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On a vu pour vous … la saison 4 de Ray Donovan

Ray Donovan revient le 28 Juin sur Canal Plus – soit juste après la diffusion américaine. On vous dit pourquoi il ne faut pas rater cette saison 4.

Ray Donovan, c’est quoi ? Ray Donovan (Liev Schreiber) est un fixer : il règle les problèmes des personnalités de Los Angeles, sans s’embarrasser de la légalité pour les sortir de situations compromettantes. Mais s’il excelle dans son travail, il n’en est pas de même dans sa vie personnelle… Père de deux adolescents, il ne s’entend plus avec son épouse, il est en conflit avec un père (Jon Voight) criminel récidiviste, et il doit soutenir ses deux frères, Terry (Eddie Marsan) atteint de la maladie de Parkinson et Bunchy traumatisé par des abus sexuels commis par un prêtre durant son enfance. Chef de famille sur qui tous se reposent, Ray assume ce rôle tant bien que mal. [youtube id=”Pkt2fouOU0c”]

A l’instar de The Americans, Ray Donovan ne rencontre pas forcément l’écho qu’elle mérite, en dépit de sa qualité et de l’enthousiasme de son public. La série a pourtant progressivement trouvé sa place en imposant un ton sombre et intense, malgré quelques turbulences puisque la créatrice et showrunner Ann Biderman a quitté le navire en fin de saison 2, remplacée par David Hollander. Un changement risqué, mais qui a marqué un tournant décisif.

D’excellente facture, les deux premières saisons ont su trouver leur rythme : généralement, chaque épisode comporte une trame auto-conclusive (« l’affaire de la semaine ») illustrant l’envers de la bonne société de Los Angeles, tout en développant les thèmes de fond de la série : conflits familiaux, confrontation entre Ray et son père, maladie de Terry, difficultés relationnelles de Bunchy, traumatismes, sentiment de culpabilité, désir de vengeance… L’ensemble fonctionne, nonobstant la faiblesse de certains scénarii – qu’ils apparaissent comme un simple prétexte ou entravent la progression de l’histoire principale. Des défauts largement compensés par une photographie soignée, des rebondissements prenants et une interprétation sans faille, dominée par un Liev Schreiber magnétique, un Jon Voight survolté, et un Eddie Marsan tout en subtilité. A noter que cette saison s’ajoutent au casting Gabriel Mann (Revenge), Lisa Bonet (The Cosby Show) et Ted Levine (Monk).

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Bousculant une construction confortable mais redondante, la saison 3 est marquée par un saut temporel et surtout un arc narratif global courant sur l’ensemble des épisodes : Ray est engagé par le riche magnat Andrew Finney (Ian McShane) et sa fille Paige (Katie Holmes), qui l’impliquent dans des affaires financières douteuses. En parallèle se poursuit l’évolution des personnages : au bord de la rupture, Ray et son épouse Abby tentent de se réconcilier ; Mickey Donovan prend contact avec la mafia arménienne et met tout le clan en danger ; Terry lutte toujours contre sa maladie quand Bunchy semble enfin avoir trouvé la paix … Mais les vieux démons, loin d’être exorcisés, resurgissent sous la forme d’un prêtre et d’un agent du FBI, décidés à découvrir les sombres secrets des Donovan et à faire tomber Ray.

Cette fois encore, la série n’est pas exempte de faiblesses – l’exploitation de certains personnages est bancale, le comportement de l’épouse de Ray ou la vacuité du rôle dévolu à son fils Connor laissant perplexe. Cependant, la progression du récit est mieux maîtrisée, les grands thèmes plus approfondis et l’intrigue centrale judicieusement exploitée pour faire écho à la situation de Ray.

D’une certaine manière, la relation perverse entre les Finney agit comme un miroir et reflète celles que Ray entretient avec son père ou avec sa fille Bridget. Cette mise en abîme apporte un nouvel éclairage sur la dynamique relationnelle chez les Donovan, en soulignant de quelle manière ils sont enlisés dans un schéma qui les condamne à répéter les mêmes erreurs. C’est très précisément ce qui ressort de cette troisième saison qui, libérée du carcan de l’épisode fermé, place enfin au cœur du récit son vrai sujet : l’histoire d’un homme en pleine crise existentielle, rattrapé par un passé qu’il voudrait oublier, englué dans un présent dont il ne peut s’extirper, incapable de maîtriser un futur qui lui échappe. Sombre et mutique, habitué à refouler ses sentiments pour privilégier la force brute au détriment du dialogue, Ray sait résoudre les problèmes des autres mais s’avère impuissant dans sa vie privée. Et sa femme névrosée, ses frères abîmés, son père ingérable ne sont pas mieux lotis… Loin du glamour et des paillettes d’un Los Angeles idyllique, c’est entre banlieues éteintes, salle de boxe glauque et terrains vagues que se produit sous nos yeux la désintégration d’une famille au bord du gouffre, tandis que Ray, son pilier, se fissure sous la pression.

Pooch Hall as Daryll, Jon Voight as Mickey Donovan, Paula Malcomson as Abby Donovan, Liev Schreiber as Ray Donovan, Eddie Marsan as Terry Donovan and Dash Mihok as Bunchy Donovan in Ray Donovan (Season 2, PR Art). - Photo: Brian Bowen Smith/SHOWTIME - Photo ID: RDS2_PrArt_01.R

La saison 3 s’achevait en apothéose avec un personnage en danger de mort, l’annonce d’une grossesse, et surtout une scène intimiste d’une rare intensité. La suite permettra certainement de creuser le même sillon, en approfondissant encore la psychologie de Ray, personnage à la dérive qui devra fatalement se confronter à son passé s’il veut prétendre à la rédemption. A force de réparer les erreurs des autres, Ray Donovan finira-t-il par réparer les siennes ? Réponse sur Canal Plus cet été…

Ray Donovan (Showtime) – Saison 4.

A partir du 28 Juin sur Canal Plus à 20H50.

Crédit photos : Showtime

About author

Traductrice et chroniqueuse, fille spirituelle de Tony Soprano et de Gemma Teller, Fanny Lombard Allegra a développé une addiction quasi-pathologique aux séries. Maîtrisant le maniement du glaive (grâce à Rome), capable de diagnostiquer un lupus (merci Dr House) et de combattre toutes les créatures surnaturelles (vive les frères Winchester), elle n'a toujours rien compris à la fin de Lost et souffre d'un syndrome de stress post-Breaking Bad
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