Dans de nombreux pays du monde, aimer quelqu’un du même sexe peut coûter la liberté, voire la vie. Alors que le Sénégal vient de durcir drastiquement ses lois contre l’homosexualité, voici un point sur sa pénalisation dans le monde.
En France, le mariage pour tous est légal depuis 2013. Depuis, les droits de la communauté LGBTQ+ ont continué de progresser. Mais cette réalité est bien différente dans bien des pays du monde. Selon les données 2025 de l’Association internationale des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, trans et intersexes, l’homosexualité reste réprimée par la loi dans 64 pays. Un chiffre en baisse par rapport aux 113 pays recensés en 1990. Mais cela reste alarmant au vu des sévices subis par les concernés dans ces endroits du monde.
La prison pour certains, la mort pour d’autres
De nombreux Etats condamnent l’homosexualité à de lourdes peines d’emprisonnement. En 2024, le Mali a criminalisé l’homosexualité en instaurant une peine pouvant s’élever jusqu’à cinq ans de prison, et Trinité-et-Tobago a fait de même en 2025 avec une peine de sept ans d’emprisonnement. Au Nigeria, douze États du nord du pays condamnent à mort l’homosexualité masculine en vertu de la charia, tandis que dans les États plus modérés, les peines vont de dix à quatorze ans de prison. En Russie, si l’homosexualité n’est pas officiellement un crime, la propagande LGBT est interdite depuis 2013. En 2023, le mouvement est même déclaré comme une « organisation extrémiste ».
Plus grave encore, dans douze pays du monde, l’homosexualité est passible de la peine de mort : l’Afghanistan, l’Arabie Saoudite, Brunei, les Émirats arabes unis, l’Iran, la Mauritanie, le Nigeria dans certaines régions, l’Ouganda, le Pakistan, le Qatar, la Somalie et le Yémen. En Ouganda, depuis mai 2023, l’homosexualité « aggravée » est devenue un crime capital. Des situations qui font froid dans le dos.
Sénégal, un retour en arrière marquant concernant l’homosexualité
Le cas du Sénégal est un de ceux qui a fait le plus de bruit récemment. Le 11 mars 2026, les hautes instances sénégalaises ont adopté une loi renforçant drastiquement la répression des personnes LGBT+. Désormais, les « actes contre nature » sont punis de peines allant de 5 à 10 ans. Toute promotion pour la communauté LGBT+ est également interdite. Ces lois ont été portées par le Premier ministre Ousmane Sonko. Aucune opposition n’a vraiment été notable. Le chef des droits de l’homme de l’ONU, Volker Türk, a qualifié cette loi de « profondément préoccupante ». Il estime qu’elle « bafoue » les droits humains fondamentaux.
Les autorités ont immédiatement appliqué ces mesures. Elles se sont accompagnées d’une vague d’arrestations et de répression visibles et documentées. Dès février 2026, la police arrête près d’une vingtaine d’hommes soupçonnés d’homosexualité pour « actes contre nature ». Certaines personnes filment ces arrestations et les publient sur les réseaux. Des vidéos ont par exemple montré des hommes interpellés à leur domicile. Sur ces dernières, on voit une foule qui clame des insultes homophobes et qui se moque des arrêtés. Malheureusement, ces scènes qui semblent impossibles, sont bien plus fréquentes qu’on ne l’imagine.