Ce lundi 20 avril 2026, Ubisoft a annoncé le remake d’Assassin’s Creed : Black Flag. Ce nouveau remake sera présenté ce jeudi 23 avril 2026.
Après Final Fantasy VII : Part 3 voici un nouveau remake que les joueurs attendront impatiemment. Malgré l’engouement marqué des fans à l’égard de ce nouveau titre certains s’y opposent. Nombreux se montrent hostiles envers la pratique du « remake ». Ces derniers critiquent un choix de facilité et un manque de recherche artistique de la part des studios. Retour sur cette pratique de plus en plus critiquée.
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— Assassin's Creed (@assassinscreed) April 20, 2026
C’est quoi un remake pour un jeu vidéo ?
Remake, Reboot, Remaster l’ensemble de ces termes rappellent des processus créatifs semblables mais qui portent chacun leur lot de différences. À la différence d’un « remaster », un « remake » demande aux développeurs d’aller plus loin. Au-delà d’une réactualisation des graphismes et du monde original, les équipes ont ici à repenser les mécaniques du jeu original.

L’exemple le plus parlant est la première partie du remake de Final Fantasy VII paru en 2020. Square Enix proposait de replonger les joueurs dans le monde futuriste qui avait fait l’éloge du jeu original de 1997. Le système de combat de 1997, fonctionnant au tour par tour avait été jugé trop archaïque. Il avait été repensé pour offrir une expérience dynamique et accessible aux nouveaux joueurs tout en conservant l’essence narrative et un système de sorts. Ce système de sorts permettait au joueur de mettre en pause le combat. Cette pause faisait un rappel à la formule originale permettant de rendre heureux les anciens comme les nouveaux joueurs.
Toutefois, même si cette pratique est moins « paresseuse » qu’un simple remaster, le remake n’en reste pas moins un moyen de gagner du temps et de l’argent pour les développeurs. Selon une étude d’Ampere Analysis, les remakes parus sur l’année 2024 ont permis de générer 2,2 fois plus de revenus. Ils permettent également aux différents studios d’entretenir leur gloire passée en faisant goûter à des joueurs plus jeunes des œuvres et leurs univers remis au goût du jour.
Qu’en est-il pour les joueurs ?
Manette en main, la réception des joueurs est rarement unanime. D’un côté du joystick, une frange de joueurs nostalgiques voit en ces titres une possibilité de retrouver des univers qu’ils ont aimés, sublimés grâce à des technologies modernes. Revoir Port Royale et les Caraïbes d’Assassin’s Creed : Black Flag avec des graphismes next-gen ou entendre des pirates sur un fond de coucher de soleil semble alors être pour eux un argument de vente à l’approche de l’annonce de ce nouveau remake jeudi 23 avril.
De l’autre côté, une communauté de plus en plus présente dénonce une fuite en avant : celle d’une industrie incapable de prendre des risques créatifs. La question du prix argumente également les tensions. Payer un jeu 70 à 80 euros un jeu à moitié développé ne semble pas juste. D’autant plus que certains titres peinent à justifier leur existence au-delà de l’argument graphique. C’est le cas du remake de The Last of Us Part I sorti en 2022, il avait lors de sa sortie été critiqué pour son manque d’innovation réel par rapport à la proposition de 2013. Beaucoup de joueurs y avaient vu une opération purement financière permettant à la licence de profiter du succès de la série HBO pour relancer les ventes.
Le cas d’Assassin’s Creed : Black Flag est un cas révélateur. Il était sorti en 2013 et était considéré par tous comme l’un des meilleurs titres de la franchise. Son annonce suscite depuis autant d’excitation que de méfiance.
Le remake : une réponse à une industrie sous pression
Jeux annulés, grève, agonie en Bourse… Ubisoft en crise 🎮
— BFM Business (@bfmbusiness) January 22, 2026
Catastrophe pour Ubisoft : le groupe a chuté de plus de 30% en Bourse jeudi après l'annonce de l'annulation de six jeux et d'une perte opérationnelle de 1 milliard d'euros.
🎙️ @EnoraLeLouarn pic.twitter.com/R001GB0S0M
C’est bien là le cœur du problème, les remakes se multiplient en raison d’un contexte économique particulièrement rude pour les acteurs du secteur. Développer un AAA original coûte aujourd’hui plusieurs centaines de millions de dollars et ce pour un résultat incertain. Le remake, lui, s’appuie sur une base de fans acquise, une licence connue et une formule éprouvée. Le risque est moindre et la rentabilité est presque garantie.
La proposition d’Assassin’s Creed : Black Flag Resynced semble alors être une réponse d’Ubisoft à la période de turbulences financières que le géant français traverse. Après plusieurs ratés comme Skull and Bones ou Star Wars Outlaws, le studio semble alors faire un choix de sagesse. Les géants asiatiques en font de même d’ailleurs puisque Konami avait fait de même avec Silent Hill 2 ou Capcom avec Resident Evil et Metal Gear Solid.
Le remake est alors une tendance ouvrant une question sur l’avenir du jeu vidéo. Si les studios continuent à puiser dans un catalogue déjà connu des joueurs que restera-t-il à réinventer d’ici vingt ans ? Le jeu vidéo risque alors de se retrouver piégé dans une logique de réédition infinie.