L’euthanasie vise à provoquer – sous le contrôle d’un médecin – le décès d’un individu atteint d’une maladie incurable et qui le fait souffrir. Cette pratique est sans cesse débattue au sein de la société française. Mercredi, l’Ifop publiait un sondage pour « L’Express » sur les attentes des Français en 2018. L’institut a interrogé les Français sur leur volonté de légaliser l’euthanasie et le résultat est plutôt révélateur.

Réponse unanime

À la question « selon vous, la loi française devrait-elle autoriser les médecins à mettre fin, sans souffrance, à la vie de ces personnes atteintes de maladies insupportables et incurable si elles le demandent », les Français répondent « Oui » à 96%.

« Un certains nombre de grands points de repère de notre conception judéo-chrétienne sont aujourd’hui totalement battus en brèche », commente Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion de l’Ifop. Il fait alors référence à l’évolution des mentalités françaises sur la question de l’euthanasie.

Évolution dans les mentalités mais pas dans la loi

Dans le détail, 49% des sondés y sont favorables « dans certain cas » et 47% dans tous les cas. L’année dernière, le même institut publiait une enquête montrant que 80% des Français étaient « favorables » à l’euthanasie. Une augmentation de 16% en un an.

Treize ans après la loi Leonetti, qui permettait l’arrêt des soins mais pas l’euthanasie en tant que tels, les pouvoirs publics avaient décidé de légiférer sur le sujet en 2016. La loi Claeys-Leonetti clarifie les conditions de l’arrêt des traitements mais ne légalise toujours pas l’euthanasie. En Europe, seul les Pays-Bas et le Luxembourg l’ont totalement légalisé.

Il y a six jours, le Conseil d’Etat validait l’arrêt des soins d’une adolescente de 15 ans en état végétatif. Hospitalisée depuis juin, la jeune fille souffrait d’une maladie neuromusculaire auto-immune. Une souffrance pour les parents qui s’y étaient opposés devant la plus haute juridiction administrative, le 7 décembre dernier.

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