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Les Coursiers Bordelais contre l’uberisation

crédit photo : ProfDEH

La cour d’appel de Paris à déclaré le 8 octobre dernier que les livreurs à vélo ne sont pas des salariés, une décision qui va à l’encontre de celle de la cour de cassation en 2018. Alors que le statut de ces livreurs fait polémique, les Coursiers Bordelais, lassés de l’uberisation, ont décidé de créer leur coopérative.

Le 8 octobre dernier, la cour d’appel de Paris a déclaré que les livreurs à vélo ne sont pas des salariés. Une décision qui va à l’encontre de celle de la Cour de cassation en 2018. Alors que le statut de ces livreurs fait polémique, les coursiers bordelais, lassés de l’uberisation, ont décidé de créer leur coopérative.

Les Coursiers Bordelais ce sont trois anciens livreurs à vélo qui ont créé leur société coopérative et participative (SCOP) de livraison. Théo Meltz, co-fondateur, raconte : « A la chute de take eat easy (ancienne plateforme de livraison ndlr) les coursiers se sont rassemblés et l’idée d’une coopérative a émergé mais personne n’a sauté le pas à ce moment. » Puis les prix des courses ont baissé, et les livreurs se sont rendu compte de ce qu’être auto-entrepreneurs signifie : « (…) pas de mutuelle, pas de cotisation pour la retraite, se faire virer du jour au lendemain en se faisant bloquer l’accès à l’application… » énumère le coursier. Ce statut précaire est pourtant obligatoire pour travailler avec ces applications.

Les Coursiers Bordelais ont donc fondé leur coopérative en novembre 2017. Son modèle est opposé à celui des plateformes. Chaque coopérateur prend part aux décisions à voie égale. Ils sont tous formés aux différentes tâches de l’entreprise. Enfin, leur statut d’auto-entrepreneur est loin derrière eux : « Nous sommes tous salariés avec huit semaines de congés payés, contrairement à un coursier uberisé nous avons toutes les “assurances” du salariat (congé maladie, assurance, mutuelle, cotisation retraite) ». 

Un modèle qui roule

Pour les coursiers de la SCOP, les affaires fonctionnent très bien. Ils assurent les livraisons de grandes entreprises nationales comme de commerces locaux. Fleurs ou matériel médical, Les Coursiers Bordelais transportent « tout ce qui peut se transporter en vélo et en vélo cargo ». Écologique et rapide, le service a de quoi séduire les entreprises et les collectivités. Par exemple, en 2018, la mairie de Bordeaux a travaillé avec eux pour de la distribution de flyers.

Ils assurent que leur concept a de l’avenir. Selon eux, le marché est grand, et la livraison à vélo en ville a de beaux jours devant elle. Plusieurs SCOP du genre voient d’ailleurs le jour dans le monde grâce à la fédération Coopcycle, dont sont membres Les Coursiers Bordelais : « L’idée de ce réseau est de mutualiser les ressources pour permettre à des coopératives de coursiers à vélo de se créer et d’en vivre en s’émancipant des entreprises uberisées » explique Théo Meltz. Si un tel réseau existe, c’est peut-être que l’uberisation lasse.

L’uberisation : en rétro- pédalage ?

Le modèle de ces entreprises est de plus en plus remis en cause. Les plateformes de livraison de repas sont d’ailleurs au centre d’une polémique juridique. En 2018, la Cour de cassation a déclaré que les livreurs sont des employés. Un lien de subordination les unis à la plateforme, lien caractéristique d’un contrat de travail. Mais le 8 octobre dernier, la Cour d’appel de Paris a affirmé le contraire. 

Aussi sur VL : Début de la grève pour les livreurs à vélo parisiens

Du coté des livreurs, la colère monte. Se réunissant en syndicats, ils manifestent ou mènent des grèves perlées pour protester contre la baisse du prix des courses. Face au chaos ambiant, reste à savoir si les applications vont adapter leur modèle avant d’y être contraintes. 

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