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Billet : Bas le masque !

Le manque de transparence du masque gouvernemental est en fait opaque. Il ne laisse rien paraître. Ce sont pourtant eux, les différents acteurs de la vie politique qui érigent notre société par la parole, la même qui nous permet de les remettre en cause. Encore faut-il se pencher sur le fond du discours pour y décortiquer certaines aberrations et s’exfiltrer du malin piège sophiste que l’éloquence de nos gouvernants nous tendent. D’euphémismes à affirmations mensongères, fine est la frontière. Car une vérité déguisée n’a rien à voir avec un discours dénué de bon sens. Naît alors du ressentiment, de la méfiance. Retour sur ces imprécisions, et manipulations de langage couvrant le scandale des masques.

Analyse du discours d’Edouard Philippe

J’ai été frappé Mesdames et Messieurs les députés par le nombre de commentateurs ayant une vision parfaitement claire de ce qu’il aurait fallu faire selon eux à chaque instant.

La modernité les a souvent fait passer du café du commerce à certains plateaux de télévision. Les courbes d’audience y gagnent ce que la convivialité du bistrot y perd. Et je ne crois pas que cela grandisse le débat public.

Edouard Philippe, Assemblée Nationale le 28 avril 2020

Difficile d’entamer une critique lorsque celle-ci est révoquée en amorce de discours. J’ai certainement l’allure d’un commentateur rageux convoitant les plateaux télés ? Ou peut-être le profil d’un pilier de bar ? Mais la critique et le contre-sens ont encore leur place dans le débat public. A condition qu’elles soient fondées factuellement et méthodiquement. Ce que fait Edouard Philippe ici, porte un nom en réthorique : “empoisonner le puit“. Pour éviter toute contradiction, quoi d’autre sinon discréditer celui qu’on craint ? D’un regard éclairé il s’agit donc de contourner cet argument insidieux, pour y dégager la l’appréhension du Premier Ministre.

Edouard Philippe ou la logique d’argumentation fallacieuse

Lorsque la crise a commencé, nous disposions d’un stock important de masques chirurgicaux […] Notre système hospitalier a tenu. Au prix d’une fatigue bien compréhensible des femmes et des hommes.

La réalité est plus sombre qu’une simple fatigue : plusieurs milliers de soignants ont été contaminé au Covid-19. Pas loin de 30 d’entre eux sont décédés des suites du virus. “Le prix de cette fatigue bien compréhensible” est une bien belle phrase pour témoigner d’une flatterie et s’approprier l’approbation directe du corps soignant. Ramener le prix payé par ces hommes et femmes à de la simple fatigue constitue pas moins une omission volontaire. Le chef du gouvernement n’est pas sans savoir qu’il a sa part de responsabilité.

Dès 2018, l’agence Santé publique France a alerté le ministère de la Santé sur l’état catastrophique du stock de masques. En Juin 2019, l’agence formule une demande, afin de procéder à la reconstitution des stocks. Le Gouvernement ignore cette demande. Voilà la triste réalité que l’exécutif tente de dissimuler. Ayons le courage d’appeler les choses par leur nom : nous sommes confrontés à un mensonge d’État. Face aux représentants de la nation, dans l’hémicycle qui n’est autre que symbole de la démocratie, Edouard Philippe a cultivé l’art du sophisme et du discours mensonger.

Faute grave.

A lire aussi : Coronavirus : Oui le port du masque est efficace

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