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L’après Paris 2024 : quelle est la place du sport en France ?

Deux ans après Paris 2024, et à quatre ans des Jeux d’hiver 2030 en France, la question de la place du sport en France se pose. Comment cet événement a marqué l’histoire du sport français ?

« Dans la perspective des JO 2030 et deux ans après les JO de Paris 2024, quelle place pour le sport amateur et professionnel en France ? », c’est la question posée par Frédéric Teulon (fondateur et Directeur d’AGORA PEM) lors d’une table ronde sur le sujet.

Cinq spécialistes étaient invités : Eric Monnin (Maitre de conférence HDR, ambassadeur Paris 2024, et ancien judoka professionnel à l’époque de David Douillet), Anna Godzinski (Eurosport senior management, a travaillé pour la fédération française de natation et le groupe Amaury sport et ancienne membre de l’équipe de France de plongeon)  Pascal Crifo (CEO Publicis sport), Jean Savarino (Président de la disciplinaire FF Handisport, ancien boxeur de haut niveau, ancien entraineur de l’équipe de France de boxe pour les Jeux de Londres 2012) et Claire Goyon (DG SporTech France, a travaillé pour la FFF et a été membre du comité de Paris 2024).

Parmi les thématiques abordées, figurent la question de l’héritage des Jeux de Paris 2024 ainsi que celle de son impact. Un autre sujet porte sur la pertinence et la logique d’organisation de grands événements dans le futur, en raison notamment de leur impact sur l’environnement. Un dernier point concerne la question plus globale de la réussite des Jeux de Paris 2024.

L’héritage Paris 2024

Est-ce que Paris 2024 est une réussite (collective ou individuelle) ? Quel impact les Jeux ont-ils eu à l’échelle française et internationale ? Quel est leur héritage ?

Pour Éric Monnin et Claire Goyon, il est essentiel de séparer les termes « héritage » et « impact », puisque cela n’a pas la même conséquence.

Selon Anna Godzinski, Pascal Crifo et Jean Savarino, ces Jeux de Paris ont eu un véritable impact positif sur la France au niveau national et international. D’après Pascal Crifo, Paris 2024 est un succès extraordinaire, une réussite individuelle et collective. Pourtant, à la base, cela était imaginé comme un flop (aussi au niveau économique). Des sports, comme le tennis de table, ont explosé avec les frères Lebrun. Évidemment, on peut toujours faire mieux, mais il s’agit d’un succès exceptionnel que personne n’avait prédit.

Pour Jean Savarino, les Jeux olympiques ont eu un impact direct sur les Jeux paralympiques en créant une ferveur et un intérêt pour la fin des Jeux de Paris, grâce à ceux qui ont regretté de ne pas avoir fait la fête dès le début.

Anna Godzinski appuie les propos en expliquant que tout le monde s’est tourné vers le sport à ce moment-là, que la France s’est arrêtée pour le sport. Grâce à la construction d’un nouveau centre aquatique, le France va pouvoir accueillir les championnats européens de natation cet été, la première fois depuis 1987. Le village olympique a permis de créer de nouveaux logements qui sont aujourd’hui occupés.

Selon Claire Goyon, l’héritage de Paris 2024 se joue dans l’innovation et dans l’envie des entreprises de répondre à des besoins et demandes liés au sport.

Organiser de grandes compétitions à l’avenir, est ce encore possible ?

D’après l’analyse d’Éric Monnin, les gros événements peuvent toujours exister à l’avenir, mais sous une autre forme.

Le problème numéro un des gros événements tels que les Coupes du monde et des Jeux est le déplacement des athlètes et surtout des supporters sur les lieux de compétition.

Pascal Crifo explique que lors des Jeux de Paris 2024, la société Enedis (distributeur d’électricité) a travaillé avec la compétition en alimentant en énergie les stades. Une action qui a permis d’après ses informations de réduire l’empreinte carbone de 90 %, uniquement à ce niveau.

D’après une étude publiée sur le site du gouvernement français en 2025 sur le bilan carbone des Jeux de Paris, l’empreinte de l’événement s’élève à 2,085 millions de tonnes. Les raisons de cette empreinte sont réparties en trois grands points : 16 % pour la préparation et les installations temporaires, 19 % pour les équipements permanents et 65 % pour les déplacements et les hébergements.

« La moitié de l’empreinte carbone totale des Jeux est due aux déplacements des spectateurs étrangers. Et les déplacements longue distance ont un poids particulièrement important : les 9 % de spectateurs extra-européens sont à l’origine de 80 % des émissions liées au transport. »

50 % de l’empreinte carbone totale sont dus aux déplacements des spectateurs étrangers. L’émission moyenne d’un extra-européen est de 2,4 tonnes de CO2, tandis que, pour un Européen, le chiffre passe à 0,2 tonne.

D’après l’article, « la France a réussi à diminuer les émissions des Jeux grâce à des choix structurants : la réutilisation d’équipements existants et donc beaucoup moins de constructions. Les quelques nouvelles installations ont été pensées pour être ensuite utiles pour les habitants […]. Une stratégie qui permet à Paris 2024 de décrocher symboliquement la médaille d’or climatique. »

Quels sont les résultats ?

Du 31 juillet au 16 août 2026 la France, et plus précisément Paris, accueille les Championnats européens de natation. Une première depuis 1987 comme l’explique Anna Godzinski. Si le centre aquatique n’avait pas été construit, cela n’aurait sûrement pas été possible.

En 2031, la France va recevoir la Coupe du monde de basketball.

En 2030, le pays a été choisi comme membre organisateur des Jeux d’hiver. Un événement qui, comme pour Paris 2024, est imaginé comme un futur échec, notamment en raison des différents conflits internes et externes. Pour le savoir, rendez-vous dans un peu moins de quatre ans.

En ce qui concerne le sport de manière plus large, après les Jeux, les subventions accordées par l’Etat ont chutées de 18 %, comme l’indique Eric Monnin. De nombreux sportifs professionnels ont vu leur nombre de sponsors se réduire, en particulier pour les para-athlètes. C’est Alexis Hanquinquant (para-triathlète), porteur du drapeau français qui a expliqué avoir perdu près de la moitié de ses sponsors, moins d’un an après la fin de l’événement.

Selon Pascal Crifo, le sport en France ne vit pas uniquement à travers les fédérations, mais aussi grâce à d’autres types d’événements sportifs organisés par des créateurs de contenu. Parmi ces événements, il y a le GP Explorer organisé par Squeezie, l’Eleven All Stars (par AmineMaTue), ou encore le Crunch Creator (par djaysonkaravane). Des compétitions qui ont ramené de nombreux partenaires et sponsors, ainsi que beaucoup de vues et de spectateurs (plusieurs milliers, voire millions).

Ce qui est sûr, c’est que le sport doit se réinventer, et que les fédérations et le gouvernement doivent agir afin de transformer l’impact, en un bel héritage.

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