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Violence dans les stades : des solutions, vite !

Quelle bien triste semaine pour le football européen. Après l’attaque visant les joueurs du Borussia Dortmund et les émeutes en marge de la rencontre Lyon-Besiktas, des scènes de violence surréalistes se sont déroulées ce dimanche à Furiani. De quoi écoeurer plus d’un amoureux du foot. Face à la multiplication des incidents, le constat est sans appel. Nombre d’individus perturbateurs n’ont plus leur place dans les stades. Il est temps d’en finir.

La semaine kafkaïenne de l’OL

« À en pleurer » : les mots choisis en Une du quotidien l’Équipe ce lundi 17 Avril sont forts, mais révélateurs d’une triste réalité, celle d’un dimanche honteux pour le football français. Une seule phrase suffit à rendre compte de la gravité des faits qui ont conduit à l’annulation de la rencontre entre le Sporting Club de Bastia et l’Olympique Lyonnais. Elle a été prononcée dans la soirée par le président du club rhodanien Jean-Michel Aulas : « Ca dépasse l’entendement, le directeur de la sécurité de Bastia a frappé Lopes. »

Les mots sont à peine croyables et pourtant bien vrais. Pour la première fois dans l’histoire du championnat de France, des supporters – si l’on peut encore les considérer comme tels – ont agressé physiquement des joueurs en s’introduisant sur la pelouse. Coups de pieds, coups de poing, insultes de toutes parts… les scènes de violence inouïes auxquelles nous avons assisté ont choqué le monde du sport. Et il y avait de quoi !

Comment des individus ont-ils pu rejoindre aussi facilement la pelouse pendant l’échauffement ? Pourquoi les stadiers n’ont-ils pas pu intervenir à temps ? Etaient-ils suffisamment nombreux ? Fallait-il vraiment débuter le match après les heurts ? Autant de questions qui remettent en cause le dispositif de sécurité en place à Bastia et plus généralement celui des stades de Ligue 1. En effet, les scènes de violence de dimanche interviennent seulement trois jours après les échauffourées ayant conduit au report du match de C3 entre Lyon et le Besiktas Istanbul.

Cette fois ce n’étaient pas les joueurs mais bien les supporters des gones qui étaient visés, contraints de se réfugier sur le terrain face à l’agressivité des nombreux supporters turcs. Quelques heures avant la rencontre, ces derniers avaient d’ailleurs multiplié les actes de vandalisme aux abords du Parc OL, discréditant complètement le dispositif de sécurité renforcé pour l’occasion. Là encore, l’efficacité des forces de l’ordre et le contrôle à l’entrée du stade suscitent la controverse. Des sanctions devraient être prises mais le club stambouliote rejette toute responsabilité.

Le retour du hooliganisme ?

Si les éléments de l’enquête permettent d’appréhender l’attaque du bus de Dortmund comme un acte terroriste, la nature des événements de Lyon et Bastia relève d’avantage du hooliganisme. Le club rhodanien a d’ailleurs directement accusé des individus présentés comme tels, par l’intermédiaire de son directeur général adjoint Vincent Ponsot : « En tant qu’organisateur de la rencontre, on porte une responsabilité. Sauf qu’en l’occurrence, il est manifeste qu’on a été victime d’agression, non pas de supporteurs, mais de hooligans turcs. ». Il en va de même pour les supporters du Sporting Club de Bastia à l’origine des violences de dimanche. Il faisaient partie de la tribune Est de Furiani, sanctionnée à plusieurs reprises cette saison par la LFP. Elle venait de réouvrir après trois matchs de suspension.

On se souvient des cris racistes à l’encontre de Mario Balotelli, du coup de drapeau reçu par le parisien Lucas ou encore des échauffourées après la défaite face au LOSC. Autant de heurts revendiqués haut et fort par le groupe de supporters « Bastia 1905 », dont plusieurs membres sont actuellement mis en examen. Pour autant, la multiplication des incidents n’est pas le seul fait du club corse cette saison.

Plusieurs supporters du Paris Saint-Germain se sont rendus coupables d’actes de vandalisme lors de la finale de la Coupe de la Ligue, l’AS Saint-Etienne vient de se voir infliger un match à huis-clos après les incidents lors du derby contre Lyon, sanction qui pourrait également être appliquéeau FC Nantes après les débordements survenus face à Bordeaux. Ces quelques dossiers d’une liste bien trop longue reflètent une ingérence croissante de la part des clubs de Ligue 1. Bastia en est le meilleur exemple.

Débordements pendant Lyon-Besiktas

Les Ultras du PSG, la brigade Sud de Nice, la Commando Ultra de l’OM… chaque club possède des minorités de supporters susceptibles de poser problème, c’est un fait. Le tout est de savoir les gérer. Or, le SC Bastia n’en a pas ou plus les capacités. La tribune Est semble désormais dicter sa loi. C’est pourquoi il est temps que des mesures radicales soient prises par les plus hautes instances du football français. De tels agissements n’ont plus leur place dans les stades de Ligue 1.

Eradiquer les individus potentiellement dangereux des enceintes sportives est devenu une nécessité, au risque de voir renaitre le hooliganisme des années 70-80, marquées par la tragédie du Heysel. L’époque où ce mouvement de violence était considéré comme une culture empruntée aux anglo-saxons est révolue. Assez des suspensions, des amendes et des matchs à huis clos. De véritables changements doivent être opérés. Madame Nathalie Boy de la Tour, Messieurs Sébastien Deneux et Alain Guerrini, il est temps de prendre vos responsabilités !

Quelles solutions ?

Si l’on ne veut plus assister à des débordements comme ce fut le cas dimanche à Furiani, ou le 11 Juin 2016 lors de la rencontre entre la Russie et l’Angleterre à Marseille, des solutions doivent être trouvées au plus vite. Il est vrai que le fait de sanctionner sportivement un club quand celui-ci n’est pas directement responsable des agissements de ses supporters peut paraitre injuste, mais il faut parfois se montrer strict.

En France, quand les interdictions provisoires de stade et les rencontres à hui-clos ne suffisent pas, le retrait de points ou la proclamation d’un match sur tapis vert sont des sanctions possibles et applicables. Mais de telles mesures restent trop peu souvent mises à exécution : cette saison, seules Bastia et Metz se sont vu retirer des points avec sursis, respectivement pour les cris de singe à l’encontre de Balotelli (Bastia-Nice) et les jets de pétards sur Anthony Lopes (Metz-Lyon).

A terme, d’autres solutions pour lutter contre la violence dans les stades pourraient être envisagées. En proie au hooliganisme dans les années 80, l’Angleterre a opté pour une mutation des stades de Premier League en supprimant définitivement les places debout et en plaçant les premiers sièges plus proches des terrains. À Anfield, Stamford Bridge ou Old Trafford, moins de deux mètres séparent la ligne de touche des premiers spectateurs. Une proximité unique en Europe, qui a grandement contribué à créer l’ambiance des stades de PL.

De la même façon, les anglais ont mis en place des interdictions de stade pour les hooligans reconnus grâce au Public Disorder Act en 1986. En 1989, une loi instaurait la possibilité d’interdiction de déplacement à l’étranger et en 1991, le Football Offences Act réprimait le lancement d’objets sur la pelouse, les chants racistes ou indécents. Autant de mesures qui ont permis de réduire considérablement les incidents dus au hooliganisme, même si le mouvement n’a pas encore totalement disparu en Europe.

Face aux événements des dernières semaines et à la répétition des débordements dans certains stades, la Ligue de football professionnelle ne peut rester insensible. L’image du football français a une fois de plus été ternie par des actes irresponsables, indignes du sport de haut niveau. Les groupes du supporters en cause doivent être définitivement bannis afin que la violence ne l’emporte pas sur le jeu. Pour cela, des solutions existent, des lois peuvent être créées sur des modèles européens ayant fait leurs preuves. Il faut donc agir avant qu’il ne soit trop tard.

Emilien DIAZ

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