Le Musée des Merveilles présenté au dernier Festival de Cannes sort sur les écrans le 15 novembre. La visite guidée signée Todd Haynes vaut t-elle le détour ?

Mais c’est quoi déjà… Le Musée des Merveilles ? Sur deux époques distinctes, les parcours de Ben et Rose. Ces deux enfants souhaitent secrètement que leur vie soit différente ; Ben rêve du père qu’il n’a jamais connu, tandis que Rose, isolée par sa surdité, se passionne pour la carrière d’une mystérieuse actrice. Lorsque Ben découvre dans les affaires de sa mère l’indice qui pourrait le conduire à son père et que Rose apprend que son idole sera bientôt sur scène, les deux enfants se lancent dans une quête à la symétrie fascinante qui va les mener à New York. 

Les 3 raisons pour aller voir Le Musée des Merveilles :

Raison N° 1 : Pour sa mise en scène

Pour son nouveau film, Le Musée des Merveilles, Todd Haynes délaisse l’univers féminin et élégant de Carol son précédent film pour proposer une odyssée touchante et sensible qui interroge avec acuité l’enfance, ses tourments et ses doutes. Toujours aussi belle, sa réalisation permet une immersion totale du spectateur dans son récit à deux lignes temporelles distinctes. Sophistiqué, son récit ne serait qu’un artifice sans une mise en scène éthérée et une vraie proposition de cinéma. Un cinéma coloré, sonore et bigarré pour la partie se déroulant dans les années 70 et un cinéma en noir et blanc et muet pour celle ayant lieu dans les années 20. Ce choix artistique assumé est d’une pertinence incroyable, les deux parties se répondant au fur et à mesure pour bien caractériser le handicap dont souffrent les deux jeunes enfants. Les choix opérés par le réalisateur, tout le travail visuel et le sound design ainsi que tous les partis pris esthétiques confère au film une force peu commune jusqu’à sa surprenante et bouleversante issue.

Raison N° 2 : Pour sa délicatesse

L’immersion totale dans l’univers de ces enfants, dans le ressenti de leur handicap et dans la manière dont ils appréhendent le monde est littéralement bluffante. Sans verser dans le pathos, avec une subtilité et une dignité profondes, Todd Haynes nous offre un grand spectacle intense et émouvant. L’intelligence du scénario (adapté d’un roman graphique de Brian Selznick auteur de Hugo Cabret porté au cinéma par Martin Scorsese en 2011) combiné à ce récit au romanesque échevelé, que la musique de Carter Burwell porte à ébullition permet un fort investissement émotionnel. La délicatesse infinie de Todd Haynes pour traiter son histoire et l’évolution de ses personnages fera craquer les plus rétifs aux émotions pures.

Raison N° 3 : Pour son interprétation

C’est beau lorsqu’un film parvient à mixer ses ambitions narratives et esthétiques et que les comédiens choisis pour y évoluer soient à ce point en phase avec le projet. Si l’on retrouve des comédiennes aguerries (Julianne Moore fidèle de Todd Haynes, Michelle Williams…) qui savent manier l’art de la subtilité et de l’empathie, ce sont les deux jeunes interprètes de Ben et de Rose (Oakes Fegley et Millicent Simmonds) qui emportent le film sur des sommets. Magnifiques de bout en bout les deux jeunes comédiens trouvent les nuances adéquates pour nous toucher. La variété de leurs expressions, la puissance dramatique de leur jeu, leur capacité à nous emmener dans leur sillage sans jamais céder au cabotinage, tout cela force l’admiration. Si l’on ajoute le jeune Jaden Michael (Jamie) autre jeune comédien essentiel au récit, le soin apporté à la distribution et l’interprétation haut de gamme qui est proposée apportent au Musée des Merveilles un magistral supplément d’âme.

D’une délicatesse infinie, une magnifique et touchante odyssée ! Quand on entre dans on en ressort totalement séduit!

Le Musée des Merveilles de Todd Haynes – En salles le 15 novembre 2017

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