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Tests génétiques de féminité : le CIO relance un débat explosif avant les JO 2028

Trente ans après les avoir abandonnés, le Comité international olympique a officialisé le retour des tests génétiques de féminité. Le 26 mars 2026, l’instance a adopté un nouveau cadre. Il impose un dépistage obligatoire du gène SRY à toutes les athlètes souhaitant concourir dans la catégorie féminine. Une décision qui divise le monde scientifique et sportif. Elle concerne directement les Jeux d’hiver 2030 en France.

Une mesure née de la polémique parisienne

Tout commence, en réalité, aux JO de Paris 2024. Les épreuves de boxe féminine avaient mis en lumière le cas d’Imane Khelif et de Lin Yu-ting. Leur éligibilité avait fait débat à l’échelle mondiale. Sous l’impulsion de la nouvelle présidente du CIO, Kirsty Coventry, l’institution a décidé d’agir. Le résultat est un test unique, réalisé une seule fois dans la vie d’une athlète. Il recherche la présence du gène SRY, généralement associé au chromosome Y. Le CIO le présente comme un « indicateur fiable pour déterminer le sexe biologique ». L’analyse s’effectue à partir d’un prélèvement à l’intérieur de la joue ou d’une prise de sang.

Concrètement, toute athlète doit désormais prouver l’absence de ce gène pour obtenir le droit de concourir. La mesure devient obligatoire dès les JO de Los Angeles 2028. Elle s’applique donc aussi aux Jeux d’hiver de 2030, en France. Ce calendrier place d’ores et déjà les organisateurs français dans une position délicate.

Un test interdit en France et contesté par la science

La France, justement, pose un problème concret. La loi de bioéthique de 1994 interdit les tests génétiques à des fins de discrimination. Autrement dit, aucune athlète française ne peut subir ce test sur le sol national. World Athletics avait devancé le CIO. La fédération internationale d’athlétisme avait imposé ces mêmes tests à partir du 1er septembre 2025. Elle a confirmé que les athlètes françaises seraient testées à l’étranger, notamment lors de stages de préparation.

Mais le problème dépasse le simple cadre juridique. De nombreux scientifiques contestent la pertinence même du test SRY. La Société européenne de génétique humaine est catégorique. Ce marqueur ne constitue pas « une base scientifique valide pour déterminer le sexe », selon elle. La biologiste Joëlle Wiels, directrice de recherche émérite au CNRS, va plus loin. Elle pointe « une ignorance sur le sujet », rappelant que la biologie ne produit pas de bicatégorisation stricte femme/homme. En effet, le sexe biologique résulte d’une combinaison de facteurs chromosomiques, hormonaux, gonadiques et phénotypiques. Réduire cette réalité à un seul gène revient à ignorer la complexité du vivant.

Par ailleurs, des chercheurs ont établi un fait troublant. Aucune donnée indépendante ne démontre un avantage sportif lié à la seule présence du gène SRY. Ce constat pose une question fondamentale : sur quelle base scientifique solide cette mesure repose-t-elle réellement ?

Une décision en contradiction avec la Charte olympique

En imposant ce test, le CIO contredit directement son propre cadre de non-discrimination de 2021. Ce cadre reposait sur l’inclusion et la protection de toutes les athlètes. Il couvrait toutes les identités de genre. Des associations sportives, des fédérations LGBT+ et des chercheurs ont conjointement dénoncé la mesure. Selon eux, elle instrumentalise la science pour légitimer l’exclusion des athlètes transgenres et intersexes. Cette réglementation s’applique uniquement aux femmes, sans aucun équivalent côté masculin.

Certes, l’argument avancé par ses défenseurs reste celui de l’équité sportive. Sebastian Coe, à la tête de World Athletics, a affirmé que « le genre ne peut pas l’emporter sur la biologie ». Pourtant, des spécialistes évoquent « un retour en arrière énorme ». Ils rappellent que les premiers tests de ce type remontent à 1966.

Finalement, la question n’est pas seulement sportive. Elle touche aux droits fondamentaux des athlètes et à la dignité des femmes. Elle interroge aussi la façon dont les institutions sportives construisent leur définition du corps féminin. Les JO de Los Angeles 2028 et les Jeux d’hiver 2030 en France se profilent à l’horizon. Le débat, lui, reste ouvert.

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