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On débriefe pour vous … Animal Kingdom (TNT), braquages en famille

Injustement méconnue, Animal Kingdom entame sa troisième saison. Il est encore temps de vous plonger dans l’histoire turbulente des Cody, famille dysfonctionnelle de criminels.

C’est quoi, Animal Kingdom ? Dans le sud de la Californie, la famille Cody est menée d’une main de fer par Janine, surnommée Smurf (Ellen Barkin), qui planifie les vols et braquages commis par ses quatre fils. Lorsque son petit-fils Joshua dit J. (Finn Cole) perd sa mère suite à une overdose, Smurf l’accueille chez elle. Malgré les réticences de l’adolescent, elle ne tarde pas à l’impliquer dans le business familial. Mais confronté aux tensions qui règnent au sein du clan, J. va devoir choisir son camp. Vers qui ira sa loyauté ?

Animal Kingdom est l’adaptation d’un film australien de 2010, réalisé par David Michôd. Gros succès au box-office, salué par la critique et plusieurs fois récompensé, le long-métrage s’inspire de l’histoire vraie des Pettingill, famille de criminels de Melbourne. Associé à Michôd et au scénariste Jonathan Lisco (NYPD Blue, Southland), le producteur John Wells (Urgences, A la maison blanche, Shameless) a choisi de transposer l’histoire dans le Sud de la Californie.

Le point de départ de la série est le même que celui du film : l’arrivée de J. (interprété par l’excellent Finn Cole, alias Michael dans Peaky Blinders) au sein de la famille. Classique mais efficace, le ressort du nouveau venu perturbant un système établi permet d’introduire avec fluidité les différents personnages. Janine, alias Smurf, gère le business familial d’une main de fer : elle est aussi protectrice envers ses enfants qu’impitoyable envers ses ennemis. Autoritaire et manipulatrice, elle exerce son emprise sur ses fils et entretient avec eux une relation fusionnelle presque malsaine. Toujours à l’aise dans les rôles de femmes de caractère, Ellen Barkin est magnifique dans le rôle ; magnétique, elle vampirise chacune des scènes où elle apparaît.

Les Cody, réunis autour de Smurf, la matriarche du clan

 

Baz (Scott Speedman), le fils adoptif de Smurf, joue le rôle de leader sur le terrain, lors des vols, agressions ou braquages. Instable, le fils aîné Pope (Shawn Hatosy) vient de sortir de prison. Craig (Ben Robson), petit dealer sans envergure et Deran (Jake Weary), passionné de surf qui tente de cacher son homosexualité, complètent le portrait de famille. Tous les quatre sont partagés entre loyauté et désir d’indépendance, amour et ressentiment envers une mère intransigeante et omniprésente. Dès son arrivée, J. se retrouve emporté dans ce maelstrom familial, d’autant que Smurf compte bien l’impliquer dans les crimes et délits de la famille.

La série se déroule dans une atmosphère assez particulière : l’ambiance criminelle sombre et la tension familiale permanente sont contre-balancées par le cadre d’Oceanside, un spot lumineux à mi-chemin entre Los Angeles et San Diego. Une dualité parfaitement traduite dans le générique, au son de la chanson Welcome to the jungle, composée par Atticus Ross etTrent Reznor de Nine Inch-Nails.

Dans Animal Kingdom, l’histoire progresse chronologiquement, avec différentes trames qui s’entrelacent et courent sur le long terme. Chaque saison se focalise sur un braquage, suivi sur plusieurs épisodes culminant systématiquement sur un cliffhanger. On suit la préparation, le repérage, l’exécution détaillée de l’opération, puis ses répercussions sur chacun des personnages. Spectaculaires, les vols et braquages sont bourrés de scènes d’action et de suspense : le plan méticuleusement élaboré se heurtant toujours à des impondérables, les Cody sont obligés d’improviser – pour le meilleur et surtout pour le pire.

La police et la justice étant absentes de la série, le spectateur vit toute l’histoire du point de vue des Cody, ce qui renforce le sentiment d’immersion. Et une certaine empathie, puisque chaque personnage est aussi concerné par des problèmes personnels et / ou sentimentaux. Ainsi, J. sort avec Nicky, une adolescente perturbée, attirée par l’univers sulfureux dans lequel il évolue ; Baz a bien du mal à élever seul sa fille. Unis par le sang et le crime, les Cody sont pourtant en conflit : leur tempérament, les relations familiales dysfonctionnelles et leur relation d’amour/haine engendrent des disputes et affrontements permanents, moteur principal de l’intrigue.

C’est surtout le cas dans la deuxième saison. Si la première se centre sur l’arrivée de J. au sein du clan et son implication dans les activités criminelles, la suivante s’attache davantage à l’évolution des relations, au sein d’une famille au bord de l’implosion. Les fils tentent de rompre les ponts avec Smurf pour voler de leurs propres ailes ; celle-ci compte bien tuer dans l’œuf ces velléités indépendance en accentuant son emprise sur J. et en montant ses enfants les uns contre les autres. Par ailleurs, une vieille affaire avec un gang rival menace directement la matriarche. Enfin, les secrets de famille éclatent au grand jour, en affectant en premier lieu J. et Baz.

Cohérente dans sa progression, pleine d’action et de suspense, Animal Kingdom est globalement une très bonne série, quelque part entre Kingdom et Sons of Anarchy. Dans une certaine mesure,les réserves seront les mêmes que celles émises envers la série sur les bikers : une tendance aux clichés et à l’outrance, la tentation du sexe et de la violence gratuites, et une propension à enchaîner les situations extrêmes dans une escalade parfois redondante. Tout cela n’empêche pas de se prendre au jeu, grâce à des scènes d’action rondement menées et, en arrière-plan, les enjeux psychologiques familiaux complexes qui nourrissent l’intrigue.

Entre drame familial, thriller noir et action, portée par la géniale Ellen Barkin, Animal Kingdom se révèle vite addictive. La troisième saison, dont la diffusion vient de débuter aux États-Unis, sera sans doute déterminante : soit la série se contentera de décliner les mêmes ressorts, soit elle parviendra à se réinventer en s’affranchissant d’une mécanique certes efficace, mais limitée sur le long terme. C’est en tous cas une très bonne série ; il ne faudrait pas grand-chose pour qu’elle frôle l’excellence…

Animal Kingdom (TNT)
2 saisons – 20 épisodes de 50 ‘ environ.
Saison 3 diffusée aux États-Unis depuis le 29 Mai.

About author

Traductrice et chroniqueuse, fille spirituelle de Tony Soprano et de Gemma Teller, Fanny Lombard Allegra a développé une addiction quasi-pathologique aux séries. Maîtrisant le maniement du glaive (grâce à Rome), capable de diagnostiquer un lupus (merci Dr House) et de combattre toutes les créatures surnaturelles (vive les frères Winchester), elle n'a toujours rien compris à la fin de Lost et souffre d'un syndrome de stress post-Breaking Bad
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