La fondation groupe EDF accueille l’exposition gratuite “Moi et les autres ; regards d’artistes sur nos vies en ligne” du 13 mars 2026 au 27 septembre 2026. Située dans le 7eme arrondissement de Paris, celle-ci exploite 3 thématiques où une trentaine d’œuvres sont exposées.

Mais de quoi ça parle ?
L’arrivée des réseaux sociaux a bousculé notre quotidien, nos habitudes et surtout nos liens sociaux. En seulement 10 ans, cette toile numérique est devenue un espace de vie, de socialisation et de création. Cependant, ce phénomène a provoqué des craintes du côté des sphères médiatiques et académiques car les réseaux sociaux nous rendraient aigri et nuiraient à la création de liens sociaux, à nos échanges et à notre façon de vivre ensemble.
A l’heure où les réseaux sociaux sont devenus une partie omniprésente dans notre vie, une question demeure : Comment faire société dans un monde ultra-connecté ? Le Web, les applications de rencontre, les réseaux sociaux nous enferment-ils dans des bulles algorithmisées ? Ou à l’inverse, Internet est-il un refuge pour se construire une identité, un territoire privilégié où rencontrer d’autres alters?
A travers le regard d’artistes, cette exposition explore 3 niveaux de sociabilité en ligne : ego, alter, holo.
La partie Ego
Au rez de chaussée, on découvre la thématique Ego à travers diverses œuvres. On comprend que l’égo est notre rapport à nous-même , à travers la mise en scène de soi, la visibilité et l’isolement. L’un des changements majeurs d’Internet c’est qu’il nous rend visible et que d’une autre façon, il nous surexpose aux yeux de tous, sur Instagram par exemple.
Dans cette partie, les artistes souhaitent montrer la difficulté de vivre dans un monde où nous sommes – que l’on soit jeune ou adulte – constamment en recherche de reconnaissance et d’identité , qu’il s’agisse des standards illusoires, des normes du regard.
La partie Alter
Au premier étage, nous nous immergeons dans le monde de l’Alter. L’Alter est notre rapport à l’autre à travers la rencontre amoureuse, amicale et l’échange avec un autre, proche ou inconnu.
En permettant la discussion instantanée sans contrainte géographique ou économique, Internet est à considérer comme un espace d’échanges et de possibilités. Cette toile est à la fois un prolongement de nos vies hors ligne et un espace de rencontre bien plus vaste que notre environnement social pouvait être restreint en raison de contraintes géographique ou économique.
En outre, les algorithmes jouent alors avec la notion de hasard permettant de réunir des personnes très différentes autour d’un intérêt commun. Les artistes de cette thématique les possibilités d’un espace entre réel et numérique où nous pouvons créer une relation empathique avec nos alters inconnus, délaissés ou disparus.
La partie Holo
Holo, du grec holos, signifie le tout. Il désigne la conscience d’un monde unifié par le flux, une planète désormais tissée par les réseaux.
Le numérique permet notamment l’émergence de communautés d’intérêt impossibles hors ligne. En effet, Les internautes s’unissent pour partager des moments, des passions, de l’information et contribuent collectivement à la fabrication du savoir.
Autour de l’exposition
Cette exposition d’art contemporain est accompagnée par des éclairages d’experts partageant leurs points de vu et recherches, c’est le cas de la sociologue et directrice d’études à l’EHESS qui aborde les transformations de la sociabilité à l’ère numérique en accordant une place centrale à la question de l’écriture.
Nos oeuvres coup de coeur

Réalisée par l’artiste française Françoise Pétrovitch, cette oeuvre dévoile des instants intimes de l’adolescence. Le regard absent de la femme créé une atmosphère à la fois délicate et inquiétante.
Cette oeuvre démontre que de nos jours, l’isolement, l’apparence et les relations entre les êtres passent aussi par l’écran d’un téléphone. Tout en étant absorbé à naviguer sur internet, un nouveau rapport social se développe pour les individus autour de cet outil numérique.

Cette oeuvre réalisée par Magalie Mobetie invite le spectateur à se questionner et à réfléchir sur l’héritage numérique. Elle met en lumière le fait que les réseaux sociaux et les plateformes en ligne ne sont pas pensés pour s’éteindre avec leurs utilisateurs.
Ce nuage de fleurs fait référence au cloud (espace de stockage numérique). Ce nuage est la métaphore d’un «ciel» où résident les morts.


Dans cette installation, le portrait affiché à l’écran est équipé d’un système de tracking : lorsque vous le regardez, son regard se détourne.
Ici, Ben Grosser s’intéresse à la manière dont notre regard en société est strictement réglementé. Par exemple, regarder sans autorisation nous fait passer pour des voyeurs et lorsque nous y sommes surpris, cela nous oblige à détourner les yeux. Contrairement aux réseaux sociaux, qui eux, nous permettent d’observer en permanence le profil de n’importe qui, sans jamais être vus.
Informations complémentaires : Visite gratuite et libre sur réservation du mardi au dimanche de 12h à 19h avec des nocturnes jusqu’à 22h le jeudi soir. Des visites guidées gratuites sont proposées le 1er samedi du mois à 15h sur réservation.