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Paris, une capitale de moins en moins active

La Ville Lumière s’éteint peu à peu. Au fil des années, Paris a perdu de son dynamisme, principalement la nuit, en dépit des autres capitales européennes, comme Londres ou Bruxelles. Fermeture des magasins dès 21 heures, extinction des illuminations des monuments, font de Paris une ville qui vit de moins en moins la nuit.

A partir de 21 heures, la capitale devient une ville comme les autres. Le soir, acheter des aliments, des médicaments ou des cigarettes, prendre un taxi ou, pour les fêtards, trouver un endroit ouvert après 2 heures sont devenus des actes de plus en plus difficiles. Le constat est indéniable et la liste des réclamations des parisiens est longue.

Malgré la pratique de prix plus élevés, les épiceries ont remplacé ces dernières années les enseignes commerciales comme Monoprix et Franprix. Cette question est plus actuelle que jamais depuis la fermeture à 21 heures des enseignes qui fournissent des produits nécessaires au quotidien (aliments et boissons, produits hygiéniques, tabac, etc.).

Alors, la réputation de Paris comme capitale des fêtards avec des discothèques, restaurants et bars de nuit n’est sûrement qu’un lointain souvenir des anciennes générations. «  Essayez de trouver un taxi à Paris le vendredi ou le samedi soir et la prochaine fois vous resterez chez vous », a reproché Valentine, une fêtarde contrariée. Mais pour Kendrick, un jeune étudiant, le constat est le même. « Moi qui sillonne Paris la nuit en Vélib’, je trouve que la ville s’assombrit. La tour Eiffel ne brille plus autant et les éclairages des rues s’éteignent de plus en plus tôt… même si c’est pour la bonne cause.», a-t-il déploré.

Laisser ouvert ou fermer, voilà le dilemme auquel est confrontée la Préfecture de Police qui doit arbitrer les autorisations d’ouvertures des enseignes et établissements nocturnes, au-delà de 2 heures. « Depuis deux ans, il y a une légère augmentation de fermetures, pour nuisances sonores, travail illégal ou trouble à l’ordre public : rixes, violences, etc. », reconnaît-on au cabinet du préfet, tout en insistant sur la difficulté de « cette activité de régulation ». Trouver un juste équilibre entre les fêtards, les riverains et les professionnels est devenu le principal casse-tête pour la préfecture.

« Paris est une ville de vieux et de riches, a estimé Alberto Toscano, journaliste et écrivain italien, installé dans Ve arrondissement depuis trente ans. Il n’y a plus de classe moyenne, elle a été éjectée à cause du prix des logements. Et il n’y a pas de jeunes. Les seuls qu’on croise, ce sont les jeunes de banlieue, le samedi soir, aux Champs-Elysées ».

Le problème s’invite dans la campagne des municipales

A la Mairie de Paris, l’adjoint de Bertrand Delanoë, chargé du dossier, Philippe Ducloux, minimise le problème. « Paris compte plus d’un millier d’établissements avec autorisation d’ouverture tardive. Ce chiffre illustre le dynamisme de la vie nocturne de la capitale. Le problème de Paris, c’est sa très grande densité. Les établissements de nuit sont toujours entourés de riverains. Il y a sans doute des solutions à trouver au-delà du périphérique…», a-t-il déclaré.

Le sujet controverse s’est même invité dans la campagne des municipales de mars prochain. Pour la première adjointe du maire de Paris et candidate socialiste, Anne Hidalgo, « Paris est une ville qui vit la nuit, qui a repris un rôle » par rapport aux autres capitales européennes. « C’est un peu excessif. Nous avions effectué, il y a quelques années, tout un travail sur la dynamisation de la nuit dans la capitale », a-t-elle déclaré ce vendredi matin au micro de RTL.

Cependant, Anne Hidalgo ne se montre pas inflexible aux ouvertures tardives ou au travail dominical. Pour la candidate PS, la décision de fermer les magasins Sephora ou Monoprix à 21 heures est « ni bien ni mal ». « C’est la loi, qui prévoit un certain nombre de protections pour les salariés, a-t-elle déclaré. Cependant, quand ils ont envie de travailler et quand il y a des conditions pour le faire, cela peut se justifier, tout comme pour des activités essentielles ». Alors qu’Anne Hidalgo a affirmé qu’elle voudrait un adjoint chargé de la nuit en cas de victoire, son adversaire Nathalie Kosciusko-Morizet a, quant à elle, promis de transformer les stations de métro désaffectées en lieux festifs.

Pensez-vous que « Paris la nuit, c’est fini », comme chantait Manu Chao en 1988 ?

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