Nicolas Sarkozy recevra ce mercredi 25 juin le prix de l’Appel du 18 juin, référence à celui du Général de Gaulle en 1944. Une récompense, décernée par le mouvement gaulliste « Union des Jeunes pour le Progrès » (UJP), qui était jusqu’alors plutôt réservée à des chiraquiens tels Alain Juppé, François Baroin, Nathalie Kosciusko-Morizet ou Jean-Pierre Raffarin, désignés comme les héritiers historiques du gaullisme. Un titre honorifique qui vise à saluer toutes les actions d’un homme politique œuvrant pour le refus du déclin de la France, du repli sur soi, et faisant de la confiance en l’avenir son cheval de bataille. Bref, pour l’ancien président qui veut se présenter comme l’homme providentiel de la droite, voilà un symbole qui tombe à pic.

Dupont-Aignan pas content

Mais ce prix ne fait pas plaisir à tout le monde. Et plus particulièrement à ceux qui se revendiquent comme étant les seuls héritiers légitimes du Général. Ainsi, dans un communiqué, le député et président de Debout la République, Nicolas Dupont-Aignan, s’est emporté et a dénoncé avec hargne une « imposture » de l’ancien chef de l’Etat. Pour lui, « cette distinction est à la fois une plaisanterie et une provocation tant son quinquennat tourna le dos aux valeurs du général de Gaulle ». En effet, « alors que le gaullisme incarne avant toute chose le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, Nicolas Sarkozy a bafoué » le non des Français au référendum sur la Constitution européenne, a argumenté ce député de l’Essonne. De même, « alors que le gaullisme est la défense acharnée de l’indépendance de la France, Nicolas Sarkozy a réintégré notre pays dans le commandement de l’OTAN », a-t-il ajouté. Un vrai réquisitoire.

Mais à ceux qui critiquent le choix de l’UJP d’attribuer à Nicolas Sarkozy le prix de l’Appel du 18 juin, Rudolph Granier, président du mouvement, répond que « quand Nicolas Sarkozy réamorce le dialogue franco-allemand, quand il dialogue avec la Chine et la Russie, il est gaulliste ». Car « le gaullisme ce sont des valeurs mais c’est aussi un pragmatisme » et « ceux qui sont mécontents que Nicolas Sarkozy obtienne ce prix ont une image sectaire du gaullisme ».

Et vous, pensez-vous que Nicolas Sarkozy est le digne successeur du Général de Gaulle ? Ou que la comparaison est un peu abusive ?