À la uneActualité

Au tribunal de Paris, un procès et une belle histoire

Après avoir porté plainte contre son conjoint pour violence, une victime décide de retirer sa plainte en plein procès. Le Tribunal le condamne à six mois de prison avec sursis et une obligation de soin.

C’est à l’hôpital psychiatrique que l’idylle entre M. Sangaré et Sandrine C. nait en fin d’année 2019. Très vite après leur première rencontre, les deux patients deviennent inséparables. A sa sortie de l’établissement, le couple continue à se voir, une fois chez lui, une fois chez elle. Tout se passe bien jusqu’au moment où la mère de monsieur tombe gravement malade. Instable psychologiquement, M. Sangaré ne peut plus vivre seul et s’installe chez sa compagne. Le 29 aout 2020 au soir, énervé et fatigué par les émotions qui le traversent, M. Sangaré se met à boire, beaucoup, trop. Lorsque Sandrine C. passe le pas de la porte, il se rue sur elle et tente de l’étrangler. A terre, il continue à l’asséner de coups. 

« Un geste de folie »

La victime, handicapée physique, parvient à appeler au téléphone son frère pour qu’il vienne l’aider. A son arrivée, Sandrine C. présente des marques importantes de strangulations autour du cou et son visage est tuméfié. Frère et soeur décident de se rendre au commissariat pour porter plainte et faire constater les blessures. Le médecin médico-légal prononcera 8 jours d’ITT. De son côté, M. Sangaré prend conscience de son « geste de folie » et décident de se rendre à nouveau à l’hôpital Saint-Anne pour recevoir des soins. Lors des semaines qui ont suivi le drame, M. Sangaré dit avoir compris les ravages de l’alcool, qu’il veut tout faire pour se débarrasser de ce souci. 

« Je te demande pardon » 

Soigné et reposé, il décide de reprendre contact avec son ex-conjointe pour lui présenter ses excuses. Par téléphone d’abord, il lui explique son geste et lui promet qu’il fait tout pour s’en sortir. Puis, elle accepte de le revoir mais chez sa mère. Là, il lui demande pardon et reconnait ses actes. Près de six mois après le dépôt de la plainte, M. Sangaré n’a toujours pas été inquiété ni par la police ni par la justice. Les deux amants se retrouvent et se fréquentent à nouveau. Mais le mardi 20 juillet 2021, la police débarque et place en garde à vue M. Sangaré. Il sera jugé le lendemain sous le régime de la comparution immédiate, quasiment un an après avoir tabassé sa compagne. 

« Il est doux comme un agneau » 

A l’audience, accusé et victime se font face mais pour une fois, le ton ne s’élève pas. Mieux, ils parviennent à s’échanger des marques de tendresse d’une part et d’autre de la salle. Interrogée sur les violences qu’elle a subi, Sandrine C. affirme n’avoir aucune séquelle et qu’elle a compris son excès de violence. La victime insiste auprès du Tribunal « Depuis, il est doux comme un agneau, je veux retirer ma plainte, je veux qu’il soit libre ». 

Le verdict 

Avant l’énoncé du verdict, le procureur a rappelé les objectifs du ministère public en matière de lutte contre les violences conjugales. Face à la situation personnelle de l’accusé et des dispositions qu’il a prises par lui même, le procureur de la République s’est montré clément dans ses réquisitions en ne demandant une peine de sursis. Le Tribunal a décidé de suivre ces recommandations et a condamné l’homme à 6 mois de prison avec sursis assorti de deux ans de sursis probatoire. M. Sangaré est également tenu de respecter des obligations de soins et de ne commettre aucune autre infraction.

About author

Journaliste
Related posts
À la uneSantéSéries Tv

Covid-19 : le tournage de la saison 2 de ‘La Chronique des Bridgerton’ en arrêt

À la uneFrance

Jean Marie Bigard reporte son spectacle à cause des manifestations anti-vax à Nice

À la uneEnvironnementInternational

Inde : un glissement de terrain fait au moins 76 morts

À la uneActualitéLittérature

Emmanuel Macron invité au Japon ; il repart avec un dessin original du créateur de ‘One Piece’

Retrouvez VL. sur les réseaux sociaux