Le Kinbaku, l’Art, le Sexe et la Corde

Qui est-ce ? La biographie : Sacha Demazy, doctorant en sociologie et anthropologie

Figure incontournable de la photographie contemporaine japonaise, Nobuyoshi Araki est mondialement connu pour ses photographies de femmes ligotées selon les règles ancestrales du Kinbaku – l’art du bondage japonais -, pratique qui puise ses origines au XVe siècle.

Le Musée national des Arts asiatiques (Musée Guimet) propose du 13 avril au 5 septembre 2016 une large rétrospective retraçant cinquante années de travail de l’artiste en plus de 400 photographies.

Sacha Demazy, invité des As

Sacha Demazy, invité des As

A l’occasion de l’exposition, Sacha Demazy, chercheur en socio-anthropologie, spécialisé dans l’analyse des mœurs et des comportements sexuels au Japon à l’université de Paris-Nanterre, retrace l’histoire de cette pratique, peu connue en Europe occidentale, qui évolue et s’exporte pourtant de manière fulgurante.

L’émission des As

« Le Kinbaku, on peut le lire de différentes façons. C’est une idée de pénibilité »Sacha Demazy.

Le Kinbaku, pouvant se traduire par « lié avec une corde de manière serrée », est un art japonais qui consiste à attacher une personne avec des cordes. Devenu populaire et érotisé au Japon dès le début des années 1950, cet art provient originellement d’une pratique de torture.

« Les Japonais se sont appropriés cette technique qui était plus exécutée de manière autoritaire », Sacha Demazy. La répression policière envers les Japonais est à l’origine du Kinbaku. Pourtant, cette technique de l’encordement n’a cessé de se métamorphoser en une plus érotique, lié aux croyances japonaises et à la sublimation du corps.

Sacha Demazy et l'équipe des As

Sacha Demazy et l’équipe des As

« On est plutôt dans un rapport de communication », Sacha Demazy. L’érotisme du Kinbaku s’inscrit dans un bonheur partagé le ou la partenaire choisi(e). Cependant, cette pratique profondément liée à l’intime a pris un nouveau tournant à travers une influence occidentale promouvant la performance physique plutôt qu’une recherche spirituelle.

« Je pense à une photo de Itô Seiu en 1920 montrant sa compagne qu’il a pendu par les pieds. On est toujours dans une dimension de torture (…). Il reprenait une estampe de l’un des maître de cette vision qui a fait le lien entre la torture et l’érotisme« , Sacha Demazy. La dimension spirituelle japonaise retrouve difficilement son écho dans notre civilisation occidentale. Charnière entre violence et sexe, le Kinbaku a pourtant fait apparaitre de nouvelles pratiques dont le sadomasochisme.

Une émission animée par : Guillaume Togay de Varennes avec pour chroniqueurs : Marie-Adélaïde Bouyssou et Cédric Fuentes.

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