La série A l’instinct revient ce soir et vendredi 4 septembre pour deux épisodes inédits et on ne saurait que trop vous conseiller de la voir.
Après un épisode pilote très différent dans le ton et dans la forme, A l’instinct effectue sa mue dès l’épisode 2 porté par un nouveau binôme – Christopher Bayemi et Juliette Plumecocq-Mech – et une série vraiment repensée. Avec deux épisodes « seulement » par an malgré un succès indéniable lors de la précédente diffusion, la série revient ce soir avec « Dans les limbes » et « Le feu sacré« .
Le feu sacré
Lorsqu’un corps calciné est retrouvé sur un bûcher dans un champ, Oriane et Téva, enquêteurs de la DZPJ, sont appelés en renfort dans une petite commune rurale. La victime, Zoé Gallois, 16 ans, lycéenne apparemment sans histoire, laisse derrière elle un entourage déboussolé et des parents déconnectés. L’enquête révèle que Zoé menait une double vie : brillante élève en façade, elle fréquentait en secret un agriculteur marginal, Ludovic Simonnet, qu’elle aurait « aidé » grâce à un mystérieux don de guérison. Peu à peu, Téva et Oriane découvrent l’existence d’un univers ésotérique autour de la jeune fille : symboles wicca, autel secret, rituels de protection… Zoé mettait ses « pouvoirs » au service de tous…
Dans les limbes
Le corps d’un père de famille est retrouvé enterré au pied d’un vieux chêne, en pleine forêt. Assommé, puis inhumé vivant. Pour comprendre le mystère autour de ce meurtre, Téva et Oriane remontent le fil de sa dernière matinée et peu à peu, les secrets d’une famille bourgeoise respectable en apparence remontent à la surface. Jusqu’à ce que le plus lourd d’entre eux se révèle : à un mètre sous le premier cadavre, on exhume les ossements d’un adolescent disparu depuis quinze ans. Un enfant accueilli par la famille qu’on pensait avoir fugué. Deux corps, un même arbre, quinze ans d’écart : Téva et Oriane comprennent vite que le meurtre du père et la disparition de l’adolescent ne sont pas deux drames séparés, mais les deux actes d’une même histoire enfouie. Il leur faut recoller les morceaux du puzzle familial et faire jaillir la vérité qui sape les fondations de ce foyer depuis plus de quinze ans.
A l’instinct a su se réinventer du tout au tout
C’est l’histoire d’une série qui sur son pilote était comme tant d’autres et qui a dû se réinventer dès le 2e épisode pour devenir une fiction à l’identité singulière.
D’abord, le binôme fonctionne à merveille grâce à l’arrivée de Juliette Plumecocq-Mesh toujours absolument incroyable dans chacune de ses incarnations. Dans l’épisode diffusé ce soir, on la voit fendre l’armure évoquant la « différence » qu’elle sentait en elle au lycée et qui donne à cette scène un moment rempli d’émotion. Mais leur duo de « feu et de glace » est l’une des nouveautés salutaires de cette nouvelle mouture.
Mais c’est bien aussi sur les histoires et l’identité de la série que le plus gros du travail a été fait. Dans le pilote, si ce n’est le personnage de Christopher Bayemi, il n’y avait guère d’originalité dans l’intrigue policière. Mais dès le suivant et c’est désormais le cas tout le temps, chaque épisode voit nos enquêteurs arriver dans un village différent pour une atmosphère différente qui démarre comme dans du paranormal. Un meurtre a été commis mais des forces occultes, sombres semblent être à l’oeuvre. Il est notamment question de « sorcellerie » ce soir mais on a notamment traité la question du vaudou. Les auteurs semblent avoir retenu la mécanique qui faisait de Les rivières pourpres un polar vraiment différent.

On ignore toujours dès que l’épisode commence si la série va ou pas plonger directement dans le genre ou rester sur cette ligne de crête. Mais le choix de faire de ces flics des personnages toujours en mouvement, allant de ville en ville (comme dans Supernatural) est une vraie bonne idée. Ce choix de genre dans chaque épisode s’accompagne d’un vrai travail opéré sur la photographie, la lumière et c’est vraiment sensible quand vous comparez l’épisode de cette semaine très lumineux, très solaire (« Le feu sacré ») avec le prochain avec sa lumière très grise, très sombre (« Dans les limbes »). Tout semble cohérent et étudié dans une série qui joue sur une ligne de crête entre les désirs d’une chaîne de décliner des polars et une production qui tente de proposer des choses qui font faire un pas de côté. Intéressant aussi le travail effectué sur les costumes. Tandis que Teva, tel un super-héros- porte toujours un tenue très proche d’épisode en épisode, Oriane elle s’adapte à un nouvel environnement et c’est sa tenue qui en est le principal témoin.
Grâce à un changement radical dans son ADN et l’arrivée d’une actrice singulière au casting, A l’instinct est passé de « la série de plus » à une série originale, singulière, qui montre ce que des auteurs peuvent être tenté de faire quand ils osent naviguer en équilibre entre contingences d’une chaîne et volonté d’innovation.