Tout Pour Réussir, dix minutes d’interview avec Saad Merzak. Un retour sur la carrière d’une personnalité du monde médiatique, artistique ou économique, et les raisons de son succès. Aujourd’hui Saad reçoit Laurent de Gourcuff, patron du groupe Noctis qui réunit les lieux les plus festifs de la capitale, comme Le Raspoutine, Le Madame, Chez Castel, ou encore Les Planches et Le Piaf.

Saad Merzak : Est-ce qu’il existe encore un établissement parisien qui ne vous appartient pas ?

Laurent de Gourcuff : (Rires) Oui même plusieurs, on a une partie des établissements festifs emblématiques de Paris mais on n’a pas tous les établissements. D’ailleurs on ne pourrait pas tout exploiter, on est déjà bien occupés et fiers avec les lieux qu’on a déjà.


Votre aventure commence à 16 ans quand vous distribuez des flyers à la sortie des écoles, et ensuite tout s’est enchainé n’est-ce pas ?

Oui de 16 à 22 ans je distribuais des flyers devant toutes les écoles, je n’allais pas beaucoup à l’école, et je louais des salles le samedi soir que j’essayais de remplir grâce à la promo. Si on remplissait on gagnait de l’argent…Si on ne remplissait pas on en perdait. Ça marchait plutôt bien, on travaillait à fond la semaine pour préparer le week-end et accueillir entre 1500 et 2500 mineurs. C’était un peu risqué c’est vrai mais on encadrait ça plutôt bien. J’ai fait ça jusqu’à l’âge de 22 ans puis j’ai acheté mon premier club, c’était Les Planches.

Et à l’époque il paraît même que vous gagniez parfois jusqu’à 30 000 € par mois ?

A l’époque ça m’arrive de gagner parfois jusqu’à 150 000 francs par mois oui c’est vrai

Ce qui était plutôt pas mal…

(Il coupe) Pas mal ?! C’était énorme !

J’imagine qu’aujourd’hui il faut rajouter plusieurs zéros…

Aujourd’hui il y a une grosse différence. A l’époque c’est moi qui gagnais l’argent… Aujourd’hui c’est ma boite. Je pense que je gagnais plus à titre personnel à l’époque que maintenant, où je construis un groupe, une histoire… Je vous garantis qu’aujourd’hui je ne gagne pas 150 000 francs par mois mais je capitalise. Je suis en train de construire un groupe qui je l’espère un jour…vaudra bien plus que tout ça.

Dans votre histoire tout n’a pas été si rose puisque les choses se compliquent lorsque vous voulez racheter les droits d’un dessin-animé…

Alors je n’ai pas voulu racheter. J’avais un copain d’enfance à l’âge de 29ans qui me propose l’aventure d’emprunter pour acheter les droits audio et vidéo de Candide et Goldorak pour en faire des coffrets dvd pour les nostalgiques. J’ai donc emprunté beaucoup d’argent à des proches et de la famille. Mais tout cela était bidon. C’était une arnaque et j’ai perdu tout cet argent. J’ai dû en deux mois revendre tout ce que j’avais construit ou presque entre l’âge de 22 ans et 30 ans. J’ai gardé Les Planches pour vivre et repartir et c’est à ce moment-là que j’ai lancé le groupe Noctis.

Justement avec Noctis aujourd’hui ça va mieux car après avoir investi dans les boîtes de nuit, votre nouvelle passion est d’investir dans les restaurants chics…

A Noctis, on a 3 métiers dont effectivement la restauration. Mon job c’est de repérer les lieux atypiques, emblématiques, extraordinaires… Et en fonction j’y fais du festif, de l’événementiel, un restaurant ou les trois en même temps…

Quelles ont été vos meilleures rencontres dans le milieu de la nuit ?

Alors mes meilleures rencontres je ne suis pas sûr que ce soit obligatoirement dans le milieu de la nuit. Mais quand j’étais gamin j’ai beaucoup appris de Régine, avec qui j’ai de bons rapports. Mais aujourd’hui chez Noctis c’est une aventure entrepreneuriale et il n’y a pas que la nuit qu’on rencontre des gens. La nuit se construit le jour, c’est très important de le dire. Vous savez je ne suis pas un gros fêtard et j’assume. Il faut savoir se lever à 8h du matin et apprendre à déléguer. J’ai rencontré des gens extraordinaires, comme Yann Arthus-Bertrand, avec qui je suis associé à la fondation Good Planet, qui a évidemment tout un autre esprit, qui nous a appris le vivre ensemble. Mais honnêtement la personne qui apporte le plus à Noctis, c’est notre actionnaire, notre partenaire, le groupe Accor et surtout son président Sébastien Bazin qui est vraiment un grand visionnaire, un grand entrepreneur, un moteur pour les gens comme nous. On a une chance de dingue de rencontrer ce genre de gens, et en l’occurrence d’avoir Sébastien Bazin et Accor dans notre capital.

Comment vous êtes-vous rencontrés avec Sébastien Bazin ?

On s’est rencontrés par une personne qui nous a présenté. Le groupe Accor se développe à une vitesse hallucinante… à côté Noctis on n’existe pas en terme de développement. Sébastien Bazin a les contenants mais il a besoin de contenus. Le travail de Noctis est de l’aider à apporter du contenu.

Quel est votre meilleur souvenir de soirée ?

J’avais produit Pharell Williams à une soirée qui coutait très chère et le chiffre d’affaires ne montait pas. Cet artiste que je ne connaissais absolument pas était présent parce qu’on l’avait payé pour qu’il vienne. Il avait compris que ça ne montait pas. Alors il a demandé à 2 personnes que je ne connaissais pas de monter sur scène après avoir chanté…Il a prit le micro pour dire cette phrase incroyable : « Ecoutez je ne comprends pas que vous ne soyez pas en furie, car d’habitude ces gens-là quand ils viennent sur scène ils mettent le feu » Et là il y a 1500 personnes bouche bée qui ne disent rien, et il ajoute juste «  Mais c’est vrai que d’habitude ils ont aussi un casque sur la tête ». Là le chiffre d’affaires a doublé en moins de 45 min. C’était un souvenir mémorable.

Et votre pire ?

J’avais loué une salle qui s’appelait Bobino à Montparnasse, on avait fait une soirée incroyable, la clientèle les DJ tout était magnifique. Et on a eu une coupure d’électricité dans tout le quartier… Ca a été un cauchemar pour gérer et rembourser 2000 personnes.. et s’excuser..

« La nuit nous appartient » est le titre d’un film sorti en 2007, ça peut être le titre de votre vie ?

Alors je n’ai pas vu le film, mais concernant le titre… je ne renie pas la nuit mais non, la nuit ne représente que 30% des activités du groupe et ce n’est pas l’activité principale que je souhaite développer dans les années à venir.

A quoi ressemble votre vie lorsque vous ne travaillez pas ?

Ca ressemble à une vie de verdure, de campagne, des animaux et à une vie de famille.

Alors en parlant de campagne il parait que le week end vous organisez chez vous des soirées avec la jeunesse dorée parisienne, celle avec qui vous avez grandi ?

Alors une partie de la jeunesse dorée parisienne non, avec les amis avec qui j’ai grandi oui. Mais chez moi ce n’est pas un lieu de fête, ça n’est pas un lieu d’événementiel et ce n’est pas un restaurant (rires).

Le 29 avril prochain vous allez inaugurer le nouvel hippodrome de Longchamp, ça va ressembler à quoi en quelques mots ?

Ca va ressembler à un hippodrome forcément, puisque c’est un hippodrome très emblématique, mais repensé, revisité, comme un lieu de vie autour des courses et de ce sport historique mais où il n’y aura pas que cela. On pourra manger, se divertir, écouter de la musique, se promener… Un lieu de vie qui ne sera pas uniquement destiné aux passionnés des courses. C’est un contenant qu’on va exploiter et on va se servir du contenu des courses… Cette grosse animation…pour faire venir des gens.

Où vous voyez-vous dans les 5 prochaines années ?

Toujours au même endroit avec mes collaborateurs et j’espère avec toujours plus d’aventures et de projets.

Justement après les clubs parisiens, les restaurants, un hippodrome, est-ce qu’un autre domaine vous intéresserait ?

Oui, après le domaine festif, l’événementiel et la restauration, le quatrième métier qui m’intéresserait serait l’hôtellerie.