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La dualité philosophique

De l’antiquité à nos jours, deux écoles se disputent ardemment le monopole de la grande pensée philosophique, d’un côté l’école de la croyance et de l’autre celle du matérialisme.  Mais pourquoi donc la philosophie de la croyance prédomine-t-elle encore aujourd’hui ?

Avant toute chose, il paraît des plus judicieux de présenter la philosophie dans l’Antiquité. Elle peut exactement se diviser en trois périodes :

  • La période présocratique, englobant de fait tous les philosophes précédant Socrate, même si certains lui sont contemporains. Les penseurs de cette période sont encore, pour la plupart considéré comme les fondateurs de la tradition philosophique occidentale.
  • La période grecque classique, débutant avec Socrate à Athènes pour se poursuivre avec Platon, Diogène et Aristote. Ce même est siècle est également marqué par la sophistique de Gorgias, entre autres.
  • Puis vint finalement la période helléniste,  comptant parmi ses rangs Epicure, un des grands parangons de cette fameuse école matérialise.  C’est la période des Stoïciens qui prédominent par leur pensée à cette époque.

La philosophie grecque est étouffée par une question, le « comment bien vivre », ce qui implique bien évidemment les notions de bonheur, d’éthique et de vertu. Cependant, cette question est abordée de deux façons très différentes entre ces deux écoles dominant la philosophie. L’école de la croyance développe une pensée impliquant le cosmique, l’après mort. Tandis que l’école du matérialisme édite une pensée bien plus hédoniste, où la philosophie doit apporter des réponses aux questions existentielles de l’Homme.

Mais qu’elle est donc l’essence de cette pensée matérialiste ? Quelle en est sa réelle conception ?

Tout d’abord pensez à vous retirer cette image contemporaine que l’on se fait du mot matérialisme, le dénaturant de son sens le plus profond. Non les philosophes matérialistes ne sont pas des dépensiers concluant leur bonheur par la consommation de masse. La philosophie matérialiste est une conception générale du monde réel englobant ainsi la nature et l’histoire. Elle soumet autant que possible la pensée subjective, la transcendance, à l’être objectif.  Elle va dénicher dans le désarroi humain, des réponses pour le moins existentielles, ce n’est pas la philosophie des grandes théories, mais la philosophie applicable dans la vie de tous les jours comme il est dit vulgairement.

Et cette école de la croyance, où puise-t-elle ses racines ?

Cette école va quant à elle décrocher ses réponses dans de grandes théories visant à rassurer l’Homme sur un au-delà pour le moins subliminal. Les illusions sont telles dans ce monde qu’il faut à l’Homme un moyen de comprendre comment s’en échapper, une échappatoire se discernant dans le cosmique, l’après mort, en somme la croyance.

 Cette école de la croyance, fut pendant un temps et demeure toujours l’école prédominante. A force de répétition, de belles phrases et d’acharnement elle s’est imposé en vociférant son ennemi de toujours : le matérialisme.

L’explication de cette prédominance va avant tout se trouver dans l’histoire, décrit comme prophétique, la pensée de la croyance a su devenir vérité. Il suffit de jeter un œil au programme de terminal de philosophie pour en avoir le cœur net. Une uniformisation des plus sidérantes s’est mise en place, torpillant certains auteurs qui furent destitué de leur place par d’autres dits plus grands. Que l’on songe seulement à Camus, ce philosophe de terminal proclame-t-on ! Camus, parangon d’une réelle résistance,  prônant un socialisme libertaire, s’est vu réduire au titre de colonial de droite par certaines figures craignant pour leur rang. Sartre en est le parfait exemple, ce grand penseur, appuyant avec virulence son rôle de résistant, quand on retrouve chez lui plus de trace de collaborationnisme. Sartre, en voilà un grand croyant. C’est en se rebellant à la manière d’une ombre contre ce monde bourgeois qu’il a dévoilé son processus pour le moins judéo-chrétien, sa bonne parole et ses évangiles furent telles, qu’il s’est érigé en figure de décennies, intouchable d’un siècle. Refusant toute dialectique avec Albert Camus, le pestiféré.

Cette dualité apparente chez les philosophes peut encore se retrouver maintenant, et se retrouve bien évidemment à chaque époque. Elle est donc finalement le reflet d’une confrontation entre l’idéalisme et le rationalisme.

Charles des Portes

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