Son nom ne vous dit probablement rien. Encore inconnu ou presque jusqu’à la déclaration de sa candidature pour la présidence du parti Les Républicains, Maël de Calan a réuni suffisamment de parrainages pour se présenter. Prônant une droite modérée, le candidat de 36 ans espère se faire en entendre dans un parti qui tend à durcir sa ligne face l’empiétement politique de la République en Marche…  Portrait de l’outsider de cette élection du 10 décembre 2017.

Les 5 choses à savoir sur lui :

Une carrière politique prometteuse

Maël de Calan a commencé son engagement politique dès ses jeunes années à Sciences Po, où il a été le président de section à l’UMP. En 2012, il participe à la rédaction du programme économique de Nicolas Sarkozy pour l’élection présidentielle. Le 8 avril 2013, il est intronisé au bureau politique de l’UMP. Un an plus tard, il s’engage aux côtés d’Alain Juppé pour préparer sa campagne pour les primaires de la droite. Enfin, à l’occasion des élections législatives de 2017, il se présente dans la 4ème circonscription du Finistère. Mais est battu par la députée de la République En Marche…

Héritier d’Alain Juppé

Présent à ses côtés lors de la primaire de la droite, Maël de Calan s’inscrit comme le digne héritier d’Alain Juppé. Droite modérée, vigoureusement pro-européen et Macron-compatible, il marche dans les pas de son mentor. Alain Juppé a même publiquement apporté son soutien le 5 décembre : « à titre personnel, mon choix est fait et je lui apporterai donc mon suffrage ».

L’incompatibilité Wauquiez

Laurent Wauquiez incarne une droite dure. Trop dure à son goût. Maël de Calan est clair : « Il y a clairement deux lignes différentes incarnées […] : une ligne très clivante sur la forme et très dure sur le fond et une ligne plus crédible sur la forme et plus ouverte sur le fond ».

Fervent combattant du FN

Dans le prolongement de l’idée précédente, Maël de Calan a fait de son combat contre le FN son fer de lance. Il a même écrit un livre un sujet intitulé La Vérité sur le programme du Front National. Livre qu’il conclut par la phrase suivante : « un fatras de contradictions, un fetsival d’incohérence ».

Il travaille dans une start-up

Il le revendique. En parallèle de sa carrière politique, il a toujours été de près ou de loin salarié du privé. Aujourd’hui, le candidat est directeur de développement dans une start-up située à Roscoff, dans le Finistère. Poste évidemment mis entre parenthèses pendant sa campagne.

Sa force ?

Porté par la vague de « jeunisme » ambiant, Maël de Calan incarne clairement cette mouvance. Jeune, « start-uper » et ouvert sur le monde, il est l’Emmanuel Macron de la droite, toute proportion gardée.

Sa faiblesse ?

Son manque cruel de notoriété. Il ne fait pas parti des figures majeures de la droite. Cela constitue un frein majeur pour les sympathisants LR qui ont besoin de savoir à qui se fier.  D’autant plus que sans incarnation franche, le parti risque de manquer en consistance. 

 

Ses idées pour diriger le parti

Le candidat souhaite insuffler un vent nouveau dans le parti, notamment en transposant le modèle d’entreprise/start-up aux Républicains. C’est-à-dire donner la chance à des jeunes dans une organisation paritaire, transparente et irréprochable éthiquement parlant.

Du point de vue idéologique, il souhaite clarifier la ligne politique du parti à travers une charte que les adhérents voteraient pour établir les nouvelles fondations des Républicains. Pour autant, pour ne pas figer le mouvement, il veut engager quotidiennement le parti dans la réflexion afin de remporter, à terme, la bataille des idées. 

Que peut-il espérer de cette élection ?

La vraie question ne se pose pas sur ses chances de victoire dans cette élection (qui sont proches de zéro). Elle s’établit sur le pourcentage que le candidat arrivera à faire.  Lui-même le reconnait : « A partir de 10 %, la ligne que je défends, pourra continuer à se faire entendre au sein des Républicains. Au-delà de 20 %, elle sera incontournable » .

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