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Rencontre avec Jean-François Legaret, prétendant à la mairie de Paris

Jean-François Legaret, maire du 1er arrondissement depuis 2000 et candidat à la primaire de la droite à Paris, a accepté de nous rencontrer pour évoquer son programme pour Paris, pour les jeunes et son soutien au collectif de la Manif pour Tous.

Il dresse un portrait au vitriol de la politique menée depuis douze années par Bertrand Delanoë et Anne Hidalgo. Il appelle les jeunes à s’engager à ses cotés et pour les municipales à Paris. 

Pourquoi êtes-vous candidat à l’investiture UMP à la Mairie de Paris ?

Avant de parler de ma candidature, je crois que nous avons une chance très sérieuse de gagner cette élection municipale. Alors, à plusieurs conditions, la première c’est de se mobiliser, la deuxième c’est de faire l’union de la droite républicaine et du centre et la troisième c’est d’avoir des propositions qui soient une alternative crédible, sérieuse à la politique qui a été pratiquée à Paris depuis 2001. Si je suis candidat c’est que je pense que j’ai un rôle à jouer sur ses différents critères. Je me bats, je suis le président du principal groupe d’opposition au Conseil de Paris, j’ai de l’énergie, des propositions à faire et je pense être utile dans cette campagne. Deuxièmement, j’ai toujours défendu une union solide entre l’UMP et ses différents partenaires du centre et je suis convaincu qu’on ne pourra reconquérir Paris que si on n’y parvient. Aujourd’hui, il n’y a pas de drame entre le groupe UMP et le groupe UDI mais on a encore plus à faire. Je pense que si cette primaire avait été une primaire encore plus ouverte, elle avait une plus grande signification. Dernier point, on va effectivement se battre sur des propositions.

Pour l’instant, j’ai travaillé sur un programme, qui est détaillé, crédible, chiffré, que l’on peut mettre en œuvre. Mais ce n’est pas un programme définitif, nous ne sommes qu’à un peu moins d’un an des élections municipales. Ce programme il va falloir le développer, le discuter, l’étayer, le concerter avec les parisiens dans les vingt arrondissements.

Ces primaires sont un tour de chauffe des élections municipales, ça crée de la réflexion, cela pousse tous les candidats à la primaire à formaliser leurs propositions, ça rassemble, ça crée une dynamique de chacun des candidats dans tout Paris et que c’est de bonne augure pour lancer la campagne des municipales.

Vous vous êtes qualifié comme « le candidat de la parole donnée ». Par quels biais voulez-vous donner cette parole aux parisiens ?

C’est une formule qui m’est venue spontanément. J’ai dit « Je serai le maire de la parole donnée ». C’est une formule qui a un double sens. La parole donnée c’est celle que l’on respecte, je suis un homme de parole en tant que maire du 1er arrondissement et dans mes engagements politiques je n’ai jamais trahi mes engagements j’ai toujours été un homme de loyauté à ses convictions et aux hommes et aux femmes qui ont mené des combats avec moi.

Mais la parole donnée c’est aussi la parole que l’on donne aux parisiens. De ce point de vue là, le bilan de Bertrand Delanoë est un bilan très contestable. D’abord parce que la loi est ainsi faite qu’elle permet et qu’elle encourage le référendum local et qu’il y a eu beaucoup de référendums locaux dans les villes de France. Il n’y en a jamais eu à Paris, jamais. Je demande déjà que l’on utilise cette possibilité légale d’organisation d’un référendum local à Paris. Je vois déjà deux sujets importants. La police municipale, qui est une question qui doit être arbitrée par le référendum local et le péage ou en tout cas les solutions qui permettent d’éviter la circulation de transit dans Paris. Le péage n’étant pas la seule solution, l’éco-pass en est une autre mais en tout cas la question posée est que depuis que Delanoë est maire la situation s’est dégradée. C’est un échec complet car c’est plus d’embouteillages et une qualité de l’air qui s’est dégradée.

On ferait chaque année un référendum local à Paris ce serait une bonne règle. On a fait jusqu’à présent des votations qui sont l’initiative d’élus ou d’associations et qui sont cantonnées à un arrondissement. La loi est ainsi que le référendum local s’applique obligatoirement à l’ensemble de la commune. Le référendum doit donc être posé sur un sujet qui concerne tous les arrondissements de Paris.

Quel regard portez-vous sur cette primaire qui a l’air d’être boudée par les parisiens, au vue de la faible mobilisation ?

Je regrette et je constate que la mobilisation n’est pas suffisante et qu’elle n’est pas significative. J’ai été, depuis longtemps, un ardent défenseur des primaires. Je me bats depuis des années pour l’organisation d’une primaire à Paris. J’avais fait une note que j’ai remise à François Fillon, à Jean-François Copé et à Philippe Goujon, il y a déjà quelques mois, pour leur dire que je souhaitais une primaire ouverte. Je m’accommode en tant que candidat à des conditions qui ont été imposées mais je pense que la primaire est un exercice indispensable et j’avais même souhaité qu’il y ait une consultation, organisée dans les arrondissements. Car à Paris, il n’y a pas qu’une élection municipale, il y a vingt élections qui se déroulent le même jour, chaque élection dans chaque arrondissement est importante, et il y a vingt clés pour définir la complexe équation politique qui permet de gagner à Paris. Je pense qu’aucun candidat ne peut s’auto-proclamer dans aucun arrondissement de Paris, mais c’est compliqué, vous voyez bien qu’une primaire à Paris cela a un coût, c’est lourd, on peut difficilement imaginer d’organiser 20 primaires à Paris et puis c’est vrai que les candidats maires UMP sortants considèrent qu’ils sont légitimement des candidats naturels à leur propre ré-élection, quand ils ont la volonté de se représenter, j’admets tout cela. Mais dans les arrondissements d’opposition où il peut y avoir des rivalités ou en tout cas des candidatures multiples, je souhaite que la désignation ne soit pas faite par les états-majors. Je souhaite que les militants et les sympathisants qui veulent et qui souhaitent se faire entendre soient entendus.

Nathalie Kosciusko-Morizet a proposé des primaires papiers au vue de la faible mobilisation, alors qu’elle avait justement réclamé que ces primaires soient faites par Internet, (êtes vous) favorable à cette proposition de dernière minute de NKM ?

Je pense qu’on ne peut pas changer les règles du jeu en cours de partie. Les inscriptions sont déjà parties, et je regrette le faible nombre mais il y a encore un peu plus de 15 jours, utilisons tous les quarts d’heure disponible jusqu’à la clôture du 28 mai, 19h. Je me bats beaucoup pour défendre ma candidature mais aussi pour inciter les parisiens à s’inscrire.

Il sort un papier sous forme de carte de visite avec au recto sa candidature et au verso les modalités de vote afin d’expliquer aux parisiens comment voter.

Je crois qu’il y a beaucoup de pédagogie à faire, c’est vrai que nous sommes peu aidés par les médias. Quand on demande de faire passer ces messages sur les médias, ils disent que ce n’est pas leur rôle que de faire connaître les règles de vote des primaires d’un parti politique, ce à quoi je réplique que ces primaires ne sont plus les primaires de l’UMP, elles sont des primaires ouvertes et s’adressent à tous les parisiens d’ailleurs, le conseil d’organisation des primaires n’est plus une émanation directe de l’UMP. Donc je réfute cet argument de message militant au bénéfice d’un parti politique, je pense que le jeu des primaires ouvertes c’est de faire participer le plus grand nombre et j’essaye de m’appliquer à suivre attentivement les recommandations qui sont inscrites derrière cette petite carte en disant bien que cette primaire est ouverte à tous les parisiens. La première question que l’on me pose c’est « est-ce qu’on peut voter même si on n’est pas membre de l’UMP ? » Oui, bien sûr, tout électeur parisien inscrit sur les listes électorales à Paris au 31 décembre 2012 ! il faut s’inscrire sur le site http://www.primaireparis.fr/ avant le 28 mai 19h et régler 3€ par carte bancaire.

C’est important de marteler, de répéter, je m’y emploie plusieurs fois par jour. Il y a un gros déficit d’information et de pédagogie.

Quel regard portez-vous sur le bilan de Bertrand Delanoë ainsi que sur sa première adjointe, Anne Hidalgo désignée candidate PS pour 2014 ?

C’est le même bilan pour l’un et pour l’autre. Anne Hidalgo ne peut pas prétendre se différencier. Elle est 1ère adjointe sans discontinuer depuis 2001. Elle est adjointe chargée de l’urbanisme donc de tous les échecs de Bertrand Delanoë son principal échec c’est le logement et vous savez que c’est la principale revendication des parisiens. Non seulement, ce bilan est un bilan négatif car il a très peu construit, beaucoup moins que ces prédécesseurs contrairement à ce qu’il a prétendu. Il a en quelque sorte transformer des logements existants qui avaient été réalisés avant son élection pour faire du clientélisme, tout ça est quand même extrêmement médiocre et sur le bilan et sur le comportement.

Je compte critiquer naturellement, fortement ce bilan mais je compte également proposer. Dans mon programme de maire de Paris, dans mes actions, je ferai de cette question du logement la première des priorités et je doterai cette nécessité de logements des moyens budgétaires nécessaires. Beaucoup de parisiens n’arrivent plus à se loger à Paris, c’est un sacrifice, une épreuve, ceux qui veulent absolument se battre pour pouvoir se loger à Paris sont obligés de sacrifier beaucoup de choses, c’est la qualité de vie qui se détériore car on n’a pas su répondre à cette question.

Un de vos concurrents, Pierre-Yves Bournazel est accusé d’utiliser les moyens du parti pour faire campagne, notamment son local de campagne serait payé par l’UMP, avez-vous une réaction particulière sur ce sujet ?

Moi, je ne connais pas la situation précise de la permanence, je pense que s’il y a inégalité de traitement il faut effectivement que l’UMP y réponde. Moi je ne sais rien. Je n’ai pas les moyens et je n’ai pas vraiment le temps en ce moment de mener une enquête, on est dans une opération de campagne qui mobilise tous mes instants mais si la question est posée, il appartient à l’UMP d’y répondre en toute sincérité, en toute franchise. Et j’attends de l’UMP que l’égalité de traitement entre tous les candidats soient établie. Je vais demander que ce soit naturellement le cas s’il y a les moindres soupçons. Vous savez que le conseil des primaires se réunit toutes les semaines, j’ai mon représentant, mon directeur de campagne Marc Mutti, qui me représente, il faut que ces questions si elles sont posées, reçoivent des réponses.

Quelles sont vos propositions concrètes pour les jeunes ?

Le logement ! On en revient à la même réalité, le logement étudiant est vraiment une très grande difficulté. À Paris, les efforts sont très insuffisants. Comme maire du 1er arrondissement j’ai proposé au maire de Paris dans une opération de logements dans le cadre de la Samaritaine de consacrer 10% des logements aux étudiants en me fondant sur un argument qui est que dans le 1er arrondissement il y a une université l’École du Louvre. La réponse qui m’a été faite officiellement par le maire de Paris c’est qu’il y aurait 0 logement étudiant dans le 1er arrondissement parce qu’il n’y avait pas de besoin. Voilà l’attitude à laquelle je me suis heurté et voilà ce qu’il faut changer.

Je compte mettre en place des programmes importants de création de logements à Paris et dans ces créations de logements, il y aura 10% des logements qui seront réservés aux étudiants. Vous savez Paris son rayonnement international est dû à la présence des étudiants. Regardez la place mythique et historique du Quartier latin, telle qu’on l’a connu, quand j’étais moi-même étudiant, tout cela a disparu et vous voyez bien qu’aujourd’hui beaucoup de jeunes partent à l’étranger pour faire leurs études et ensuite y restent. Il y a toute une richesse intellectuelle, de dynamisme, de créativité, qui échappe à Paris et qui échappe même à la France parce que la tendance lourde s’opère dès le moment où l’on fait des études. Faire des études à Paris aujourd’hui c’est de plus en plus difficile, cela fait moins rêver les jeunes, il faut les inciter, il faut que Paris soit attractive et pour ça il y a un très gros effort à faire qui n’a absolument pas été fait.

Concernant les jeunes, qu’est-ce que vous proposez en matière d’attractivité et de vie nocturne pour la capitale ?

Je pense que Paris a un peu perdu de son image de ville lumière et ville vivant 24H sur 24.

Aujourd’hui, en dehors de quelques quartiers où la vie de nuit est devenue extrêmement médiocre, je pense que c’est une image culturelle, c’est une part du rayonnement de Paris qui n’est pas à la hauteur des ambitions. Delanoë a beaucoup investi dans de grandes opérations très médiatisées, mais qui n’ont pas atteint leurs objectifs. Regardez ce que l’on a investi dans le 104, dans la Gaité lyrique, dans le Louxor. Ce sont de belles opérations mais cela a quand même coûté extrêmement cher.

On investit beaucoup d’argent public et le retour sur investissement est très faible.

Êtes-vous favorable à l’ouverture des métros, sur toutes les lignes, toute la nuit, les vendredi et samedi soirs ainsi que les veilles de jours fériés ?

J’y suis favorable mais honnêtement on n’a pas les moyens de le faire. Donc je pense qu’il y a peut-être sur certaines lignes des expérimentations qui pourraient être tentées mais aujourd’hui, dans l’état actuel de nos finances c’est hors de portée.

Êtes-vous favorable à l’institution d’un adjoint au Maire de Paris chargé de la vie nocturne, comme l’a évoqué un think tank de jeunes plutôt classé à gauche ? (Adjoint qui s’occuperait à la fois des nuisances, de la fête, des bars, des boites de nuit etc…)

C’est une idée un peu folklo et puis moi j’avouerai que je travaille surtout la journée alors si lui travaille la nuit, quand est-ce que je le verrai ? (Rires). J’ai besoin de voir mes adjoints …

Votre participation continue et active à la « Manif pour Tous » ne risque-t-elle pas de vous desservir dans l’électorat des jeunes (18-30 ans) ? Votre image ne sera-t-elle pas trop marquée à droite pour une ville comme Paris et pour rassembler tous les parisiens ?

Le combat des manifestants contre le mariage [homosexuel] n’est un combat ni de droite ni de gauche. Il rassemble beaucoup de gens qui ne sont pas contre l’union homosexuelle. J’ai défendu très ardemment le contrat d’union civile, je regrette que cette réforme n’ait pas été faite. Je pense que le PACS était une base qui doit être renforcé et je suis contre l’usage du mot mariage. Je pense que le mariage est un terme qui a un caractère sacré pour toutes les religions. C’est une erreur de l’avoir fait figurer dans cette loi et je suis surtout contre tout ce qui concerne la filiation et ultérieurement la procréation.

Ce sont des raisons suffisantes, ce sont des convictions profondes et je me battrai. La France est coupée en deux avec cette loi et je ne vois pas la solution. Seul le référendum permettrait de réconcilier la France divorcée et je regrette fort qu’on ait écarté cette solution.

J’ai, d’ailleurs, la conviction que même si cette loi est promulguée et appliquée, la fracture restera et il faudra tôt ou tard faire un référendum en faisant évoluer cette loi pour réconcilier la France. Ce n’est pas un problème parisien, ce n’est pas un problème partisan, c’est un problème de conviction. Moi, j’ai des convictions, je continuerai à les défendre.

Et est-ce qu’en tant que maire du 1er arrondissement vous marierez des couples homosexuels ?

Je l’ai déjà dit. Je suis républicain. Si cette loi est votée je l’appliquerai.

Pour rassembler les jeunes parisiens, quels sont vos points forts ?

D’abord, faire confiance aux jeunes. J’ai toujours eu la chance dans ma vie politique d’être entouré de jeunes. Je les ai accompagnés, ils m’ont accompagné, donc j’ai un vrai partenariat et je compte beaucoup sur les jeunes. J’ai besoin de leur présence, de leurs initiatives, de leur énergie, de leurs idées et j’ai un engagement fort : je me battrai pour faire aboutir les propositions des jeunes car quand on fait de la politique il faut penser naturellement aux propositions que l’on a à faire mais il y a une préoccupation qui doit être toujours extrêmement présente : c’est préparer l’avenir, cela a toujours été pour moi un élément très important de mes engagements politiques. Et en tant que maire de Paris je m’y emploierai tous les jours.

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