Durant quelques jours encore se tient à Paris le tournage de la première saison de Philharmonia, le nouveau pari audacieux de France 2. VL a pu se rendre sur l’un des décors en exclusivité.

Dans une télévision mondiale saturée de remakes et de reboots, il est bon de saluer les projets originaux, fruits de l’esprit de nos auteurs. Jusque début mars, à Paris, se tient le tournage de la première saison de Philharmonia, « un thriller psychologique » dans le monde de la musique classique.
Loin des traditionnels polars, Philharmonia se veut une (re)découverte d’un milieu que l’on connaît en réalité mal. « Avec Philharmonia, on l’impression de rentrer telle une petite souris dans un milieu que l’on ne connaît pas« , nous confie Laurent Bateau (Léopold Saint-Just) sur le tournage. « Comme pour l’opéra, on pense que la musique classique est un milieu élitiste« , ajoute François Vincentelli (Yvan Borowski), « mais en fait ce sont des gens comme vous et moi, qui ont faits des études et qui viennent tout simplement faire leur métier. Il se trouve que leur métier est dans la musique. C’est positif pour la musique classique de montrer qu’il y a de la vie derrière tout ça. »
Sur la musique classique, Charlie Bruneau (Agathe Robinson) ajoute très justement que « même quand on est néophyte, que l’on n’y connait rien à la musique classique, qu’on ne connaît pas le compositeur ou le titre d’un morceau, la musique classique fait partie de nous, de notre vie, qu’il s’agisse du cinéma et de ces musiques de film ou même de la publicité. »

C’est quoi Philharmonia ? Après 20 ans d’absence, Hélène Barizet revient à Paris pour prendre la tête du Philharmonia, Orchestre National dans la tourmente depuis la mort brutale de son chef. Nommée contre l’avis des musiciens et du Directeur, cette femme aux méthodes atypiques a une saison pour faire sa place et  sauver l’orchestre, réputé pour être « un tueur de chefs ».
Hélène n’a pas de temps à perdre, elle vit chaque jour comme le dernier. Dès son arrivée, elle remplace le premier violon, traditionnel pilier de l’orchestre, par Selena Rivière, une tuttiste de vingt ans, assise au troisième rang. En l’écoutant jouer, Hélène se reconnaît immédiatement dans cette jeune violoniste prodige. La musique comme absolu, la passion comme moteur. Le maestro est bien décidé à faire de Selena son héritière.  Mais comment transmettre quand tout ce que l’on souhaite, c’est rompre avec le passé ?

Mardi 06 février 2018. Nous avons rendez-vous dans les environs de Montmartre pour nous rendre sur le tournage de la saison 1 de Philharmonia.

VL MEDIA est le premier média à pouvoir pénétrer les coulisses de cette nouvelle série très attendue. C’est la co-créatrice Marine Gacem qui nous accueille pour nous servir de guide. Marine Gacem, une auteure que l’on connait bien puisqu’elle a longtemps œuvré sur Chérif aux côtés de Lionel Olenga. En amoureuse de la musique classique, son ambition est claire : montrer que la musique classique n’est pas réservée à une élite. Mieux. La musique classique est moderne et les auteurs et le réalisateur entendent bien le (dé)montrer. « Ce qui rend le projet si singulier, c’est que l’on replace la musique classique dans un drame« , nous précise Louis Choquette le réalisateur des 6 épisodes.

Pour cela, les auteurs de Philharmonia ont clairement placé la musique au cœur de la série. Jamais gratuite, « la musique est au service de l’histoire » nous confie Marine Gacem. « La musique n’est pas qu’un contexte, elle est aussi un vecteur de l’histoire. Chaque oeuvre a été choisie en fonction de ce qu’elle dira de l’histoire au moment où on l’entendra », poursuit Louis Choquette.
Le public pourra tout à la fois retrouver des grands classiques comme des ré-orchestrations de musique rock (Boys don’t cry de The Cure). Mais il pourra aussi constater que la production met les petits plats dans les grands et soignent la production musicale de son show. Pour cela, le compositeur Etienne Perruchon (qui a notamment travaillé avec Patrice Leconte) a composé deux morceaux inédits spécialement pour la série : Ten for Nine Eleven et Philia’s Song. Lors du tournage auquel nous avons assisté, nous avons pu entendre l’un des deux morceaux. La magie opère vite, le morceau est très réussi et s’encre dans notre tête quasi immédiatement. On nous avait promis le plus grand soin apporté à la musique, on ne nous a manifestement pas menti.

Retour au tournage. Sans rien dévoiler de l’intrigue, nous avons assisté de manière très privilégié à une scène très importante du second épisode. Une soirée chez un riche mécène, Rafael Crozes, incarné par Tomer Sisley dans laquelle l’héroïne interprétée par Marie-Sophie Ferdane, va jouer un concert privé « il  pourrait financer son orchestre« , nous explique Tomer Sisley, « mais rien n’est jamais gratuit avec lui« .

Le décor est aménagé somptueusement dans une très belle maison de ville. Le chef décorateur Philippe Hézard a réalisé pour l’occasion un travail de précision et d’orfèvrerie. Les conditions climatiques -la neige qui a frappée Paris- ont demandé pour des questions de raccords un déneigement du jardin extérieur qui a pris beaucoup de temps, depuis le début de la journée et en continu jusque tard, la neige ne cessant de tomber. Tout est à l’identique sur le tournage de Philharmonia, chaque détail compte, avec en toile de fond la volonté de chacun de faire une série qui se rapproche des standards internationaux.
Les comédiens sont choisis en fonction de leur aptitude à jouer d’un instrument ou alors un coach est à leurs côtés pour faire en sorte que chaque geste soit bien précis et bien exécuté. Avant de tourner la scène du concert privé, Lina El Arabi, sublime révélation de Ne m’abandonne pas, comprenant l’importance de son solo de violon dans la scène à venir, répète inlassablement son morceau avec sa coach.
« Peut-être que les vrais musiciens verront à quel endroit on fait moins bien les gestes », ajoute François Vincentelli, « mais on donne le maximum et le très beau travail de réalisation et de montage fera le reste. » Louis Choquette précisant « Pour avoir discuter avec les musiciens à propos d’autres projets sur lesquels ils ont travaillés, on doit être solide. La barre est haute. » Le geste doit être précis pour rendre l’ensemble crédible. Comme au temps de séries médicales comme Urgences où les acteurs étaient coachés pour reproduite les bons gestes des médecins.

En maestro de cette série, Louis Choquette (réalisateur) travaille de concert avec Marine Gacem (productrice artistique et auteure). « Ça se passe avec merveille avec Marine, de manière très harmonieuse. D’ordinaire avec les showrunners (très en vogue aux Etats-Unis), on peut parfois se sentir dépossédé de notre travail, mais pas là. C’est un luxe d’avoir l’auteure sur le tournage car nous sommes là tous les deux en train de construire l’histoire. » Louis Choquette est un habitué des séries, il a œuvré sur des shows comme Mafiosa ou Versailles. Mais pour rendre cette série possible, le réalisateur a voulu ce qu’il appelle lui même « une caméra qui parle, qui raconte l’histoire, qui bouge, qui va souligner les moments plus subtiles. Une caméra décomplexée en somme« .

Philharmonia nous offre un voyage à la découverte d’un milieu professionnel, une sorte de work place drama comme Dix pour cent nous le propose également. Pour accompagner le tout, un thriller a été ajouté puisque l’héroïne est frappée d’une malédiction qui la poursuit tout au long de la saison. La saison est ainsi coupée en 3, sans doute en double épisode par soirée : la conquête, la descente aux enfers et le chemin vers la lumière. Toutes les questions trouveront leur réponse en fin de saison mais en bonne créatrice de séries, Marine Gacem assure qu’il y aura une ouverture et qu’elle a des plans pour poursuivre la série sur plusieurs saisons (en cas de succès).

En attendant, le projet fait furieusement saliver, chacun se donnant à fond, jusqu’à la productrice de la série (Merlin Productions), Rose Brandford Griffith, pour faire une série qualitativement au top et qui intéressera les téléspectateurs français bien entendu mais aussi avec une ambition internationale manifeste.

FICHE TECHNIQUE

Productrice : Rose Brandford Griffith – Merlin ProducHons Production artistique : Marine Gacem – Merlin Productions Série co-créée par Marine Gacem et Laura Piani Episodes co-écrits par Marine Gacem et Clara Bourreau Directeur de production : Alain Bonnet Réalisateur : Louis Choquette Directrice de la photographie : Pénélope Pourriat Ingénieur du son : Philippe Welsh Casting :

Côté Orchestre : Hélène BARIZET (Cheffe): Marie-Sophie FERDANE Selena RIVIERE (Premier violon) : Lina EL ARABI Yvan BOROWSKI (Percussionniste/Timbalier): François VINCENTELLI Agathe ROBINSON (Corniste) : Charlie BRUNEAU Vladimir GREGORIU (Violoniste) : Tom NOVEMBRE Jeff MORETTI (Hautboïste) : Olivier CHANTREAU Julien GIACOMO (Maestro) : François BURELOUP Avec la participation de : Fréderic Lodéon et des musiciens de l’ONDIF, présents à l’écran dans leurs propres rôles.

Côtés coulisses : Léopold SAINT-JUST : Laurent BATEAU Rafael CROZES : Tomer SISLEY Jean BARIZET : Jacques WEBER Peter FAULKNER : Guillaume DOLMANS Mattéo BOROSWSKI Audran CATTIN Martine BADIOU : Véronique JANNOT