Lancé en novembre 2016 en partenariat avec l’Education Nationale, l’Enseignement supérieur, le CNED, l’Université Ouverte des Humanités et le CNAM, « Pix est un service en ligne qui va évaluer, certifier les compétences numériques et qui va aider à les développer » nous présente Benjamin Marteau, son directeur.
Actuellement en phase de beta test avec plus de 4000 utilisateurs, les différentes épreuves sont divisées en 5 domaines, qui répondent à 16 compétences. Celles-ci ont été choisies en se basant sur le référentiel de compétences européen DIGCOMP, mais aussi en travaillant directement avec des entreprises ou des écoles.

Les exercices proposés ne sont pas des simples QCM. Ici, « on demande à l’utilisateur de rechercher une information sur Internet qu’il ne connait sûrement pas, sans prêter attention à l’outil qu’il utilise. Pix étant un service public, nous ne voulons pas enfermer les gens dans un système d’exploitation » argumente le directeur. Ainsi, sur l’exemple ci-dessous, il existe une multitude de manière de procéder pour obtenir le résultat attendu.

Exemple d’une épreuve proposée sur Pix dans la compétence « Mener une recherche et une veille d’information »

Exemple d’une épreuve proposée dans la compétence « Mener une recherche et une veille d’information »

 

La plateforme, en constant développement, souhaite à terme, remplir trois grands objectifs : le premier, mesurer les compétences des utilisateurs, seule partie actuellement en ligne. Le deuxième, former les citoyens et leur permettre de progresser. Un système sera mis en place pour permettre à chacun de rédiger des tutoriels, mais des articles ou vidéos seront aussi proposés par l’équipe du projet. Et en dernier lieu, permettre aux personnes ayant réalisé les tests de bénéficier d’un certificat reconnu par l’Etat. Le premier diplôme sera d’ailleurs remis le 8 décembre prochain à l’université de Nice.

C’est en majorité aux établissements scolaires et universitaires que s’adresse le service car « on en a de plus en plus besoin au collège, lycée, universités et dans le monde professionnel » ajoute Benjamin Marteau. Ainsi, il s’agit de former les citoyens dès leur plus jeune âge pour ne pas les handicaper lorsqu’ils rentreront dans la vie active. Cependant « Pix ne rajoute pas de contenu aux programmes scolaires » insiste-t-il, « Mais la certification est valorisée sur un CV, pour trouver un stage en 3ème par exemple ».
Toutes les écoles peuvent dès aujourd’hui inscrire leurs étudiants sur Pix, dans le but d’obtenir ledit diplôme.

Cependant, « [Maitriser de telles compétences] est important pour tout le monde, pas seulement pour les designers et les développeurs ». C’est pourquoi la formation s’adresse à l’ensemble des citoyens, étant exposés quotidiennement aux nouvelles technologies.

« On s’est exposé au fait que ça s’arrête »

Pix est la 23ème start-up d’Etat, un nouveau moyen de créer des services publics plus ambitieux en fonctionnant sur le même modèle que les jeunes entreprises cherchant à innover.
Cette micro structure, composée d’une petite équipe avec une liberté d’action importante, permet de passer de l’idée au projet très rapidement. En effet, la plateforme a été lancée seulement 6 mois après le début de son développement, en juin 2016.
C’est d’ailleurs une des règles principales de ces start-ups d’Etat car « Si au bout de 6 mois l’équipe n’a pas été capable de livrer un produit fiable, on ferme et on coupe les frais. Il s’agit donc d’un service public qui peut échouer » ajoute le directeur de Pix. Cependant, il est conscient que ce mode de fonctionnement ne peut pas s’appliquer à tous les services publics, mais « cela permet de reconnaître une forme d’entreprenariat au sein de l’administration ».

Les start-up d’Etat sont ainsi similaires avec les jeunes pousses à l’exception d’un point : leurs créateurs n’ont pas la vocation de devenir millionnaires.

En savoir plus : Pour tester le service rendez-vous sur pix.beta.gouv.fr