Coup de tonnerre en Allemagne. Angela Merkel, la dirigeante la plus connue d’Europe a annoncé le 29 octobre 2018 qu’elle ne se représentera pas à la présidence de son parti, la CDU. Ce départ, précipité par les dernières défaites électorales dans les Länder, ouvre un nouveau chapitre à la CDU et en Allemagne.

« Ce quatrième mandat est mon dernier en tant que chancelière de la République Fédérale d’Allemagne ». Silence dans la salle. Angela Merkel qui fêtera bientôt ses treize ans au pouvoir annonce ne plus vouloir briguer de fonctions électives. L’héritière politique d’Helmut Kohl qui dirigeait son parti, l’Union chrétienne démocrate (CDU) depuis 2000 renonce à se présenter à sa propre succession et ne mènera pas campagne aux prochaines élections législatives en 2021. D’ici là, elle entend terminer son mandat de Chancelière.

© Presse- und Informationsamt der Bundesregierung - Bundesbildstelle , 2017

Angela Merkel et Helmut Kohl à Bonn en 1992

Succession de revers électoraux

À l’origine de cette annonce, une succession de revers électoraux. Le 14 octobre dernier, le parti allié à la CDU, la CSU enregistre un net recul lors des élections régionales en Bavière : avec la majorité, le parti perd 10,5 points par rapport aux résultats de 2013. Dimanche 28 octobre, c’est dans le Land de Hesse que la CDU  recule. Les 27% enregistrés par les chrétiens démocrates les placent en tête des suffrages mais ne suffisent pas à obtenir une majorité ni à enrayer la progression du parti d’extrême droite Alternative für Deutschland (AfD), désormais présent dans tous les parlements régionaux.

Des complications dans la GroKo

La CDU n’est pas la seule à avoir souffert de ces scrutins locaux. Le parti Social-démocrate (SPD) enregistre des scores parmi les plus bas de son histoire. La « GroKo », la grande coalition regroupant la CDU-CSU et le SPD à Berlin est plus que jamais fragilisée. La présidente du SPD, Andrea Nahles a même menacé de la quitter : « L’état dans lequel se trouve le gouvernement est inacceptable », renchérit-elle.

Guerre de succession à la CDU

Au sein de la CDU, la guerre est ouverte. Le prochain congrès du parti aura lieu les 6 et 7 décembre à Hambourg et déjà plusieurs personnalités ont déclaré leur candidature pour la présidence. Parmi eux, Jens Spahn, actuel ministre de la Santé et critique régulier de la chancelière. Mais aussi Annegret Kramp-Karrenbauer, dite « AKK », secrétaire générale de la CDU et protégée d’Angela Merkel.

L’année électorale s’annonce chargée en Allemagne : en 2019, en plus des européennes, quatre élections régionales auront lieu, dans la ville-État de Brême et les Länder de Brandebourg, Saxe et Thuringe.

Il reste encore quatre ans et de nombreux scrutins avant la sortie de la scène politique de celle qui a été désignée douze fois « Femme la plus puissante du monde » par Forbes et « Personne de l’année » 2015 par le magazine Times.

© Union européenne , 2015

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