Les médias américains se regroupent en un même mouvement #EnemyofNone de promotion de la liberté de presse. Ils réagissent aux accusations répétitives de « Fake News » du Président américain, Donald Trump.

Pour que demeure la liberté de presse…

Plus de 350 médias américains, de portée internationale ou locale, se sont réunis jeudi dans une grande campagne pour la liberté de presse. Ils dénoncent communément la « guerre sale contre la presse » menée par le Président américain. « Les journalistes ne sont pas l’ennemi » résonne comme le crédo de ces médias américains qui s’allient contre la politique menée à leur encontre par Donald Trump. Pour les spécialistes de l’information, les paroles du Président vont directement à l’encontre du 1er amendement de la Constitution américaine. Il stipule : « Le Congrès ne pourra faire aucune loi ayant pour objet l’établissement d’une religion ou interdisant son libre exercice, de limiter la liberté de parole ou de presse, ou le droit des citoyens de s’assembler pacifiquement et d’adresser des pétitions au gouvernement pour qu’il mette fin aux abus ».

Donald Trump dénonçait souvent la presse américaine comme « ennemie du peuple« , l’accusant de propager des fake news dès que l’information n’allait pas en son sens. Néanmoins, les propos du Présent ont constitué une réelle menace pour les journalistes. Un sondage IPSOS révèle que 43% des Républicains souhaiteraient que M. Trump use de son titre pour condamner les mauvais médias. Le 28 juin, une attaque avait été menée à l’encontre du Capital Gazette à Annapolis. Le bilan s’était élevé à cinq morts et plusieurs blessés.

The Boston Globe, à la tête du mouvement, déclare : « nous avons aujourd’hui aux Etats-Unis un président qui a créé un mantra selon lequel tout média qui ne soutient pas ouvertement la politique de l’administration actuelle est « l’ennemi du peuple » ».

En soutien aux propos du Boston Globe, le New York Times a publié un court éditorial au titre révélateur : LA PRESSE LIBRE A BESOIN DE VOUS. Un appel à la mobilisation et la prise de conscience citoyenne. Le journal américain souligne ainsi le droit dont dispose le peuple à critiquer la presse. Avant d’ajouter : « Mais insister sur le fait que les vérités qui vous déplaisent sont des « fake news » est dangereux pour la démocratie ».

John Darkow Columbia Daily Tribune, Missouri

L’alliance dépasse le continent nordaméricain. The Guardian, quotidien britannique, décide ainsi de rejoindre le mouvement en publiant un édito contre Donald Trump. C’est une réaction ouverte à la dénonciation récurrente du Président des fake news de la presse.

Une contre-attaque décriée

Pour Ken Paulson, ancien rédacteur en chef du USA Today et un des responsables du musée de l’information Newseum : « Les personnes qui lisent les éditoriaux n’ont pas besoin d’être convaincues ». Le quatrième pouvoir reste perplexe quant à la pertinence d’une telle réponse des médias. Défendre leurs intérêts ou faire le jeu de Donald Trump ? Les positions sont diverses. D’autre part, un tel rassemblement offrirait l’opportunité à Donald Trump de réellement dénoncer une coalition des médias à son encontre. Pour les partisans de la liberté de presse, l’essentiel réside dans la prise de conscience citoyenne du rôle de la presse dans une démocratie. Si coalition il doit y avoir, cela doit se faire dans une visée d’information du peuple en vue d’un meilleur jugement.

“Le président Donald Trump n’est pas le premier homme politique à attaquer ouvertement les médias pour avoir usé de leur pouvoir de contrôle.” — STAR TRIBUNE

Le quotidien du Minnesota, Star Tribune, insiste néanmoins sur le fait qu’une telle situation entre la presse et le monde politique n’est pas inédite. Dans un éditorial, le New York Times révèle les positions de Thomas Jefferson en 1787, lors de l’adoption de la Constitution américaine. Il écrivait dans une lettre, préférer « des journaux sans gouvernement » à « un gouvernement sans journaux ». Néanmoins, lors de son accession à la Présidence des Etats-Unis, son opinion change. « Rien de ce qui est publié dans un journal ne peut être cru », avance-t-il alors « victime » des critiques de la presse.

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