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«Terra», l’art de renouer avec la vie

«Terra» raconte avant tout son histoire. Amoureux de la Planète Bleue, le photographe Yann Arthus-Bertrand, ambassadeur du programme des Nations Unies pour l’Environnement, et le réalisateur Michaël Pitiot mettent en image la formidable épopée du vivant. Ce monde du sauvage qui émerveille, fascine, intrigue. Celle d’un univers nourrissant les fantasmes. Mais «Terra» est aussi un véritable essai.

Notre planète est sensible, fragile et exposée à la créativité humaine. Une créativité qui peut lui être profitable sans doute. Mais lorsque celle-ci se transpose en marchandisation de toute vie, lorsqu’elle en oublie que le sauvage fait partie intégrante de notre nature, elle expose cet intime équilibre à la destruction. Yann Arthus Bertrand voit, écoute, comprend, et propose de renouer avec ce monde du vivant.

«Terra» est un documentaire orienté, aux messages et aux intentions très clairs. A l’aide d’images soigneusement sélectionnées pour captiver l’attention de son spectateur, mais aussi de chiffres et statistiques coup de poing et d’une musique attendrissante, «Terra» met l’homme face à ses responsabilités et aux contradictions du monde capitaliste. Impossible de rester de marbre. Les plans sont grandioses et éloquents. Au choc des images s’ajoute le poids des mots de la narration, sur un ton captivant, régulier et doux, prononcée par Vanessa Paradis.

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Exposant d’un côté la majestuosité de notre monde, Yann lui oppose le caractère anxiogène de la perpétuelle course au profit et de la croissance. De l’expression même de la vie, traduite par des séquences féériques et innocentes, le contraste est lourd avec cette invitation à ouvrir les yeux sur cette vision de la mondialisation échouée. « Comment ne pas craindre qu’après les animaux, les plantes, les autres vivants, le prochain sur la liste ne soit pas l’Homme lui même ? »

D’une main, l’homme détruit. De l’autre, il répare.

«Terra» s’inscrit donc comme un film qui se regarde, s’écoute et surtout qui se médite. L’essai documentaire ne se résume pas qu’à opposer l’Homme à la Vie. Le message écologiste pose des problématiques saisissantes, insiste sur l’aspect dramatique et presque irréversible de la situation mais y apporte un message d’espoir. Après tout, pourquoi l’homme ne serait-il pas capable de renaitre de ses cendres ?

Mais l’homme n’a aucun pouvoir discrétionnaire sur la nature. C’est bien l’homme qui depuis des années s’essaie à reculer les limites de la mort, cette fatalité qui l’effraie tant. Comment peut-on vouloir réformer ce déséquilibre alors que nous en sommes les responsables ? Le caractère moralisateur de «Terra» est trop idéaliste. Suggérer de renouer avec son âme d’enfant, et cette partie du sauvage qui est en nous, c’est une belle chose. Mais comment faire lorsqu’on ne nous laisse entendre que des questionnements à chaque nouvelle réponse ? Ce n’est sûrement pas simple.

Alors, «Terra», malgré certaines zones d’ombres indécises, est un excellent documentaire, aussi alarmant qu’éblouissant, au message honnête et crucial qui, s’il arrive à faire changer les comportements ne serait-ce que d’un pour cent des personnes l’ayant visionné, aura amplement réussit son pari.


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