Daphne Caruana Galizia, journaliste maltaise de 53 ans, est décédée dans un attentat à la voiture piégée. Au sein d’un partenariat international, ce sont 45 de ses collègues journalistes qui ont repris son travail.

« La voix de la vérité à Malte »

Tuée le 16 octobre 2017, à l’âge de 53 ans, la journaliste disposait d’une réelle notoriété. Habituée à dénoncer la corruption politique au sein de l’île, c’est dans un attentat à la voiture piégée qu’elle a trouvé la mort. Des milliers d’anonymes se sont réunis lors de son enterrement. En effet, la journaliste dirigeait un blog, « Running Commentary », consacré à l’actualité politique. Devenu un média à part entière, il était parvenu à devancer tous les journaux classiques, avec plus de 300 000 lecteurs sur les 400 000 que compte l’île. Celle qui a notamment traité dans ses articles de la corruption au plus haut niveau de l’état avait pour principale cible, le parti travailliste au pouvoir et son premier ministre. Un habitant de l’île va même jusqu’à la décrire même comme « la voix de la vérité à Malte ».

 

Un reportage d’Envoyé Spécial consacré au sujet

Le reportage qui lui a été consacré met en avant de nombreux témoignages. C’est sur les propos de son fils aîné, Matthew, que s’ouvre le documentaire. « Ma mère m’a dit cette fois j’y vais, je serai de retour vers 5h » indique-t-il au sein du reportage. Le jeune homme a rapidement entendu le déclenchement d’une bombe, comprenant dans les minutes suivantes la mort de sa mère. Ce dernier a indiqué avoir peu d’espoir quant à cette enquête policière. La journaliste Caroline Muscat, une amie prend également la parole pour dénoncer la protection qu’auraient reçu les accusés.

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Le rôle du partenariat international « Forbidden Stories »

Ce ne sont pas moins de 45 journalistes et 18 médias, parmi lesquels Le Monde, The Guardian, ou encore The New York Times qui se sont réunis dans le partenariat « Forbidden Stories ». L’objectif ? Enquêter sur la mort de la journaliste. Quelques mois avant son décès, cette dernière avait révélé l’existence de sociétés offshores appartenant à plusieurs membres du gouvernement. « Forbidden stories » dispose aujourd’hui de plus de 100 000 fichiers. Corruption, évasion fiscale et argent sale, la journaliste a laissé une quantité considérable de matière derrière elle. Une question demeure, qui a orchestré son meurtre ?

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