Interdire les locations Airbnb sur les quatre premiers arrondissements de Paris. C’est le projet de l’adjoint communiste au logement de la Mairie. Son nouveau livre, Airbnb, la ville uberisée, s’attaque à la plateforme américaine.

« Sur les quatre premiers arrondissements de la capitale, un quart des logements ne sert plus à loger des Parisiens, mais uniquement à des résidences secondaires et des locations touristiques. C’est un réel problème alors que les classes moyennes et les familles ont de plus en plus de mal à se loger. Il faut lancer une réflexion, se donner la possibilité d’aller plus loin et par exemple empêcher la location d’appartements entiers dans le cœur historique de Paris. » Ian Brossat au micro de France Info

Les Ier, IIème, IIIème et IVème arrondissements de Paris sont très prisés par les touristes. Ce sont des quartiers qui donnent directement sur l’Île de la Cité, sur Saint-Michel, les Tuileries. Le Louvre est juste de l’autre côté de la Seine.

Ian Brossat est adjoint au logement de la maire de Paris. Il est aussi la tête de file de la liste communiste aux élections européennes de 2019. Il estime qu’aujourd’hui, 26% des logements du centre de Paris ne sont pas occupés par des parisiens. De plus, sur les 1, 4 millions de logement à Paris, il avance le chiffre de 100 000 résidences secondaires. Pour l’élu, c’est trop: « Est-ce qu’on veut que Paris soit une ville accessible aux classes moyennes ou une cour de récréation pour des milliardaires saoudiens ou américains ?« 

Ian Brossat, ne s’oppose pas à toutes les locations. Louer une chambre serait toujours possible dans son projet. C’est l’occupation d’un logement entier qui serait interdit. Il cite des exemples de propriétaires qui achètent tout un immeuble pour pouvoir en louer chaque appartement. Seulement ces restrictions ne pourront pas être appliquée par la ville de Paris, mais par le Parlement.

« Airbnb c’était une bonne idée« 

Le Parlement débat actuellement d’une loi qui renforcerait les sanctions contre les loueurs qui dépasse la limite de cent-vingt nuits de location. Entre 5 000 et 10 000 euros d’amande pour le propriétaire, et 50 000 euros pour la plateforme.

Mounir Mahjoubi, secrétaire d’Etat au Numérique répond à la proposition en disant être « pour l’interdiction des Airbnb du centre de Paris lorsqu’ils sont illégaux. » Il accuse notamment Brossat de vouloir faire un buzz promotionnel autour de son livre. Cependant, Mahjoubi rejoint l’élu communiste sur la gentrification causée par la plateforme. « Airbnb, c’était une bonne idée. Mais ce n’est plus cette jolie histoire de quelqu’un qui met à disposition son appartement. Il y a des gens qui achètent plusieurs appartements [et qui louent] sans respecter aucune règle. »

Paris reste la destination la plus demandée sur Airbnb. Près de 60 000 logement sont actuellement en location d’après les derniers chiffres.

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