Cela fait plus de 12 ans que les sœurs Halliwell ont pris leur retraite. Une nouvelle génération de sorcières prend aujourd’hui la relève dans un reboot de la série Charmed, lancé le 14 octobre à la télévision américaine. Alors, bonne ou mauvaise idée ?

C’est quoi Charmed ? À la mort de leur mère, deux sœurs découvrent coup sur coup qu’elles ont une autre sœur et que toutes les trois sont, comme leur défunte mère, des sorcières qui vont devoir lutter contre les forces de ténèbres et percer le mystère de la mort de leur mère. Mel, Macy et Maggie signent le nouveau pouvoir des trois.

Que ce soit au cinéma ou à la télévision, les reboots ne cessent de fleurir sur nos écrans ces dernières années pour le meilleur et parfois même pour le pire. Après Dynastie, Magnum, MacGyver ou encore prochainement Roswell, c’est au tour de la série américaine Charmed, qui fête d’ailleurs cette année ses 20 ans, d’être révisitée. La série originale raconte l’histoire de trois sœurs qui découvrent après le décès de leur grand-mère qu’elles descendent d’une puissante lignée de sorcières. Elles apprennent alors à maîtriser leurs pouvoirs pour combattre les démons et les forces du mal qui les attaquent sans relâche pendant huit saisons. Le point fort de Charmed repose principalement sur son casting : Holly Marie Combs (Pretty Little Liars), Alyssa Milano (Madame est servie), Shannen Doherty (Beverly Hills 90210) jusqu’à la saison 3, remplacée ensuite par Rose McGowan (Once Upon a Time), mais aussi Brian Krause et Julian McMahon (Nip/Tuck) entre autres. L’annonce du reboot par la chaîne américaine CW a été plutôt mal accueillie par les fans de la première heure, mais également les actrices, en particulier Holly Marie Combs, qui a ouvertement critiqué le projet sur son compte Twitter. On a vu pour vous le premier épisode et on vous donne notre avis.

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Dans cette nouvelle version de Charmed, les sœurs Vera succèdent à Piper, Phoebe et Prue (puis Paige). Elles ne sont en réalité que deux dans un premier temps : Mel, une étudiante féministe, homosexuelle et déterminée, très en colère depuis le tragique accident de sa mère qu’elle soupçonne d’être un meurtre, et Maggie, sa petite sœur qui entre en première année à l’université et cherche par-dessus tout à s’intégrer et à s’éloigner du domicile familial en rejoignant une sororité. Trois mois après le décès de leur mère, elles font la rencontre de Macy, une jeune scientifique qui vient d’être embauchée sur le campus et qui est en réalité leur demi-sœur dont elles ignoraient l’existence. Les pouvoirs de chacune d’entre elles, identiques à ceux des sœurs Halliwell, vont alors se déclencher : la télékinésie pour Macy, la capacité d’arrêter le temps pour Mel et la télépathie pour Maggie. C’est évidemment un choc, mais elles ont à peine le temps de réaliser ce qu’il se passe avant d’apprendre de la bouche de l’être de lumière Harry qu’elles sont des sorcières et que leur mère a été assassinée. Elles décident donc de partir à la recherche du démon responsable de sa mort.

L’intrigue de ce reboot est assez similaire à celle de la série originale, mais cela permet de garder un lien entre les deux programmes. Pour moderniser cette nouvelle version, Jennie Snyder Urman (créatrice de Jane The Virgin) a tenu à ce que son trio de sorcières en profite pour combattre le patriarcat en même temps que les démons, avec en particulier le personnage féministe de Mel. Une idée noble et judicieuse, qui aurait pu être très intéressante, si cela avait été fait de manière beaucoup plus subtile. Mel est trop caricaturale et devient rapidement imbuvable. Si seulement elle était le seul personnage stéréotypé de la famille, mais la cadette ne relève malheureusement pas le niveau. Maggie souhaite par dessus tout être populaire et rejoindre une sororité, qui est à elle seule un cliché vu et re-re-re-revu, une sororité dans laquelle on retrouve de toute évidence des jeunes filles apparemment pas très futées. Avec cette énième image dégradante des sororités américaines, la série entre presque en contradiction avec son discours féministe.

Le pilote de Charmed est plutôt expéditif et tout semble se dérouler beaucoup trop vite, mais le twist final de ce premier épisode apporte une petite touche de nouveauté par rapport à la série originale et enfin un élément intriguant en comparaison au reste de l’épisode trop prévisible. Certains apprécieront néanmoins certainement la bonne dose d’humour introduite dans la série qui apporte une certaine légèreté, mais qui peut parfois sonner un peu trop forcée. Au delà de son contenu, les effets spéciaux de Charmed laissent également à désirer, même si l’on ne s’attendait pas à quelque chose de particulièrement exceptionnel de la part de la CW. On peut aussi remarquer quelques faux raccords dès les premières minutes du programme.

Au casting, on retrouve Madeleine Manock (The Tomorrow People) , Melonie Diaz (Nip/Tuck) et Sarah Jeffery (Descendants) dans les rôles de Macy, Mel et Maggie, ainsi que Rupert Evans et Ser’Darius Blain. Aucun acteur de la série originale ne devrait apparaître dans ce reboot.

Vous l’aurez certainement compris, ce premier épisode de Charmed ne nous a pas du tout convaincus, ni encore moins charmés. Too much, bourré de clichés et pas assez moderne, malgré une volonté pourtant très peu subtile de l’être, ce reboot n’apporte finalement que très peu de nouveautés en comparaison avec son aînée. Cette version réussira peut-être à plaire au public adolescent de la chaîne américaine CW, mais il y a peu de chance pour que cela fonctionne auprès des fans du programme original. Il ne s’agit toutefois que du pilote et la saison dispose encore de dix-sept épisodes pour essayer de nous prouver le contraire.

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