Cette mini-série, disponible depuis le 5 juin dernier sur Netflix raconte un drame bouleversant qui captive déjà les abonnés de la plateforme. Mais quels secrets cache le scénario de cette fiction ?
Une histoire qui fait froid dans le dos
Signée Rob Williams (Srew, The Victim) à la création et à l’écriture et Alex Winckler (Somewhere boy) à la réalisation. Cette mini-série, composée de 3 épisodes et mise en ligne ce jeudi 4 juin 2026, nous plonge au coeur du viol et de l’assassinat d’une jeune femme dans les années 90 à Londres sous les yeux de son fils âgé de 2 ans.
Dévoué au bien-être de son enfant, le père du jeune garçon décide d’échapper à la fureur médiatique et à ces journalistes sans scrupules.

Une mini-série inspirée de l’affaire Rachel Nickell
“Sous ses yeux” raconte l’une des affaires criminelles ayant traumatisée Londres : l’assassinat et le viol de Rachel Nickell. Le 15 juillet 1992, alors que Rachel Nickell, 23 ans, se promène avec son fils Alex dans le parc Wimbledon Common situé au sud-ouest de Londres, un inconnu l’attaque en plein jour, la jette au sol, la poignarde 49 fois et la viole devant son fils de 2 ans, ce qui va choquer les anglais et fasciner la presse.
Le petit est retrouvé par un homme qui se promenait par hasard dans cette zone boisée. Cette enquête repose en partie sur le témoignage de ce petit garçon âgé de 2 ans : le seul et unique témoin de cette affaire. Ce drame a déclenché un torrent médiatique et une véritable chasse à l’homme.
Après que le père ait fait passer un appel à témoin, les policiers reçoivent des centaines d’appels mais aucun de ces appels ne font avancer l’enquête. Le mode opératoire du meurtre inquiète la population de Londres qui n’est pas rassurée qu’un homme aussi dangereux soit dans la nature.
Quant aux policiers, ces derniers savent qu’ils sont probablement face à un tueur en série et qui, peut être, est déjà en train de planifier sa prochaine attaque. Les policiers savent qu’ils doivent agir au plus vite. Le petit Alex est, par conséquent , interrogé par la police avec l’aide d’une pédopsychiatre pour ne pas le traumatiser.
Ils installent également des caméras de surveillance dans la maison des grands-parents où résident à présent Alex afin de filmer des éventuels moments où il se confirait sur le meurtre de sa mère.
Les rendez-vous avec la pédopsychiatre ne donnent rien. Mais, un jour dans la voiture de son père, Alex s’est mis à dessiner physiquement l’homme qui avait tué sa mère. De leur côté, les policiers poursuivent leur investigation avec soin et interrogent les proches de Rachel qui sont, un par un, rayé de la liste des suspects.
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L’une des plus grandes erreurs judiciaires britanniques
Une enquête à contre sens
Dans les faits, l’enquête est encore une fois toujours au point mort , la police n’a toujours aucun suspect en vue, elle subit une pression de plus en plus forte et la presse critique leur travail, les jugeant incompétents. Un mois après le meurtre, un portrait robot est établi grâce au témoignage d’Alex.
Ce portrait est alors diffusé dans un segment de l’émission Prime Watch. La police reçoit de nouveaux appels et plusieurs personnes affirment connaître une personne dans leur entourage, ressembler à ce portrait robot établi. C’est alors qu’un nom ressort : celui de Colin Stag.
Dès le lendemain de la diffusion du reportage, les policiers décident de se rendre chez lui pour l’interpeller et pour l’interroger sur le meurtre. Un suspect désigné sans la moindre preuve tangibe et une opération d’infiltration digne d’un roman d’espionnage. L’opération tourne court. En effet, en 1994, un juge de l’Old Bailey rejette l’ensemble des charges. Il qualifie la méthode de démarche « totalement répréhensible ». Colin Stagg a passé 13 mois en détention provisoire pour un crime qu’il n’a pas commis, et reste pendant des années « l’homme le plus haï de Grande-Bretagne » selon ses propres mots. Il recevra finalement plus de 700 000 livres sterling de dédommagement.
Une avancée scientifique qui change tout
En 2002, 10 ans après la mort de Rachel, l’affaire fait de nouveau la une des journaux . Cette anniversaire relance l’intérêt des anglais pour cette affaire et oblige ainsi la police à se pencher sur cette affaire. C’est alors qu’est montée une équipe d’enquêteurs pour réétudier le dossier.
Ils réexaminent les milliers de témoignages et interrogent des centaines de prédateurs sexuels et épluchent le dossier dans l’espoir de trouver un indice qui aurait échappé aux enquêteurs. Bingo : l’ADN, retrouvé sur le corps de Rachel qui était inexploitable en 1992, l’est en 2003 et peut être enfin analyser grâce aux progrès scientifiques.
Cet ADN est alors entré dans une base de données contenant des échantillons d’ADN sur tous les ADN des criminels condamnés ou inculpés pour des crimes. Cet ADN concorde avec un criminel déjà condamné , un certain Robert Napper, violeur en série et meurtrier de 39 ans , qui au moment de cette découverte, est interné dans un hôpital psychiatrique.
16 ans s’écoulent entre le meurtre et la condamnation du vrai coupable. 16 années pendant lesquelles la famille de Rachel a attendu.


Près de 30 ans plus tard, son fils revient sur le meurtre de sa mère, un évènement tragique qui a chamboulé sa vie, avec la sortie d’un documentaire disponible sur Amazon Prime : « Survivre au meurtre de ma mère »

En parallèle à la série, un documentaire poignant est disponible sur Netflix : « Le meurtre de Rachel Nickell » (The Murder of Rachel Nickell).