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Robert Mugabe, Est-ce La Fin de Règne du ‘Crocodile du Zimbabwe’ ?

Le Président tient toujours le Zimbabwe d’une main de fer, mais pour encore combien de temps? A Harare, la capitale, une fronde populaire se propage depuis des mois. L’état de santé du président en exercice est incertain. Nombreux sont ceux qui doutent de sa capacité à continuer à diriger le pays.

Les manifestations se font de plus en plus fréquentes sur fond d’une crise économique sans précédent, de pénuries d’argent liquide et de montée du chômage. Les partis d’opposition tels que le Mouvement Démocratique pour le Changement (MDC) se font de plus en plus entendre dans leur critique acerbe du régime affaibli de Robert Mugabe, leader du pays depuis 1987. Des élections générales sont prévues en 2018 et il n’y a aucun doute que le plus vieux chef de l’état en exercice au monde compte se représenter pour la huitième fois à sa propre succession.

Suite à ces protestations répétées, la police a annoncé le 13 Septembre une interdiction de manifester dans la capitale. Dans une tribune publiée par le journal d’état Herald, le directeur général de la police Newbert Saynyama a déclaré que cela concernait les ‘manifestations et défilés de toute sorte pour une période d’un mois courant du 16 Septembre au 15 Octobre.’

Des Signes d’Affaiblissement 

Cette annonce drastique fait suite à plusieurs évènements qui semblent fragiliser le règne jusqu’ici inébranlable de Mugabe. Le même jour, la Cour Suprême a ordonné la libération sous caution de Promise Mkwananzi, un activiste qui demande depuis des années la démission du président. Il avait été arrêté durant une manifestation le 26 aout et accusé de violence publique. Porte-parole du groupe Tajamuka (Nous Sommes Agités), Mkwananzi a appelé ses compatriotes à une grève générale dès sa sortie de prison, les encourageant à se joindre aux manifestations prévues pour le 17 Septembre, malgré l’interdiction de la police. Plus de 80 personnes ont été arrêtés et de nombreuses violences ont été dénoncées ce jour là.

De plus, au mois de Juillet, l’association des Anciens Combattants de la Libération Nationale du Zimbabwe, un groupe influent jugé loyal depuis toujours à Robert Mugabe, a annoncé dans une tribune ‘être concerné et choqué par les dérives dictatoriales du Président et de ses cohortes, qui ont graduellement délaissé les valeurs de la lutte pour la libération tout en piétinant la constitution.’ Les anciens combattants ont promis de ne pas soutenir Mugabe s’il se représente en 2018. En réponse, le gouvernement a décrit la tribune comme une « attaque traitresse ». Le MDC a quant à lui voulu ‘remercier et saluer les anciens combattants pour avoir publiquement reconnu que Robert Mugabe a clairement perdu sa légitimité et devrait immédiatement démissionner.’ Cela demeure pour l’instant assez improbable.

Credit: Afrika News

Credit: Afrika News

Des rumeurs ont circulé durant le mois d’aout, selon lesquelles Mugabe souffrait de graves problèmes de santé et même qu’il serait décédé. Ce n’est pas la première fois que de telles rumeurs circulent, tant le gouvernement d’Harare se montre silencieux sur les déplacements internationaux du président. Sa santé est devenu un sujet brulant pour les Zimbabwéens, alors que des signes d’affaiblissement et d’une possible maladie chronique devenaient de plus en plus difficiles à cacher pour le chef de l’état. Mais sa santé ou sa maladie ne sont pas les facteurs qui importent le plus.

Un Système Financier en Pleine Désintégration 

L’incertitude qu’engendrerait un ordre politique post-Mugabe inquiète. Le Zimbabwe fait face à une crise économique si profonde, dont même Mugabe, avec sa dextérité politique et ses tendances répétées à user de la violence pour réprimer l’opposition, aura du mal à s’extirper indemne. La situation est pire que lors de l’hyperinflation de 2008 : cette fois le système financier du pays est pratiquement gelé et il est de plus en plus difficile pour les Zimbabwéens de trouver une banque qui les autorise à retirer une somme aussi dérisoire que 150 euros. Des nombreux salariés à travers le pays sont rémunérés à coup de transfères numériques, et nombreux sont ceux qui n’ont pas été payé du tout ces derniers mois. La colère monte, et beaucoup de salariés mais aussi de cadres du gouvernement ont délaissé leurs fonctions pour se joindre aux manifestants.

Credit: BBC

Credit: BBC

Quelle Alternative? 

En ce qui concerne la succession de Mugabe, les personnages les plus probables de lui succéder n’incarnent pas exactement le renouveau qu’espèrent les manifestants. Grace Mugabe, la femme du Président, n’a encore jamais clairement exprimé sa volonté de vouloir le remplacer, mais cela n’est pas à exclure étant donné ses relations étroites et sa présence importante au sein du parti Zanu-PF. L’ex Ministre de la Sécurité, de la Défense et désormais Vice-Président, Emmerson Mnangagwa semble le plus qualifié pour prétendre au poste. Quand à Morgan Tsvangirai, ancien Premier Ministre de 2009 à 2013 et Président du MDC, il apparaît comme l’option la plus alternative au ‘système Mugabe.’

Toutefois, il reste à voir comment les autorités d’Harare réagiront face à cette opposition qui continue de prendre de l’ampleur.

 

Lire aussi: Billets de Cent Mille Millards au Zimbabwe 

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