Après une dernière saison en demi-teinte, et avant le final qui s’annonce grandiose, l’exposition Game of Thrones propose de replonger dans l’univers de la série. VL a pu s’y rendre.

L’on dit que la saison 7 a été piratée plus d’un milliard de fois. En 2016, la série a battu un record historique en étant la plus décorée des Emmy awards, les « Oscars de la télévision ». Game of Thrones a ainsi dépassé son statut de série pour devenir un mythe, élargissant de façon stratosphérique la base de fans de la saga de George R.R. Martin.

Après avoir posé ses bagages en Espagne, l’exposition, organisée par HBO et OCS, s’invite dans la capitale pour dévoiler aux visiteurs les costumes, accessoires et armes portés par les acteurs. Interactive, celle-ci propose en parallèle de prendre des photos dans les décors de la série, l’épée de Jon Snow ou de Ned Stark en mains, mais également d’intégrer son visage dans le mur du « Dieu multiface ».

Munis d’un audioguide, au prix excessif de 6 euros, compte tenu des 20 euros déjà déboursés pour accéder à l’exposition, nous sommes alors conviés à poser devant un fond vert. Le choix s’offre à nous : chevaucher le dragon de Daenerys ou le caresser ? Sensibles, nous choisissons la seconde option, enjoués à l’idée d’avoir un flambant souvenir. Que nenni. Nous devrons une fois de plus passer à la caisse à la fin du parcours, afin d’acquérir le précieux sésame.

Les portes s’ouvrent. Une salle sombre, munie d’un écran, nous attend alors. « Vous allez maintenant assister à un résumé des 7 saisons, spoiler à venir ! » prévient l’agent d’accueil. Très court et entièrement en anglais, celui-ci est en réalité une succession d’images fortes de la série, sans réelle chronologie. La vidéo terminée, nous pénétrons enfin dans l’univers de Westeros.

Des milliers d’accessoires

Dans un espace de 2000 m2, les costumières nous invitent à contempler leur travail d’orfèvre, permettant de donner corps aux personnages décris dans les romans de George R.R. Martin. « Nous sommes psychologues autant que créateurs de costumes » déclare la styliste Michele Clapton, qui explique l’étroite collaboration qui existe avec les acteurs pour permettre d’adapter les vêtements à leurs exigences.

On apprend ainsi que Kit Harington, l’interprète de John Snow, est resté dubitatif à la vue de son costume : « C’est une jupe ? » a-t-il ainsi demandé à la costumière. « Pense que c’est un kilt » lui rétorque-t-elle, afin de le rassurer. Plusieurs anecdotes-issues de l’audioguide, indispensable au regard de la quasi-absence d’informations- viennent ainsi ponctuer le parcours, et permettent d’entrapercevoir l’envers du décor.

Surtout, celles-ci mettent en lumière la cohérence de l’univers, où rien ne semble être laissé au hasard. La couleur rouge de la robe de Cersei lors du mariage de son fils par exemple témoigne de l’affaiblissement de son pouvoir, et contraste avec le blanc pur de Margaery. De même, les tenues de Missandei s’adaptent à celles de sa reine, mais elle ne se départit jamais de son collier d’ancienne esclave, signe de soutien, ou de ses bottes, afin d’être toujours sur le qui-vive, prête à fuir.

Cartes, parchemins ou œufs de dragons, d’autres objets sont également de la partie, et dévoilent leur étonnant secret de conception. La main en or de Jaime Lannister est ainsi composée de caoutchouc, les crânes de dragon sont constitués de polystyrène et les pions déplacés lors des stratégies d’avant-batailles proviennent du travail des graphistes. De précieuses informations pour les fans, mais un intérêt limité pour les néophytes, qui risquent de vite se lasser durant l’heure nécessaire pour faire le tour.

A lire aussi : HBO annonce la commande d’un pilote pour un préquel de Game of Thrones

Intégrée au parcours, la boutique propose des porte-clefs à 10 euros ou des tee-shirts à 25, ainsi que des statuettes avoisinant les 100 euros. Une fois passés à la caisse pour les plus férus de la série, une autre queue débute alors dans la salle suivante pour prendre une photo sur une réplique du Trône de fer. Là encore, il faudra débourser la somme de 15 euros pour obtenir le résultat imprimé, pris par un professionnel. Mais l’addition sonne d’autant plus mal lorsque l’on s’aperçoit qu’au tournant du dernier couloir se cache une réplique identique, permettant cette fois-ci de réaliser une photo gratuitement. On se dit alors que Westeros est certes fictif, mais qu’il n’en perd pas moins le nord lorsqu’il s’agit de remplir ses poches.

« Game of Thrones, The Touring Exhibition », Parc des Expositions – Porte de Versailles pavillon 1, Paris 15e. Sur le Web : www.gameofthronesexposition.fr