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Arche de Zoé : le clap de fin

Eric Bretau, le fondateur de l’Arche de Zoé, et sa compagne, Emilie Lelouch, ont été condamnés aujourd’hui à trois ans de prison dont deux fermes par le tribunal correctionnel de Paris. Qualifiés de “pompiers pyromanes” par le procureur, les deux principaux protagonistes de la tentative d’exfiltration de 103 enfants tchadiens vers la France en 2007 dans le but de les faire accueillir par 358 familles françaises ont fait appel.

En 2007, cinq membres de l’association arrivent au Tchad pour récupérer les enfants présentés comme des orphelins du Darfour. Le président et sa compagne, un médecin, une journaliste et un logisticien débarquent sur place pleins de bonnes volontés en apparence. Un autre membre de l’Arche de Zoé, Christophe Letien, est resté à Paris pour suivre le déroulement de l’affaire. Ils s’avèrent en réalité que la centaine d’enfants ne sont absolument pas des orphelins, et ne viennent pas du Darfour. Tous tchadiens, ils possèdent également au moins un parent en vie. Le 25 octobre 2007, 17 européens, dont 9 français, sont arrêtés à Abéché (Tchad) après des soupçons d’enlèvement d’enfant. Au mois de juillet précédent, la France avait décidé d’ouvrir une enquête suite aux agissements de l’association signalés par le ministère des affaires étrangères français dirigé à l’époque par Bernard Kouchner. Par la suite, le gouvernement tchadien fait libérer trois journalistes (un Belge, et deux Espagnols) également responsables de l’opération. Au total, six français seront mis en détention au Tchad.

Condamnés à huit ans de travaux forcés au pays, les six principaux responsables de l’opération de l’Arche de Zoé sont par la suite rapatriés en France conformément à la convention existant entre les deux pays sur l’extradition des ressortissants des deux pays en cas de condamnation. Mais fin mars 2008, nouveau coup d’éclat. Le président du Tchad, Idriss Déby accorde la grâce présidentielle aux six ressortissants qui sont donc logiquement libérés par la suite. L’association est renvoyé en correctionnel en octobre 2010 en tant que personne morale, avec également le président Eric Bretau et cinq responsables de l’expédition (Emilie Lelouch, Philippe van Winkelberg, le médecin, Alain Péligat, le logisticien, Dominique Aubry et Nadia Merimi). Les deux derniers sont libérés en non lieu, alors que les trois autres sont accusés par les juges d’instruction d'”escroquerie au préjudice de 358 familles accueillantes et de bénévoles”, “d’aide à l’entrée et au séjour irrégulier de mineurs étrangers en France”, ainsi que de l’ “exercice illégal de l’activité d’intermédiaire en vue d’adoption”.

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En décembre 2012 s’ouvre le procès de l’Arche de Zoé à Paris. Les deux principaux protagonistes, Eric Bretau et Emilie Lelouch, ne se présentent pas. Ils préfèrent rester en Afrique du Sud attendre le jugement chez eux. Les quatre autres mis en cause (Alain Péligat, Philippe van Winkelberg, et également Christophe Letien, le lien avec Paris durant l’opération, et la journaliste Agnés Pellerin) sont bien présents. 20 familles se constituent partie civile en avançant l’abus de désir d’avoir un enfant utilisé par l’association. Le premier procès requiert 700 000 € d’amende pour l’Arche de Zoé ainsi que son démantèlement total. Les prévenus sont condamnés à huit mois avec sursis pour le logisticien et la journaliste, et un an pour le médecin, Philippe van Winkelberg. Le relais français de l’intervention écope lui de 18 mois de sursis.

Mardi 12 février s’ouvrait le nouveau procès condamne finalement Eric Bretau et Emilie Lelouch a 50 000 € d’amende chacun, trois ans de prison dont deux fermes, ainsi que l’interdiction définitive d’exercer la profession d’accueil, d’hébergement et de placement de mineurs. Présents à la surprise générale à l’audience, les deux fondateurs de l’Arche de Zoé avaient préparé des sacs en vue d’une arrestation finale, et se sont faits remarqués par des rires et applaudissements ironiques au moment de la lecture des accusations du tribunal. Une décision attendue, alors que Me Lorenzo a confié à l’AFP qu’ils allaient faire appeler et faire une demande de remise en liberté,la décision tombera sous 24h. L’association a été condamnée a une amende de 100 000 € et sa dissolution immédiate a été prononcée. D’autres parts, les autres protagonistes ont été condamnés à 6 mois et un an avec sursis. Le couple est parti par une porte latérale, après l’arrestation des gendarmes. La fin, six ans après, de la plus grande tentative d’exploitation de l’humanitaire.

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