Que pensent les jeunes du mouvement de protestation dans les universités ? Alors que la Commune Libre de Tolbiac a été expulsé des locaux de Paris 1 aux aurores, il semble que tous les étudiants ne soient pas d’accord avec la lutte et les blocages menés contre la réforme de l’enseignement supérieur et secondaire.

« Pas étonnant qu’ils aient évacué Tolbiac. C’était prévu, ça devait arriver à un moment ou un autre. » Simon l’atteste, il n’est pas étonné de la fin du blocage de l’université Paris 1, au sud-est de la ville. Et cette résignation  sonne comme un aveu de réalité devant un mouvement qui fait beaucoup de bruit, mais qui peine à séduire les jeunes.

Les sondages défavorables

Si les jeunes comprennent les enjeux, beaucoup n’approuvent pas la méthode employée. Depuis le délogement violent des étudiants de la faculté de Montpellier, le vent de la contestation s’est levé sur la France. Dans un sondage réalisé par Diplomeo auprès de 1024 personnes âgées de 16 à 25 ans, 8 jeunes sur 10 disent connaitre les raisons des mécontentements. Cela peut paraître rassurant, mais les convaincus chutent fortement dès qu’il s’agit d’approuver les opérations de lutte mises en place.
Sur ce même panel, 1 personne sur 2 seulement trouve les blocages justifiés. Le chiffre monte à 66% lorsqu’il s’agit d’affirmer que la mobilisation va beaucoup trop loin.

L’étape des partiels

Mais ce qui a définitivement sonné le glas du soutien étudiant envers les chefs de lutte : c’est le blocage des partiels à Nanterre. En début de semaine, 1 étudiant sur 3 a eu des problèmes pour entrer dans son établissement. 1 sur 5 a été témoin de débordement. Cette énième escalade a définitivement divisé les étudiants.
« Déjà sur le principe même je suis pour le principe de sélection dans les universités. Ça me paraît d’une logique incroyable » nous explique Pierre, qui continue : « mais alors bloquer les lieux, empêcher la majorité de bosser, et en plus demander d’avoir la moyenne… Je trouve ça d’un ridicule incroyable. » Il conclut : « je ne parle même pas des dégradations »
Le coût du blocus de Tolbiac, par exemple, avoisine déjà les centaines de milliers d’euros. A l’heure actuelle, et alors que Sciences-po Paris est de nouveau occupé, quatre facultés restent bloquées en France.

 

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