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Présidentielle 2022 : et la question des violences faites aux femmes dans tout ça ?

Plus que quelques jours pour prendre une décision quant au vote du premier tour des élections présidentielles. L’attention portée à la situation des femmes peut aider à départager les candidats. Quelles solutions proposent-ils pour faire face aux violences faites aux femmes ?

Le collectif NousToutes dénombre 33 féminicides (meurtre d’une femme parce qu’elle est une femme) par un conjoint ou ex-conjoint depuis le début de l’année 2022 en France. Ce qui fait un meurtre tous les trois jours. Le président Emmanuel Macron avait pourtant annoncé lors de la campagne 2017 que les femmes seraient “la grande cause du quinquennat”. Les chiffres n’ont pourtant pas bougé. Cette année, les associations féministes ont dressé des listes de mesures à mettre en place, qui ont été plus ou moins respectées dans les programmes des candidats.

Plan d’Urgence pour l’Égalité

Plus de 50 associations féministes se sont réunies pour créer un plan de 10 mesures en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes. Ce plan prévoit en priorité d’investir 1 milliard d’euros dans la lutte contre les violences conjugales. Seuls 3 candidats se sont formellement engagés à le respecter et ce dans les trois mois suivant leur élection : Yannick Jadot, Jean-Luc Mélenchon et Fabien Roussel.

Tous les autres candidats ont été démarché mais ne se sont pas engagés. Anne Hidalgo prévoit elle aussi d’allouer un milliard d’euro à la lutte contre les violences faites aux femmes. Les programmes de ces candidats sont les plus complets pour la lutte contre les violences faites aux femmes.

Hébergement des femmes victimes de violences

Héberger les femmes victimes de violences afin d’éviter qu’elles retournent chez leur ex ou conjoint violent faute de logement est la mesure qui réuni le plus de candidats. En effet, aujourd’hui, 4 femmes sur 10 ayant besoin d’un hébergement d’urgence n’en trouvent pas. Mélenchon, Zemmour, Artaud, Poutou, Hidalgo, Roussel et Jadot prévoient l’augmentation des places dans ces foyers. La France Insoumise voit plus loin en proposant un plan de “construction de logements sociaux” pour accueillir les femmes le temps de leur reconstruction psychologique.

Prévention des violences faites aux femmes

La deuxième mesure phare des candidats à la présidentielle concerne la prévention des violences faites aux femmes dans les formations scolaires (Jadot, Hidalgo, Mélenchon, Roussel), voire même de former une police et une justice spécialisée dans les violences à l’encontre des femmes. Point distinctif de la candidate du Parti Socialiste : elle souhaite que les victimes aient un référent unique qui les suit et les accompagne dans toutes leurs démarches, dès le signalement des violences.

Modification du système de justice

Le système de justice actuel est peu enclin à lutter contre les violences faites aux femmes. Les réponses des candidats face à ce sujet sont diverses. Le candidat écologiste souhaite requalifier le viol dans le code pénal, faisant de la lutte contre les violences sexuelles un véritable volet de la lutte contre les violences faites aux femmes. Valérie Pécresse, et c’est la seule mesure de son programme à ce sujet, désire réduire les délais de justice : les ordonnances devront être rendues en 6 jours. Le président sortant, proposant également une seule mesure, veut quant à lui tripler le montant de l’amende pour délit d’outrage sexiste et créer un fichier des auteurs de violences conjugales. Roussel espère associer une peine d’inéligibilité aux délits sexuels. Dupont-Aignan rone une “tolérance zéro” pour les coupables de violences faites aux femmes, notamment en mettant en place des tribunaux spécialisés sur la question. Et Zemmour veut « automatiser le port de bracelets antirapprochement pour les personnes condamnées pour violences conjugales » .

La plupart des candidats de gauche et le candidat de Debout la France portent la volonté d’accélérer le système judiciaire pour les violences faites aux femmes.

Autres mesures proposées pour lutter contres les violences faites aux femmes

Pour Marine Le Pen (RN) il faut “lutter contre l’islamisme pour défendre les droits des femmes”. Le candidat du Parti Communiste a développé quant à lui tout un plan de lutte contre les violences gynécologiques et obstétricales. Hidalgo désire également faire de la suspension de l’autorité parentale “le principe pour les personnes reconnues coupables de violences intrafamiliales.” 

Les mesures pour lutter contre les violences faites aux femmes reste le parent pauvre des programmes des candidats cette année. A noter que paradoxalement, Eric Zemmour, compte plus de mesures à ce sujet que Emmanuel Macron ou Valérie Pécresse. Le programme de Jean Lassalle, quant à lui ne comporte aucune mesure ni mention des violences faites aux femmes.

A lire aussi : Présidentielles 2022 : et la retraite dans tout ça ?

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