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Première visite de François Hollande à Calais : un engagement dangereux

Le premier déplacement de François Hollande à Calais est une visite tardive, révélatrice de l’indécision de l’exécutif, fragilisé et déstabilisé par une droite qui regagne du terrain.

Lors de son discours à la gendarmerie de Calais lundi dernier¸ François Hollande a déclaré son intention de  fermer le campement de la Lande « définitivement, entièrement, rapidement, c’est-à-dire d’ici à la fin de l’année ». Il a également affirmé qu’« aucun maintien sur place ne sera toléré », mais que des « campements de migrants » ainsi que « toute installation de fortune » ne sont pas tolérables sur le sol français. Le président a ensuite invité à la « fermeté » envers tous les occupants du campement qui « ne relèvent pas du droit d’asile, mais doivent être expulsés ».

A lire aussi : Migrants de Calais : état d’urgence sanitaire

Une prise de position nette et des propos fermes, qui révèlent une stratégie précise de l’exécutif par rapport à la question de la « jungle » : à l’apparence, le discours que le président a prononcé à Calais peut paraitre une démonstration de force de la part de l’exécutif. Il s’agit cependant d’une promesse du moins imprudente, qui ressemble à une tentative plutôt maladroite de reprendre en main une situation qui a longtemps échappé à tout contrôle. L’engagement d’Hollande semble d’autant plus irréel que le président, pendant sa visite institutionnelle, ne s’est pas rendu sur le terrain de la jungle, où presque 10.000 migrants vivent depuis des mois dans des conditions précaires et insalubres.

Crédit photo : Julien Percheron

Crédit photo : Julien Percheron

Un échec sur la question de Calais pourrait représenter un élément défavorable pour un président sortant dont la crédibilité est déjà très affaiblie et influencer considérablement le résultat de l’élection de 2017. Si Hollande manquait à un engagement sur un sujet aussi délicat, cela pourrait porter atteinte à son image de futur président et éloigner la possibilité d’un second mandat.

Une droite très active, un exécutif en retard

La visite de François Hollande à Calais n’a lieu qu’une semaine après celle de Nicolas Sarkozy, qui s’y est rendu mercredi dernier et qui n’a pas manqué de délivrer un discours très dur envers l’inaction de l’exécutif.

Le président a un temps de retard sur son adversaire de 2012, qui mène une campagne extrêmement dynamique. Le candidat à la primaire de la droite a démontré, ces dernières semaines, une grande capacité à déplacer le débat médiatique sur les sujets qui l’intéressent et qui peuvent, au contraire, mettre en avant les faiblesses et les erreurs du gouvernement. Avec une capacité d’initiative politique non négligeable, Sarkozy a profité, lors de sa visite à Calais, de l’évidente indécision de l’exécutif pour souligner le manque d’actions concrètes sur la question des migrants et de la « jungle ».

A lire aussi: Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy pourrait ne pas être le seul à bénéficier de la faiblesse du gouvernement. Dans les semaines à venir, tous les partis de droite et extrême droite vont très probablement chercher la médiatisation de ce sujet épineux, qui à la fois met en évidence l’inaction de l’exécutif et décrédibilise Hollande en tant que candidat.

Des aires de début de campagne…

Hollande a prévu un délai extrêmement bref pour résoudre une situation qui occupe depuis plusieurs mois les devants de l’actualité française et internationale. Si l’exécutif n’a pas trouvé de solution efficace jusque-là, beaucoup s’interrogent sur le sérieux de cet engagement, qui a plutôt des aires de début de campagne électorale.

Le discours d’Hollande ressemble en effet à une visite en tant que candidat à la présidentielle plutôt qu’à un déplacement institutionnel visant à la résolution d’une situation désormais devenue insoutenable.

Alors qu’Hollande multiplie ses interventions publiques et ses discours officiels (comme celui de dimanche dernier), il n’est pas encore officiellement candidat à la présidentielle. L’annonce de sa candidature, prévue pour le mois de décembre, ne saurait tarder.

Crédit photo : francetvinfo.fr, Julien Percheron

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