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On a vu pour vous… « Disclosure Day », le nouveau film d’extraterrestres de Spielberg

Quatre ans après son dernier film, Steven Spielberg retourne en terrain connu : la science-fiction. On a vu son nouveau film Disclosure Day, sorti en salles ce mercredi 10 juin, et on vous en parle…

Dans The Fabelmans en 2022, Steven Spielberg s’inspire de sa propre enfance et de son parcours en tant que cinéaste. Aujourd’hui, après ce film coming-of-age très personnel, le réalisateur propose aux spectateurs de replonger pendant 2h25 dans un genre qu’il connaît bien : la science-fiction. Projeté en avant-première au Grand Rex à Paris, Disclosure Day est sorti en salle en France ce mercredi. Pour une fois, la France a une (petite) longueur d’avance sur les US, car pour eux, la sortie officielle est fixée à ce vendredi 12 juin. Alors, que vaut ce retour aux sources du réalisateur ? 

Le synopsis

L’intrigue de Disclosure Day s’ancre dans l’actualité. Le monde est au bord d’une Troisième Guerre mondiale. C’est dans ce climat de tension maximale que Daniel Kellner, un expert en informatique et cybersécurité, dérobe des données hautement confidentielles au sein de la WARDEX Corporation, une branche secrète du gouvernement américain. Traqué par le PDG de WARDEX, Noah Scanlon, Daniel doit fuir. 

En parallèle, à Kansas City, Margaret Fairchild, une présentatrice météo à première vue banale, voit sa vie basculer après une rencontre… surprenante. Elle développe alors des facultés psychiques hors du commun, se mettant à parler spontanément des langues inconnues en plein direct télévisé, ou à connaître la vie d’inconnus qu’elle rencontre dans la rue. Les deux personnages, que rien (ou presque) ne relie, vont se croiser lors d’un combat pour révéler la vérité au monde.

Entre thriller politique et conte philosophique

Contrairement à War of the Worlds (La Guerre des Mondes), la menace n’est pas l’envahisseur venu d’ailleurs, mais bien l’humain lui-même. Les extraterrestres ne sont pas menaçants, mais sont au contraire montrés dans des positions plutôt vulnérables, de faiblesse. Les extraterrestres ne sont pas un danger pour les humains, mais Spielberg va plus loin en montrant que ce sont les humains qui sont dangereux pour les extraterrestres.

Le film s’inscrit évidemment dans un climat géopolitique actuel et instable. Cette « troisième guerre mondiale imminente » du film fait forcément penser aux titres que nous avons pu lire dans les médias il y a de cela quelques mois. 

Un casting d’exception

La majorité des critiques s’accordent à souligner l’interprétation à couper le souffle d’Emily Blunt (The Devil Wears Prada) en Margaret Fairchild. Ce personnage est en quelque sorte une personnification de l’empathie humaine, et l’actrice l’incarne à la perfection. La scène où son personnage perd le contrôle d’elle-même lors d’un bulletin météo, basculant dans une transe durant laquelle elle parle une langue inconnue, annonce déjà un rôle particulièrement maîtrisé. 

Face à elle, on retrouve Josh O’Connor (Challengers, La Chimera) qui interprète Daniel Kellner, un informaticien aux débuts inquiets qui devient vite courageux. Pour l’accompagner, on découvre une Eve Hewson qui incarne Jane, la petite amie de Daniel, une ancienne religieuse qui se retrouve embarquée malgré elle dans cette affaire folle.

Spielberg rassemble ses jeunes protagonistes autour d’une figure de mentor, Hugo Wakefield (incarné par Colman Domingo). Pour tenter d’arrêter cette équipe, on retrouve Colin Firth (Love Actually, Bridget Jones’ Diary) dans le rôle du grand méchant Noah Scanlon.

Une fin qui divise (attention spoiler)

Si les deux premiers tiers du film confinent au chef-d’œuvre de suspense et d’audace visuelle, le dernier acte, en revanche, risque de diviser les cinéphiles. Pour orchestrer ce fameux disclosure day (« journée de la révélation »). C’est ici que le film bascule de l’action vers une sorte de conte moral humaniste un chouïa pompeux à notre goût. Le message de Spielberg est limpide : face à la violence des hommes, ce film est une leçon d’empathie. Néanmoins, tout paraît un peu simple et tranché. 

Extrait du film E.T. the Extra-Terrestrial (1982)

Malheureusement, là où E.T. the Extra-Terrestrial (E.T., l’extra-terrestre) touchait au cœur par sa candeur et sa naïveté enfantine, Disclosure Day peine un peu plus à nous émouvoir. Certains dialogues, bien que porteurs d’une philosophie pacifiste que certains disent nécessaire aujourd’hui, alourdissent le rythme, pourtant bon dans l’ensemble. Et il y a ce mot de la fin, « listen » (« écoute »). Cette fin, on en est sûrs, en aura déçu plus d’un qui la considérerons trop facile et ouverte.

Notre avis

Même pour les non-fans de science-fiction, Disclosure Day reste un bon moment à passer au cinéma. Le film réussit le tour de force d’allier complot politique et émerveillement presque enfantin, qui nous rappelle un peu E.T. Par contre, ce qui est à nos yeux est un peu embêtant, c’est le manichéisme omniprésent. Les personnages peignent une fresque plutôt caricaturale : les gentils employés altruistes face aux méchants entrepreneurs qui font tout pour conserver leur pouvoir. On voit finalement peu de nuances de gris et beaucoup de noir et de blanc, et ça, c’est un peu dommage.

Au final, Spielberg propose un film qui dialogue directement avec le reste de sa filmographie : E.T., Close Encounters of the Third Kind (Rencontres du troisième type). On peut même se dire qu’il joue un rôle de revanche en replaçant la menace du côté de l’humanité, et surtout en proposant une fin dans laquelle les personnages n’abandonnent pas l’humanité comme le fait Neary lorsqu’il part avec les extraterrestres à la fin de Close Encounters of the Third Kind. Et c’est une nouveauté qui fait du bien.

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