague de chaleur. C’est une menace mesurée, documentée, et pourtant insuffisamment prise en compte par les organisateurs. Le nonprofit Climate Central établit que la fréquence des journées extrêmement chaudes en juin et juillet a triplé, en moyenne, dans les dix villes hôtes déjà utilisées lors des éditions 1986 et 1994. Dallas, Houston, Miami et Monterrey concentrent les risques les plus élevés. L’enceinte de Miami est même identifiée comme la plus exposée parmi tous les stades sans climatisation, avec des températures moyennes parmi les plus hautes du tournoi.

À Kansas City, les responsables médicaux de la ville hôte ont en effet, eux-mêmes transmis à la FIFA des données montrant que les spectateurs nécessitaient davantage d’interventions médicales lors des événements organisés en matinée sous forte chaleur. Résultat, les six matchs de la ville ont été repositionnés en soirée. Mais toutes les villes n’ont pas eu cette latitude. L’équipe de France, par exemple, affrontera le Sénégal le 16 juin à 15 heures heure locale à New York, par des températures attendues au-dessus de 30 degrés. La FIFA avait déjà essuyé ces mêmes critiques lors de la Coupe du monde des clubs en 2025. Elle n’a pas changé de méthode.

Les ouragans : une saison qui ne respecte aucun calendrier

La saison des ouragans dans l’Atlantique Nord s’ouvre le 1er juin. Le Mondial débute le 11. Le calendrier de la FIFA et celui des tempêtes tropicales se superposent donc parfaitement, et pas en faveur du football. Houston, Miami et Atlanta se trouvent directement dans le couloir d’activité de la saison des ouragans atlantiques, tandis que des risques d’orages violents, d’inondations soudaines et de tornades concernent les villes du centre du pays.

Plusieurs stades du tournoi se situent dans des zones exposées, et la météo fait craindre le pire tant pour les rencontres que pour les supporters. Un ouragan ne prévient pas. Il n’annule pas ses plans pour respecter une feuille de match FIFA. Or la logistique d’un Mondial implique des centaines de milliers de personnes en déplacement simultané, des fan zones en plein air, des systèmes de transport déjà saturés. Un phénomène tropical précoce, combiné à la chaleur et à des infrastructures de transport sous pression, peut rapidement faire basculer une ville hôte dans une crise opérationnelle. La FIFA dit surveiller la situation. Elle n’a pas rendu publics ses protocoles d’évacuation.

La menace qui inquiète le plus la FIFA

Seattle accueille des matchs du Mondial. Seattle est également une ville où des épisodes de fumées de mégafeux ont rendu l’air irrespirable plusieurs fois ces dernières années. Ce n’est pas une coïncidence anodine. La chercheuse Katharine Hayhoe, scientifique en chef de The Nature Conservancy, a averti publiquement qu’il n’existe aucune directive en vigueur sur l’indice de qualité de l’air, et aucun plan de contingence en cas de fumées de feux de forêt dans les villes hôtes exposées comme Seattle, Vancouver ou Toronto.

Los Angeles accueille huit matchs entre le 12 juin et le 10 juillet. Par ailleurs, en janvier 2025, des incendies massifs ont envoyé des panaches de fumée dans tout le comté, poussant les autorités de santé publique à déclencher une alerte sur plusieurs jours et à déconseiller toute activité physique à l’extérieur. Le stade SoFi, l’une des enceintes du Mondial, se trouvait dans la zone rouge. Interrogée par plusieurs médias, la FIFA n’a fourni aucune réponse précise sur les seuils de qualité de l’air qui déclencheraient une suspension de match. Pour les joueurs, les arbitres et les 70 000 spectateurs présents dans les tribunes, cette absence de protocole constitue, en elle-même, un risque sanitaire réel.

Le Mondial 2026 ne sera pas seulement le plus grand de l’histoire. Il sera, très probablement, le plus exposé aux caprices d’un climat que personne, ni la FIFA, ni les villes hôtes, ni les fédérations, n’a encore pleinement appris à gérer.

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