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Critique – Lego Marvel Super Heroes 2 : jusqu’à la lie ?

A force d’empiler les adaptations des licences (Star Wars, Seigneur des Anneaux, Jurassic Park, DC, etc.), les jeux Lego by Traveller’s Tales ont fini par lasser les joueurs. Avec ce troisième titre Lego prenant place dans l’univers Marvel, Lego Marvel Super Heroes 2 n’est-il pas le jeu de trop ?

Lego Marvel Super Heroes 2 fait suite à Lego Marvel Super Heroes premier du nom, sorti en 2013 sur toutes les plateformes possibles et imaginables. Le jeu est à ne pas confondre avec Lego Marvel Avengers, paru en janvier 2016. Ce dernier avait déçu du fait de sa facilité déconcertante, de son manque de finition (certains bugs étaient indignes d’une version commercialisée) et son manque de nouveautés. Le titre suivait l’intrigue des films du MCU et son casting était limité aux propriétés de Disney.

A l’inverse, Lego Marvel Super Heroes n°1 avait su séduire critique et joueurs car il proposait un casting de personnage impressionnant, une histoire originale et un hub central reproduisant New York plus étoffé et varié que dans les softs Lego précédents. Il s’agit tout simplement du jeu Lego le plus vendu à ce jour. Il n’est donc pas surprenant de voir débarquer sa suite sur nos PC, PS4, Xbox One et Switch chéris. Malheureusement, il semble s’être un peu trop inspiré du mauvais grand frère.

C’est l’histoire de types…

Les jeux Lego ne brillent pas par l’originalité ou la profondeur de leur scénario. Ici, de nouveau, l’histoire n’est pas le point fort du titre. 4 ans après les événements du premier titre, Kang remplace Loki dans le rôle du grand méchant. En tant que spécialiste du voyage dans le temps, il traverse les réalités et timelines afin de conquérir le monde et de les réunir en un seul lieu : Chronopolis. Grâce à ce pitch original, différents héros se retrouvent arrachés de leur mondes respectifs et, tous ensemble, ils vont sauver leurs amis / villes / univers.

La carte du jeu exploite la subtilité classique des jeux Lego depuis quelques itérations : Chronopolis représente le hub central et est composé de 18 sous-hub. Si certains sont réussis (la cité sous-marine Lemuria, New York 2099), d’autres ne présentent aucun intérêt (Wakanda). On déplorera toutefois que les décors ne soient pas designés en Lego, comme c’est de plus en plus le cas dans les dernières itérations de la licence.

Lego Marvel

Les Gardiens de la Galaxie sont très présents dans cet opus

 

Entre briques et broc

Le principe de base des jeux Lego n’a pas évolué d’un iota : un enchaînement de niveaux linéaires jusqu’à la fin du titre, avec des personnages différents afin de “varier” le gameplay.

En fonction des capacités des petits bonhommes en plastique dont vous disposez, il faudra revenir pour débloquer tel ou tel item lors d’un second run. Cette formule, existante depuis 10 ans, n’est qu’un long et pénible exemple de durée de vie artificielle : si vous passez avec Iron Man sur une énigme réservée à Captain America, il faudra revenir.

En outre, les énigmes sont tout sauf “organiques”, il ne s’agit que de spots, où le jeu vous explique clairement que telle ou telle capacité est requise pour continuer. Les rares moments de réflexions que demandera le jeu sont en outre une insulte à l’intelligence humaine.

Dans Lego Marvel Super Heroes 2, on compte une vingtaine de niveaux à l’intérêt divers. On note bien quelques variations divertissantes dans les phases de gameplay, mais on traverse les niveaux comme Jessica Jones s’enfile son whiskey : avec dédain et sans intérêt. On voit ici le manque d’inspiration des jeux Lego face à un ténor du genre, comme le récent Super Mario Odyssey.

De manière globale, le button mashing sera votre meilleur ami : les combats n’ont aucune profondeur et la plupart des capacités spéciales des personnages se déclenchent en terrorisant le bouton Carré de votre manette (mention spéciale à Black Panther, pourvoyeur officiel de tendinites).

Si vous aimiez les phases TPS héritées de l’opus Réveil de la Force, celles-ci font leur grand retour. Elles sont absolument identiques, donc tout autant dynamiques.

Lego Marvel

Personnage exclusif au jeu, Carnom est un mélange entre Carnage et Venom

 

L’égo surdimensionné

Quant à l’humour Lego, on pouvait apprécier certains calembours de l’époque Star Wars ou Seigneur des Anneaux. Le recyclage qui est effectué depuis ferait pâlir d’envie les plus écolos d’entre nous. Lego Marvel Super Heroes 2 ne déroge pas à la règle. S’il était plaisant de voir des univers très sérieux tournés en dérision, cela marche moins bien avec des licences dont les adaptations cinématographiques comportent déjà une part importante de comique.

Ici, les blagues sont lourdes, le doublage est mauvais, et on ne pourra que soupirer lorsque l’on verra débarquer à l’écran certains personnages, dont on sait d’avance que les interventions seront dignes de filer tout droit sur Malaise TV.

 

Lego pour tous?

Les jeux Lego n’ont pas la réputation d’être compliqués. A ce titre, on ne peut que déplorer le niveau de difficulté de Lego Marvel Super Heroes 2. Les ratages viendront plus des imprécisions de gameplay et de la caméra que d’une difficulté du jeu. La darksoulisation des jeux Lego, c’est pour plus tard.

On se demande même à qui s’adresse le jeu. S’il est trop simple pour amuser un adulte, le titre est tellement rempli de mini-objectifs à garder en tête que l’on se retrouve comme un cul-de-jatte sur un trampoline. Ce n’est pas très confortable pour les plus jeunes, qui risquent de laisser tomber bien vite l’expérience.

Vous aurez l’occasion de jouer en coopération locale à la manière des anciens jeux Lego. En sus, deux modes jouables jusqu’à 4 font leur apparition : “Faute d’accord” et Capture de Pierres d’Infinité”. Le premier est un plagiat de Splatoon. Le second est quant à lui une sorte de Capture The Flag amélioré (soit vous cumulez les pierres d’infinités, soit vous utilisez leur pouvoir pour détruire vos ennemis). C’est plutôt amusant.

Lego Marvel

Le jeu est toujours parfaitement lisible

 

Lego et les couleurs…

Nous avons testé le jeu sur Playstation 4. Mis à part quelques ralentissements (qui nous font craindre le pire pour la version Switch, attendue pour le 1er décembre prochain) et du clipping, le jeu tient globalement la route. Il est plutôt joli, le chara desgin Lego fait des merveilles. La direction artistique est quant à elle inégale, mais c’est souvent le cas dans un type de jeu qui varie ses environnements aussi souvent que Taylor Swift change de boyfriend.

Mention spéciale pour le dynamisme de la caméra. Surtout dans les cutscene, où celle-ci réussit l’incroyable exploit de reproduire l’effet motion sickness de la VR, sans VR. Les angles de caméra du jeu vous permettront d’apprécier en gros plan les textures baveuses du bâtiment contre lequel vous êtes bloqué pendant que votre personnage se fera latter le latex par de vilains sbires.

Globalement, le jeu donne la désagréable impression d’être moins bien optimisé que la version présentée à la Gamescon.

Ces petits désagréments se retrouvent principalement dans la partie open world du jeu, où l’on s’amuse à collectionner les personnages et pièces. Dans la partie “aventure” du jeu, les niveaux sont généralement mieux travaillés et la caméra moins capricieuse. Des exceptions sont à noter, mais rien de catastrophique comparé aux anciens épisodes de la saga (ahh le niveau de Mustafar de Lego Star Wars…). La maniabilité des véhicules n’est toutefois pas le point fort du jeu, dont la précision se situe quelque part dans une compétition de tir à l’arc entre Stevie Wonder et Gilbert Montagné.

Enfin, le mapping des touches, usual suspect des jeux Lego, fait ici encore fureur : TTGames a jugé bon de laisser la touche triangle pour effectuer plusieurs actions : ainsi en fonction de facteurs qui nous échappent, vous ouvrirez la sélection des véhicules / personnages ou changerez d’identité (avec les personnages compatibles, comme Hulk ou spidey), c’est absolument délicieux, et jamais frustrant.

 

Lego Marvel

Hold your orgasm, le plaisir se poursuivra en DLC

 

Si les jeux Lego n’ont jamais été des cadors des jeux de plateforme, les premières itérations apportaient un vent de fraîcheur par les détournements ridicules qu’elles faisaient subir aux licences exploitées. Depuis, le vent s’est calmé, ainsi que nos ardeurs face à la licence. Quelques épisodes (notamment Lego Marvel Super Heroes premier du nom) ont réussi à faire vibrer légèrement l’encéphalogramme, mais Lego Star Wars 7 ainsi que ce Lego Marvel Super Heroes 2 nous rappellent qu’il serait temps de déclarer la mort clinique des jeux Lego à licence, à moins d’un renouvellement profond du genre.

Tout n’est pas à jeter dans ce Lego Marvel Super Heroes 2. Le titre est toutefois à réserver aux (énormes) fans de Marvel et Lego. Pour les autres, dur de ne pas souligner la fainéantise avec laquelle Traveller’s Tales traite son sujet, et donc son public.

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