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Régionales en Île-de-France : le PS passe du sourire aux larmes

Au second tour de l’élection, la gauche perd la présidence de la région Île-de-France en recueillant 42,15% contre 43,84% des suffrages pour la liste d’union de la droite et du centre de Valérie Pécresse. Claude Bartolone, candidat du PS, des écologistes et du Front de gauche, a annoncé que le groupe socialiste à l’Assemblée nationale décidera de son maintien ou non à la tête du Palais Bourbon.

Dix-sept ans que la gauche détenait le pouvoir en Île-de-France. Le dimanche 13 décembre a mis un terme à ce règne sans partage, au profit de la droite et du centre. Mais longtemps l’incertitude a dominé, du côté du quartier général de la campagne de Claude Bartolone, Place de la Catalogne, dans le quatorzième arrondissement de Paris.

En raison de la fermeture tardive des bureaux de vote de la région capitale, les instituts de sondage ont communiqué des estimations contradictoires, donnant tantôt Les Républicains ou les socialistes gagnants. Pour ménager cette attente, les sympathisants de gauche, venus en masse en comparaison avec le premier tour, ont laissé exploser leur joie dès les premiers résultats dévoilés. Au total, cinq régions sont tombées dans l’escarcelle du parti à la rose. Nadège Azzaz, tête de liste PS dans les Hauts-de-Seine, se laissait aller à juger que la soirée était pour l’instant “à moitié belle“. Et qu’il ne manquait que la victoire de Claude Bartolone pour déboucher le champagne.

Jérôme Guedj : “le pays nous envoie un immense bras d’honneur

Pour effacer l’inquiétude lisible de militants soucieux du score de la gauche en Île-de-France, Mounir Satouri (EELV), directeur de la campagne d’Emmanuelle Cosse, appelait chacun à “garder son calme et attendre“, tandis que François Kalfon, second sur liste PS en Seine-et-Marne, estimait que ce sera Paris le “juge du vote“. Et d’un coup, c’est la douche froide. La musique du local de campagne s’éteint et laisse la place à un silence de plomb.

L’information se confirme : la gauche a perdu le contrôle de la région. Sur l’écran de télévision, Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS, qualifie le résultat au niveau national de “succès sans joie“, pour ensuite demander au gouvernement une “inflexion dans sa politique. Un spectateur désabusé lâche alors : “ça fait depuis 2012 qu’on en demande“.

Jérôme Guedj, conseiller départemental PS de l’Essonne déclare l'"état d'urgence politique" (crédits: Thibaut Godet)

Jérôme Guedj, conseiller départemental PS de l’Essonne déclare l'”état d’urgence politique” (crédits: Thibaut Godet)

Les élus de gauche ne tardent pas à venir expliquer les raisons de cet échec devant les micros et caméras. Jean-Paul Huchon adresse aux journalistes un “bonsoir” digne d’un Valéry Giscard D’Estaing quittant la présidence de la République. Le président de région sortant regrette “une campagne qui n’a pas vraiment pu avoir lieu” avec les attentats de novembre et le climat d’état d’urgence.

D’autres se font plus à fleur de peau. Jérôme Guedj, conseiller départemental de l’Essonne et frondeur de la majorité, a “les boules ce soir“. Face à un résultat qu’il qualifie d’ “immense bras d’honneur” de la part des électeurs, il considère ce scrutin comme un “état d’urgence politique” qui appelle chacun à “tirer les enseignements” de cette défaite.

Bartolone s’en remet au sort du groupe PS à l’Assemblée

Lors de son apparition en salle de presse, Claude Bartolone a brièvement fait état de son échec et a poursuivi sur son propre avenir. “Je remettrai mon mandat de président de l’Assemblée nationale à la disposition de Bruno Le Roux, président du groupe socialiste. Il déterminera si les députés socialistes, dont ma légitimité est issue, souhaitent ou non que je poursuive la responsabilité qu’ils m’ont confiée“. Une décision saluée par le député PS de l’Essonne Malek Boutih. “C’est tout à son honneur et je trouve que c’est le bon comportement. Je ne me fais aucune inquiétude“.

Tout le contraire d’Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d’Europe Écologie Les Verts, passablement émue par le score de la gauche dans la région. Après moult accolades et embrassades, celle qui a fait liste commune avec le PS au second tour redoute une “place de l’écologie réduite à néant“. À ses côtés, une femme s’emmitoufle dans un grand manteau de velours, les yeux en pleurs. La gauche se prépare à vivre six ans dans l’hiver rude de l’opposition régionale.

Reportage réalisé par Alexis Delacour

Crédits photographiques : Thibaut Godet

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