Imaginez-vous bloqué dans un labyrinthe de pièces vides et dénuées de sens. L’ angoisse monte et vous êtes poursuivis. Le phénomène des Backrooms issu d’internet possède enfin son film et le réalisateur est même youtubeur.
En salle depuis mai aux Etats-Unis, le film « Backrooms » des studios A24, réalisé par Kane Parsons, rencontre un réel succès. Il sortira en France le 17 juin 2026 et remet en lumière les légendes des bas-fonds d’internet. On vous explique.
C’est quoi les Backrooms ?
Pour comprendre les backrooms, il faut connaître le terme creepypasta. Créer sur internet, ce mot désigne les histoires glauques et dérangeantes qui s’inspirent de la vie réelle et des légendes urbaines. Les backrooms font partie des creepypastas les plus connues d’internet. Il s’agit de pièces vides et sans fenêtres situées hors de notre réalité. Atterrir dans les backrooms, c’est se perdre au-delà de notre compréhension humaine. Et c’est sans compter l’apparition de créatures monstrueuses, issues du folklore de l’horreur, qui sont lancées à votre recherche.

Les Backrooms possèdent une grande ampleur sur internet. Elles disposent de fandoms et sont à l’origine du liminal spaces. Cela désigne un esthétisme fondé sur une perception angoissante d’un espace vide et étrange où l’on se sent observé. C’est en 2019 qu’un anonyme sur 4chan (forum japonais) publie pour la première fois une image de backroom. Aujourd’hui, le tout premier long-métrage sur le sujet est enfin arrivé. Dans le film, les personnages interprétés par Renate Reinsve et Chiwetel Ejiofor se retrouvent dans le labyrinthe des backrooms suite à la découverte d’une mystérieuse entrée dans le sous-sol d’un magasin de meubles. Il s’agit d’un clin d’œil à la première photo de backroom sur 4chan qui avait finalement été prise dans un magasin de meubles nommé HobbyTown du Wisconsin.
De Youtube au cinéma
Si le sujet est issu d’internet vous serez surpris d’apprendre que le réalisateur du film l’est également. Kane Parsons, youtubeur américain de 20 ans, s’est pris de passion pour cette web fiction dès son adolescence. Il est à l’origine du court-métrage The Backrooms (Found Footage). Suivi d’une web série sur le même thème publiée sur Youtube depuis 2022. Le succès de son œuvre l’a propulsé aux commandes de l’adaptation The Backrooms au cinéma par A24 faisant de lui le plus jeune réalisateur des studios. Très attendu par les internautes, le démarrage du film en salle est un véritable carton ! Avec plus de 80 millions d’entrées aux États-Unis dès le premier week-end, le film se positionne premier au box-office américain.
Mais Kane Parsons n’est pas le seul jeune issu de Youtube à faire trembler Hollywood en ce moment. Curry Barker, 26 ans, le réalisateur du film Obsession (autre thriller psychologique d’horreur), a lui aussi été révélé par ses vidéos sur internet. Les deux films d’horreur détrônent le dernier Star Wars actuellement à l’affiche. Parsons et Barker bousculent ainsi les avis sur le travail des jeunes créateurs d’internet. Ils font face aux géants de l’industrie cinématographique comme Disney avec brio. « Les projet issus d’internet ne sont peut-être pas toujours pris au sérieux », se désole Kane Parsons lors d’une interview pour BFM. Il vente la liberté qu’offre Youtube et confie ne voir qu’une « barrière financière » séparant la plateforme du cinéma.

Une nouvelle ère pour le cinéma d’horreur ?
Mais pourquoi ces films explosent tant au cinéma ? Grâce à leurs années sur Youtube, les deux jeunes réalisateurs ont réussi à fidéliser un public que le cinéma traditionnel a du mal à conquérir. En effet, les utilisateurs d’internet connaissent le folklore des creepypastas et apprécient qu’il soit enfin référencé à Hollywood. Ainsi, leur fidélité et l’engouement sur les réseaux sociaux permettent aux deux films d’exister médiatiquement malgré des réalisateurs inconnus du grand public.
Le cinéma d’horreur semble être également en pleine mutation ces dernières années. Les histoires de fantômes, de jumpscare à tout va (fait de sursauter) et de clowns maudits ont fini par lasser les nouvelles générations. À la recherche d’une complexité psychologique en plus de l’atmosphère de l’étrange, les jeunes spectateurs et réalisateurs possèdent plus d’ambitions pour le film d’horreur. Après The Substance (2024) avec le rapport des femmes à leur corps et Obsession avec les relations amoureuses toxiques, l’horreur se lance dans les creepypastas et la vaste culture d’internet.