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On débriefe pour vous… Des, David Tennant nous glace le sang en tueur en série

Avec un David Tennant magistral, Des sonde la personnalité d’un tueur en série terrifiant – qui a réellement existé.

C’est quoi, Des ? Suite à la découverte de restes humains dans les canalisations d’une maison, la police londonienne se rend sur place. Alors qu’il rentre chez lui, l’occupant des lieux Des Nilsen (David Tennant) avoue spontanément être un tueur en série. Placé en garde à vue, interrogé par l’inspecteur Peter Jay (Daniel Mays), il détaille froidement les meurtres : depuis des années, il attire chez lui des jeunes hommes avant de les assassiner. Avec l’aide du journaliste Brian Masters (Jason Watkins), l’enquêteur va tenter de cerner la personnalité du tueur, de découvrir l’identité de toutes ses victimes et de monter un dossier afin de le faire condamner.

Il le dit lui-même : « J’ai du mal à croire que moi, Des Nilsen, j’ai vraiment fait tout ça ». Nous aussi, même et surtout après avoir regardé Des, mini-série de trois épisodes disponible sur Starzplay. Inspiré d’un livre du journaliste Brian Masters, ce biopic aux airs de thriller psychologique raconte l’histoire du tueur en série Dennis Andrew Nilsen alias Des, condamné pour quinze meurtres commis entre 1978 et 1983. Son mode opératoire lui a valu le surnom de The Kindly Killer : il attirait ses victimes – principalement des jeunes sans-abri homosexuels – en leur promettant un endroit où passer la nuit.

La série expose l’affaire en trois actes, correspondant à chacun des épisodes : l”arrestation, les interrogatoires puis le procès. La série commence en 1983, lorsque Nilsen est interpellé suite à la découverte de restes humains dans les canalisations de sa maison. Divers témoignages viendront consolider le dossier mais, contre toute attente, le tueur reconnaît d’emblée sa culpabilité. Avec une froideur et un détachement terrifiants, il va même détailler complaisamment la manière dont il a agi et les horreurs subies par ses victimes.

The kindly killer face au journaliste

Basée sur des faits réels bien connus des Britanniques, Des n’entretient aucun faux suspense. On sait dès le début qui est l’assassin, il n’y a aucune enquête pour appréhender un tueur que, de toute manière, on ne cherchait même pas étant donné que les crimes frappant des sans-abri étaient passés inaperçus ! La série ne s’intéresse donc pas à la résolution des meurtres mais à la personnalité du meurtrier ; ce n’est pas un whodunnit où l’on cherche un coupable, mais un whydunnit où l’on cherche ses motivations.

Tout repose sur les discussions de l’assassin avec l’inspecteur Peter Jay d’une part, et avec le journaliste Brian Masters d’autre part. Cette dialectique sur la psyché d’un tueur en série, la manière dont on entre peu à peu dans sa tête à travers les dialogues créent un certain parallèle avec la série Mindhunter : les longues conversations de Des avec ses deux interlocuteurs ne sont pas si différentes de celles des deux agents du FBI avec Ed Kemper par exemple.

A lire aussi : Mindhunter saison 2, un peu plus loin dans l’horreur

Ce n’est pas par hasard que l’on cite Kemper. Comme lui, Des est un psychopathe nécrophile terrifiant, remarquablement intelligent, détaché et capable de décrire froidement voire avec ironie les atrocités qu’il a commises. Aucun flashback, aucune scène de meurtre… et c’est peut-être pire. C’est à glacer le sang des enquêteurs et des spectateurs lorsqu’un Des imperturbable lance au journaliste : «Si vous vous souciez plus de ce que j’ai fait avec leurs cadavres que de ce que je leur ai fait quand ils étaient en vie, vous devriez vraiment revoir vos priorités. » Ou le fait qu’il ne se souvienne pas du nom de ses victimes mais se rappelle en revanche du moindre détail des meurtres. Pour aggraver les choses, la police doit retrouver les corps afin de prouver légalement que Nilsen est bien coupable, et ce malgré ses aveux.

Centré sur le procès, le troisième épisode est également passionnant ne serait-ce que lorsqu’il pose une question délicate : Nilsen est-il fou ou non ? Il a étranglé ou noyé ses victimes, a assouvi ses fantasmes sur leurs cadavres, les a démembré avant de les enterrer, de les brûler ou de les jeter dans les égouts… mais il l’a fait de manière méthodique, a traqué ses proies, a dissimulé les corps. Toute l’ambiguïté est là : des actes répugnants commis par un esprit tordu… mais avec logique et pragmatisme.

Toute cette histoire, nous la vivons à travers le regard de l’inspecteur Jay et du journaliste Masters. Le premier, interprété par l’excellent Daniel Mays (Line of duty) tente de rester impassible à mesure qu’il entend les aveux effarants de Des et découvre l’étendue de sa perversité. Le second (impeccable Jason Watkins, vu dans The Crown) navigue entre l’objectivité nécessaire à sa profession et la fascination morbide qu’exerce sur lui le tueur.

Le jeu des 7 erreurs : le vrai Des Nilsen et David Tennant.

Le tueur, justement : en se glissant dans la peau de Des, David Tennant (Dr Who, Broadchurch, Good Omens – entre autres) nous donne une masterclass d’interprétation d’un psychopathe. En seulement trois épisodes, il donne à son personnage une complexité de plus en plus prégnante et l’image initiale du meurtrier qui veut tout avouer n’a presque rien à voir avec le portrait final. La ressemblance de l’acteur avec le vrai Dennis Nilsen est déjà perturbante ; la manière dont il incarne ce type a priori banal et sans une once de charisme, mais aussi sans la moindre empathie et entouré d’une aura glauque et malsaine est magistrale… et donc atrocement dérangeante. Des Nilsen risque de vous hanter, bien après avoir regardé la série.

Relatant une vraie affaire criminelle qui a secoué la Grande-Bretagne dans les années 1980, Des sonde l’esprit malade d’un tueur en série à la manière d’un Mindhunter, tente de percer les mystères d’un homme aussi banal en apparence que terrifiant dans sa froideur et la perversité des meurtres qu’il a commis. Portée par un David Tennant formidable (oui, c’est un pléonasme), cette mini-série est passionnante, dérangeante, effrayante : âmes sensibles, s’abstenir.

Des (ITV)
3 épisodes de 45′ environ.
Disponible sur Starzplay.

About author

Traductrice et chroniqueuse, fille spirituelle de Tony Soprano et de Gemma Teller, Fanny Lombard Allegra a développé une addiction quasi-pathologique aux séries. Maîtrisant le maniement du glaive (grâce à Rome), capable de diagnostiquer un lupus (merci Dr House) et de combattre toutes les créatures surnaturelles (vive les frères Winchester), elle n'a toujours rien compris à la fin de Lost et souffre d'un syndrome de stress post-Breaking Bad
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