Après le prêt-à-porter, place au club plus restreint de la haute couture. Des centaines d’heures de travail, des dizaines de mètres des tissus les plus précieux, une précision extrême pour rendre unique pour chaque pièce. Voilà ce qu’est la haute couture.

Dior

Une collection qui évoque le passé du fondateur de la maison et sa vie de galeriste d’art pendant l’entre-deux-guerres. Une période pendant laquelle il a côtoyé de grands artistes tel que Dali, les frères Berman ou Jean Cocteau. D’ailleurs, la phrase ‘’Il ne s’agit pas de comprendre, mais de croire”, de Jean Cocteau était faussement tatoué sur les clavicules d’un modèle.
Mais c’est surtout l’influence des Surréalistes dans la vie du couturier que Maria Grazia Chiuri a souhaité retranscrire.
Domination du blanc et du noir pour symboliser le subconscient et l’inconscient, le trompe l’œil et la réalité, des thèmes chers au Surréaliste. Beaucoup de ‘’grillage’’ faisant écho aux cages qui les obsédaient. Tous comme les dominos ou les dames, les Surréalistes étant très inspirés par les jeux.
Du plafond pendait des oreilles, des nez, bouches… Faisant écho, eux aussi, aux lubies des Surréalistes.

Chanel

Une collection douce et brutale à la fois. Volontairement ambiguë, car  »Kaiser Karl » ne veut pas que : « les gens voient la même chose une nouvelle fois. ».
Et de quoi cette douceur est-elle inspirée ? Macron. « A French spirit, in keeping with the country’s optimism after Macron’s election.».
Les coupes sont tout autant juvéniles. Les modèles posent mains dans les poches des manteaux, jupes, petite hauts, vestes.
Les robes en paillettes, plumes et transparence évoquent celles des princesses de conte de fées.
Un défilé joie de vivre,  »jeune » et en douceur. Les bleu cobalt et rose fushia apportent la ‘’petite dose de poison’’ voulu par Lagerfeld.

Maison Margiela Artisanal

L’intention de John Galliano était de se servir de la technologie pour révéler les  »couches à l’intérieur des couches ». Ce qui se cache et ne se voit pas dans un vêtement.
Les spectateurs devaient se servir des flashs de leur téléphone pour mettre en lumière les vêtements. Les pièces prenaient alors des couleurs d’arc-en-ciel métallique.
L’idée est venue à Galliano car : « When I returned to designing, I was taken aback by how everyone was seeing shows through their phones ». On le sait, aujourd’hui tout le monde utilise son téléphone. Partout. Tout le temps.
Totale déconstruction dans la temporalité aussi : collage, assemblage des vêtements de jours et de nuits. Évocation de la vitesse à laquelle on vit, du manque de temps constant… Qui fait que l’on a à peine le temps de s’habiller correctement.
Petite révolution ici avec des matières qui se révèlent sous le flash des appareils photo, offrant un rendu différent d’une personne à l’autre. Haut potentiel Instagramable

Valentino

« L’une des expériences de défilé les plus magiques de l’histoire récente ». Voilà en quel terme les chanceux ayant pu assister au défilé en parlent…
Pierrpaolo Piccoli a réussi à allier la grandeur et le faste de la haute couture à la modernité. Ainsi, les chapeaux de plumes immenses et les manteaux en soie sont associés à de simples débardeurs et pantalons chinos. Du grandiose mixé au simple.
Mais haute couture oblige, certaines pièces n’étaient ‘’que’’ grandiose. Car les défilés haute couture permettent aux créateurs de laisser libre cours à leur imagination, sans soucis de ‘’portabilité’’ du vêtement. De montrer l’étendue de leur talent en proposant des vêtements hautement techniques et de mettre à l’honneur les ‘’petites mains’’ qui donnent vie aux dessins. Certaines des pièces présentées ont nécessité des dizaines de mètres de tissu et des centaines d’heures de travail.
De quoi relancer le débat : la haute couture n’est-elle pas un art ?

Jean-Paul Gaultier

La collection est un hommage au mentor de Jean-Paul Gaultier : Pierre Cardin. On retrouve donc les coupes futuristes et modernes telles qu’on les concevait dans les années 60.
Jean-Paul Gaultier étant ce qu’il est, le show était empreint d’une grande énergie et d’une véritable joie de vivre, malgré l’hommage qui aurait pu laisser craindre une atmosphère un peu pesante.
Ainsi couleurs vives, coiffures extravagantes et basiques de son vestiaire revisités ont offert un bon mix entre nostalgie et futurisme.

Elie Saab

Elie Saab, créateur Libanais, s’inspire généralement beaucoup de la culture de son pays pour ses collections. Et bien pas pour celle-là. L’inspiration de ce défilé haute couture était : Paris. Le Paris des années folles, celui des années 20 et du mythe de la ville lumière.
Voilà pourquoi, plus encore que d’habitude, les robes sont brodées de strass, paillettes, sequins. Des plumes viennent finir manches et encolures. Des nœuds de satin ornent les colles des robes.
Grace au sens inné de l’élégance et de la modernité du créateur, les robes ne tombent pas dans le too much que de telles associations pourraient faire craindre. C’est là tout le génie d’Elie Saab.

Givenchy

Duel entre ombre et lumière sous couvert d’un hommage aux précédents directeurs artistiques de la maison :
Givenchy dans la structure et les références à Audrey Hepburn (les franges des modèles notamment). Ricardo Tisci pour le côté un peu dark, gothique. Mais la majeure partie du défilé mettait en scène des créations que Clare Waigt Keller s’est réappropriée, notamment en se servant du latex.
La créatrice souhaitait cette collection facilement lisible, comme un livre ouvert. Voilà pourquoi le défilé avait lieu aux Archives Nationales.
 

Armani Privé

Nuages. Nuages en journée. Nuages quand le ciel est sombre. Nuages quand le ciel est étoilé. Le fil conducteur de cette collection était donc le ciel et les nuages. Du nacre, du bleu pâle, du bleu plus foncé couplé aux effets de peintures évoquant des gouttes qui tombent, transportent le spectateur dans les cieux.
Pour faire ressentir la légèreté à laquelle les mots nuages + ciels font penser, Giorgio Armani a eu recours à des matières spécifiques, comme la soie et l’organza.
Le ‘’soft tailoring’’, spécialité de la maison, servait particulièrement l’effet recherché.

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