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Kunduz : ambiguité autour du bombardement américain

Dans la nuit du 2 au 3 octobre, le centre hospitalier de l’ONG Médecins Sans Frontières (MSF) à Kunduz – principale ville du nord-est de l’Afghanistan – a été victime de bombardements. Au moment des faits, 105 patients et 80 membres de l’organisation se trouvaient dans l’hôpital. Le bilan est lourd : au total 19 personnes ont trouvé la mort, dont des employés de l’ONG et des enfants.

Kunduz dans la nuit du 2 au 3 octobre, l’hôpital central est victime de bombardements vers  2h15 du matin.

L’attaque a causé 19 morts et une trentaine de blessés. L’armée américaine est à l’origine de ce drame. Suite aux polémiques autour de l’affaire, le Pentagone sort du silence et déclare que le raid a été précipité car des soldats de la marine déployés dans la ville pour assister l’armée afghane avaient été pris pour cible par des talibans. Puis, le Pentagone  ajoute qu’aux alentours de 2h15 du matin, un avion américain a bombardé les insurgés  à proximité de l’hôpital de Médecins Sans Frontières. Brian Tribus, porte-parole de la mission de l’OTAN en Afghanistan, reconnaîtra le 3 octobre que la frappe menée dans la nuit a “peut-être provoqué un dommage collatéral sur un bâtiment médical situé non loin” de la cible visée.

Suite au drame, le président Barack Obama exprimera “au nom du peuple américain ses sincères condoléances aux corps médical et civil tués au cours de cette attaque”, et assure que le Pentagone et les autorités afghane sont en train de mener des enquêtes pour savoir ce qui s’est réellement passé. Un discours plein de compassion et d’émotion envers les victimes, mais qui s’est montré tardif, le Président n’ayant pris la parole  que 24 heures après les faits.

Des arguments peu convaincants 

La version américaine des faits laisse perplexe. L’organisation Médecins Sans Frontières, première concernée dans cette histoire, publie un communiqué le 3 octobre dans lequel elle précise avoir signalé la position de l’établissement aux responsables militaires et civils afghans pour éviter que l’hôpital ne soit frappé. De plus, on apprend dans le communiqué  que l’hôpital a continué à être bombardé alors que  les forces alliées avaient été averties que le centre avait été touché par un raid.

“Cette attaque constitue une violation du droit international humanitaire” déclare Meinie Nicolai présidente de MSF. L’organisation rejette toutes excuses américaines et condamne la notion de  “dommages collatéraux” avancée par les autorités américaines. “Nous n’acceptons pas que ces dizaines de victimes soient considérées comme de simple dommages collatéraux”, ajoute la présidente.

Le communiqué de presse de Médecins Sans Frontières provoque l’ire des Nations Unies. L’ONU a évoqué le terme de “crime de guerre” si les faits avancés par MSF s’avèrent vrais. A ce jour, Zeid Ra’ad al-Hussein, haut Commissaire des Nations Unie aux droits de l’Homme, exige une enquête approfondie et transparente.

L’ambiguité autour du  bombardement de l’hôpital de Kunduz nous interroge sur  la notion de responsabilité d’une armée en guerre. Face à la pression de Médecins Sans Frontières et de l’ONU, l’armée américaine devra rendre compte de ses actes.

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