Après la réussite de « Destination Eurovision » en 2018 et l’annonce de sa reconduction pour 2019, France 2 et ITV ont présenté ce 6 décembre les grandes lignes de la sélection française pour le concours de l’Eurovision. 18 artistes seront répartis en deux demi-finales et une finale le mois prochain, pour tenter de représenter la France à Tel-Aviv, en mai 2019.

ITV, co-organisateur de « Destination Eurovision », a conservé le squelette du programme, mais en montrant davantage les muscles. Comme l’année dernière, 18 chansons seront réparties en deux demi-finales, quatre seront qualifiées à chaque fois pour une finale à huit, dans laquelle le public décidera pour moitié de la chanson qu’il souhaite voir à l’Eurovision. Ça, c’est le squelette. Mais les muscles sont saillants. Pour commencer, pas moins de 20 jurés internationaux, « des chefs de délégation et surtout des auteurs de tubes de l’Eurovision » indique Steven Clérima, qui vivra à Tel-Aviv son tout premier Eurovision « principal », après la version junior en novembre dernier.

Dans le détail, cinq voteront dans la chaque demi-finale, et 10 autres en finale. Le point de vue international, qui se pratique dans les plus grandes sélections nationales pour l’Eurovision, semble être une clé de l’événementialisation du concours par France 2. L’événementialisation, un terme déjà entendu pour le récent Eurovision Junior. En diffusant les demi-finales et la finale en tout direct et en faisant voter le public à chaque occasion, la deuxième chaîne veut faire de l’Eurovision une fierté en termes de production.

Chimène Badi et Emmanuel Moire à la voix, Madame Monsieur et Alma à la plume

Du côté des candidats, leur présence avait été savamment « teasée » par France 2 via sa page Facebook dédiée à l’Eurovision, quelques heures avant leur révélation en conférence de presse. Leur révélation fut un melting-pot de zouk, de musique urbaine, de ballade piano-voix et d’électro. Sans en dire trop, quelques noms ont tout de même clignoté. À commencer par Chimène Badi et Emmanuel Moire. « Là-haut » et « La Promesse » porteront les chances de ces deux interprètes reconnus de la scène française, la première tournant toujours avec « Méditerranéennes » qu’elle forme avec Julie Zenatti. De son côté, l’ex-Roi Soleil interprètera une ballade très personnelle. Dans les lignes du dessous, Alma apparaît sous sa plus discrète identité Alexandra Maquet, pour Naestro et « Le Brasier ». Il y a même Madame Monsieur, nos représentants à Lisbonne, qui épaulent le fantasque Bilal Hassani et son titre « Roi ».

« Une chanson gagnante me met les poils au garde-à-vous« 

Il y a les jurés-votants, les candidats, mais aussi trois experts musicaux. Dépouillés de leur statut de votant, toujours sous la houlette de Garou, ils apporteront tout de même un point de vue artistique certain, à commencer par Christophe Willem. Présent l’année dernière à la même place et commentateur régulier du concours, il jouera aux côtés de Vitaa et d’André Manoukian. Celui-ci ajoutera prosaïquement, quand on lui demanda quelle est pour lui la chanson gagnante, qu’elle lui met « les poils au garde-à-vous » et qu’elle « lui fait transpirer de la moustache« . Des émotions à l’état pur, qui peuvent selon lui venir des chants régionaux. Ça tombe bien, une autre candidate, Battista Acquaviva et « Passio », sera représentée en corse…