Il l’a annoncé ce matin dans l’Express, Gérard Collomb va démissionner de son poste de ministre de l’Intérieur, après les élections européennes. La raison : retourner dans les terres lyonnaises en vue des élections municipales de 2020.

Un soutien des premiers jours.

Depuis 2001, Gérard Collomb tenait les rênes de la ville et de la Métropole de Lyon, avec une réélection en 2008 et une en 2014. Dès juillet 2016, il soutient Emmanuel Macron, qui vient de lancer son mouvement « En Marche ». Un an plus tard, Emmanuel Macron devient Président de la République et Gérard Collomb est nommé numéro deux du gouvernement, à la place Beauvau.
Mais ce matin, dans un entretien exclusif donné au journal « L’Express », Gérard Collomb a annoncé vouloir quitter le gouvernement après les élections européennes. Pourquoi ? Lancer sa campagne pour la Mairie de Lyon.

«C’est loin, les municipales. Si d’ici là on ne m’a pas diagnostiqué de maladie grave [rires], je serai candidat à Lyon.» – L’Express.

Mais qu’en est-il de ses anciens compères ?

Pour Georges Képénékian (remplacent de Gérard Collomb à la Mairie de Lyon) c’est oui : il a annoncé qu’il « lui repasse le mistigri » et finit par confier « je serai à ses côté ». Pour le PS, ce devrait être non : la fédération du Parti Socialiste dans le Rhône ne voit pas son avenir avec Gérard Collomb. Son premier secrétaire, Yann Crombecque évoque l’ancien socialiste, en affirmant que « sa vision du monde n’est plus en capacité de rassembler les formations et citoyens humanistes et progressistes ». Il devra donc faire campagne sans le PS à ses côtés et se débrouiller avec d’anciens compères et les équipes de La République en Marche.

Une annonce qui fait mouche.

© AFP

 

Pour l’exécutif, cette annonce dérange et l’Elysée rappelle que « le Président réorganisera l’équipe gouvernementale lorsqu’il le jugera nécessaire ». Mais soutient néanmoins le futur candidat en affirmant que « c’est une bonne nouvelle qu’il souhaite y consacrer du temps ».

Pour les oppositions, cette annonce tombe bien. Et les élus fustigent contre la déclaration du numéro 2 du gouvernement. Éric Ciotti (LR) le qualifie « d’intermittent de la sécurité », Guillaume Peltier (LR) déclare que « La France mérite un ministre de l’Intérieur à temps plein et non pas un homme qui ne pense qu’à lui-même et n’exerce sa fonction qu’à temps partiel ». Enfin, Bastien Lachaud (LFI) interroge en demandant « Qui croit qu’il sera pleinement au travail ? ».

Il est à noter que d’autres Ministres seraient prêts pour l’aventure des municipales : ce serait le cas de Benjamin Griveaux ou de Mounir Mahjoubi à Paris, de Gérald Darmanin à Tourcoing, de Sébastien Lecornu à Vernon et de Christophe Castaner à Marseille.

 

À lire aussiNicolas Hulot démissionne du gouvernement