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Exclu : Jean Michel Aphatie : La pire langue de bois que j’ai connue dans la vie politique française (..) c’est Michèle Alliot-Marie

Jean Michel Aphatie est l’un des spécialistes de l’interview politique en France. Depuis septembre, il officie sur Franceinfo et sur France 5 dans l’émission C l’hebdo. Il sort son prochain livre “On prend (presque) les mêmes et on recommence…Qui sera le meilleur menteur en 2017?” aux éditions Flammarion. Il s’est entretenu au micro de Saad Merzak dans Tout Pour Réussir.

Ecoutez l’interview:

Radio VL: – C’est quoi selon vous la bonne recette d’une interview politique réussie?

J-M Aphathie: – Pour dire les choses simplement c’est l’interview où l’on n’entend pas le journaliste. Parce que ça veut dire que les réponses ont été apportées aux questions posées. Du coup il n’y a pas besoin de relances, il n’y a pas besoin d’interruptions, il n’y a pas besoin de.. Une bonne interview c’est celle où l’invité fait ce qu’il doit faire: répondre aux questions!

Alors justement à 8h35, vous êtes face à Jean Jacques Bourdin qui est votre concurrent à ce moment là. Que pensez-vous de lui en tant qu’intervieweur politique?

Il a un style, il a des qualités, il connait son métier, il travaille… Voilà, c’est un bon intervieweur.

“La pire langue de bois que j’ai connue dans la vie politique française (..) c’est Michèle Alliot-Marie”

Dans toute votre carrière, quel politique a été votre meilleur client en interview? Celui qui a été le pire client?

Le meilleur client j’aurais du mal parce qu’il y a des séquences d’actualité qui sont fortes, c’est pas tellement les individus qui sont bons. Il y a des séquences d’actualité, des moments où les gens tombent pile au bon endroit. Donc ça c’est très excitant à faire. Du coup il y en a beaucoup, là c’est pas…

Le pire, la pire langue de bois que j’ai connue dans la vie politique française -mais il n’y a pas d’enjeu énorme- c’est Michèle Alliot-Marie qui a été sans doute.. Qui a eu de très gros ministères dans la période 2000-2012 et qui a été une cliente épouvantable parce qu’elle ne répondait à aucune question. Ce qui est toujours agaçant.

Sinon vous avez regardé l’émission politique avec David Pujadas et Léa Salamé? Et vous en avez pensé quoi?

C’est une émission assez classique. Pas très novatrice au fond. Parce que c’est difficile de faire autre chose quand on fait une émission politique que de poser des questions à un homme politique. On cherche beaucoup d’artifices, de mise en scène pour faire quelque chose qui est assez simple. Une émission politique c’est deux fauteuils, deux personnes face à face et un dialogue, donc voilà…c’est pas très compliqué!

Et en parlant de mise en scène justement, le style de Léa Salamé un peu “rentre-dedans”, vous en pensez quoi?

Je trouve que quand Léa Salamé a été face à Nicolas Sarkozy, elle était un peu trop chez Ruquier; elle donnait un peu trop son avis. Elle posait les questions après avoir longuement donné son avis ce qui ne me semble pas être une bonne approche. Elle était mieux avec Montebourg j’ai trouvé où là elle était plus dans le questionnement et c’est plus le travail d’un journaliste.

Cela fait aussi plusieurs années que vous côtoyez les politiques par le biais de vos interviews. Est ce qu’il vous arrive d’en rencontrer en dehors du travail? Est-ce que cela crée des liens?

(Rires) Non jamais! Non, non, je n’ai jamais passé une soirée avec un responsable politique, un week-end… Non, non il faut que la barrière soit très étanche. Parce que si vous avez des liens avec un responsable politique après quand il est à votre micro vous ne l’interrogez plus. Il faut être très libre par rapport à la personne qui est face à vous pour pouvoir lui poser les questions. Il faut juste que vos limites soient dictées par des jugements professionnels. Pas par un lien ou des sentiments personnels, là ce n’est pas possible!

“Canal est vraiment une belle chaine.”

Vous avez souvent été chroniqueur ou éditorialiste politique pour différents médias, vous ne rêvez pas vous aussi d’avoir votre propre émission politique comme certains de vos confrères?

Rêver non… L’occasion ne s’est pas présentée, je n’ai pas cherché non plus à en avoir. Je n’ai pas cherché à en avoir parce que je n’ai jamais imaginé avoir quelque chose d’original à proposer. Et ensuite des propositions ne m’ont pas été faites donc du coup voila.. Ca ne s’est jamais fait.

Vous faites votre chemin tranquillement !

Le Grand Journal de Canal Plus vous a fait connaître au grand public. Quel regard portez-vous sur celui d’aujourd’hui présenté par Victor Robert?

Bah la formule est très proche parce que Canal Plus, avec raison, est attaché à ce qu’est le Grand Journal et à l’image que véhicule la marque. Après du jour où Denisot est parti, du jour où De Caunes est parti, quelque chose a été perdu… Donc c’est une émission qui n’a pas beaucoup changé mais qui n’attire plus comme elle a pu attirer. Voila, c’est la vie des émissions. Elles perdent un peu de leur impact à un moment dans la société. On ne les voit plus, elles existent toujours mais on ne les voit plus. Mais c’est un peu dommage parce que c’est une belle émission et Canal est vraiment une belle chaine.

Bien-sûr! Et alors nous chez Radio VL nos auditeurs ont une moyenne d’âge en dessous de 25 ans. Selon vous quelle personnalité politique candidate à l’élection présidentielle vous semble être le plus en phase avec les préoccupations des jeunes d’aujourd’hui?

D’abord je ne sais pas quelles sont exactement, s’il en est de spécifiques, les préoccupations des jeunes. Si c’est trouver du travail alors là la liste des candidats est très grande. Si c’est autre chose je ne sais pas. Il n’y a pas beaucoup de revendications spécifiques aux jeunes aujourd’hui… Il y en a eu dans l’Histoire. Mais aujourd’hui ce sont des revendications qui recoupent sans doute celles que l’on constate dans d’autres tranches d’âge. L’emploi étant la première sans doute.

“En 2017 il faudrait avoir plus de rigueur et ne pas se laisser prendre au premier bobard venu.”

Autre sujet, le 2 novembre vous allez sortir un livre : ” On prend (presque) les mêmes et on recommence. Qui sera le meilleur menteur en 2017?”. Vous pouvez nous en toucher un petit mot?

J’ai fait le portrait de dix personnalités… Le portrait, raconter l’histoire, des anecdotes parce que je les connais un peu tous.

Dix personnes. Deux anciens présidents de la République, Mitterand et Chirac, et puis huit personnes qui ont envie d’accéder aujourd’hui à la magistrature suprême ou qui ont été présidents, Hollande et Sarkozy sont aussi dans la galerie de portraits.

Et je fais ces portraits, je raconte des anecdotes, des choses que j’ai vécues avec eux parce que je voudrais établir le fait que tous les mandats présidentiels ont été obtenus sur des mensonges, sur des discours qui étaient très éloignés des réalités, ce qui a créé beaucoup de déception et ce qui a beaucoup dévalorisé la politique en France. Plus que dans les autres pays européens.

Ce que j’essaye d’expliquer dans ce livre c’est que les mensonges auxquels les électeurs ont cru étaient grossiers, repérables. Il n’y a pas de menteurs sans gens crédules. Et l’objet de ce livre c’est de dire qu’en 2017 il faudrait avoir plus de rigueur et ne pas se laisser prendre au premier bobard venu.

Le problème ce ne sont pas les mensonges des hommes politiques. Le problème ce sont plutôt ceux qui croient les mensonges des hommes politiques.

Et en parlant de 2017, c’est ma dernière question un peu personnelle. En 2009 vous aviez révélé sur le plateau de Médias le Mag sur France 5, que vous avez toujours été de gauche et quasiment voté blanc à tous les scrutins depuis 88. Pour 2017 vous savez déjà pour qui vous allez voter ou en tout cas pour qui vous n’irez pas voter?

J’ai dit que j’ai été de gauche. Donc quand on emploie des tournures passées c’est qu’on ne se sent plus de gauche. Mais que je n’ai jamais été de droite. Donc aujourd’hui je dirais que je ne me sens ni à gauche ni à droite.

Comme Emmanuel Macron?

Euh oui mais je ne suis pas pour autant un supporter d’Emmanuel Macron. Et j’ai dit aussi, pour être précis, que j’ai toujours voté blanc depuis 1988. Toujours. Quel que soit le cas de figure j’ai toujours voté blanc et en 2017 je voterai blanc quel que soit le cas de figure proposé aux électeurs. Quels que soient les premier et second tours, je voterai blanc parce que je pense qu’il est important pour un journaliste politique d’être libre de ses jugements face à un responsable politique qu’on est amenés à interroger. Je ne veux pas êtr een face de quelqu’un pour qui j’ai voté ou contre qui j’ai voté. Donc je vote blanc.

 

On retrouve Jean-Michel Aphatie tous les matins à 8h30 sur Franceinfo pour l’Interview politique et dans C l’Hebdo sur France 5 tous les samedis à 19h.

Une interview de Saad Merzak.

Retrouvez toutes les interviews de Saad Merzak dans Tout Pour Réussir.

A voir aussi: Politique à la TV : plus de forme pour moins d’idées

Crédits photo à la Une: AFP
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