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La femme objet : quand le sexe est une mine d’or

Attirer le regard, « sexualiser » l’objet de consommation. Voilà près de 45 ans que les publicitaires font appel à ce qu’il y a de plus primaire – mais aussi de plus naturel – en nous, les hommes : le désir sexuel.

Effectivement, depuis la révolution sexuelle intervenue dans nos sociétés occidentales à la fin des années 1960’s – mouvement principalement marqué par l’émancipation sexuelle des femmes – l’image de la féminité a indéniablement évolué et spécifiquement dans les médias. La femme y devient donc un concept ; celui de la femme objet.

 La femme, de sujet à objet

 « Une femme objet c’est une femme qui n’est pas un sujet à part entière. Elle n’est pas un sujet autonome ayant des souhaits, des désirs. » Françoise Brié, co-présidente de la Fédération Nationale de la Solidarité de la Femme, pointe du doigt une dégradation certaine de la considération de la féminité. Car entre les calendriers sexy, photos osées, les pubs porno chics, aujourd’hui la femme est devenu un standard sur lequel s’appuie la société de consommation. Tout est alors question d’attitude pour créer une image qui attire l’œil immédiatement. Les magasines masculins surfent sur la vague depuis un certain temps, en diffusant des clichés très suggestifs (FHM, Entrevue…). Quant aux émissions ou publicités télévisées, elles exploitent à outrance le potentiel sexuel de la féminité.

« Ohlala, mais qu’est ce qu’elle fait bien tourner la roue ! »

Soyez francs les garçons. Vous oseriez dire que vous regardiez assidûment La roue de la fortune et l’ex playmate de l’émission Victoria Silvstedt, pour juger son incontestable talent à « faire tourner » la roue ? En réalité, les producteurs de l’émission ne lui ont en aucun cas octroyé le statut de co-animatrice pour ses traits d’esprits, mais plutôt pour ses mini-robes et sa plastique. Laquelle assume d’ailleurs totalement son statut de femme objet quand il s’agit de faire la promotion d’un canapé pour les besoins d’une publicité. Également, vous ne concevrez pas Adriana Karembeu – quand elle prend part à une campagne publicitaire de la Croix Rouge – comme une secouriste potentielle, mais comme l’objet de vos fantasmes.

 Effets pervers et société perverse

Mais on ne peut bouleverser les mœurs et les codes de la féminité sans générer des dégâts collatéraux. Une société « érotisée », voire « pornographiée » dans la mesure où les plus jeunes sont confrontés à des corps nus dès qu’ils allument la télévision ou ouvrent un magasine, et surtout l’instauration d’un mal être progressif chez les femmes dû au culte d’un idéal de beauté unique. Car on constate dans les magasines féminins l’abondance de messages sur la minceur, les régimes et la beauté, messages qui ne cessent de répéter aux femmes que leur corps est un objet imparfait qui nécessite un important investissement et travail constant. En 2003, le magazine américain Teen rapportait que 35 % des jeunes filles de 6 à 12 ans avaient déjà suivi au moins une régime et que 50 à 70 % d’entre elles pensaient souffrir d’embonpoint alors que leur poids était tout à fait normal. En tentant d’atteindre un idéal de beauté inaccessible, les femmes mettent non seulement leur budget en péril mais aussi leur santé physique et psychologique. Des études montrent que des femmes et des filles constamment exposées à des images de corps féminins d’une impossible minceur risquent de développer des dépressions, une mauvaise estime de soi et de mauvaises habitudes alimentaires.

Le retour du boomerang est brutal et le stéréotype de la femme objet semble se révéler comme un véritable poison sociétal. Auparavant sous représentée, aujourd’hui mal représentée, la condition féminine parviendra t-elle un jour à imposer ses propres codes ?

Tristan Molineri

 

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